Roumanie : Le Premier ministre pro-européen renversé après moins d’un an.
Ilie Bolojan, Premier ministre roumain, a été renversé mardi moins d’un an après son arrivée au pouvoir, avec 281 voix pour sa motion de censure, alors que 233 étaient nécessaires. Le pays, dont le déficit a atteint 7,9 % du PIB au quatrième trimestre 2025, fait l’objet d’une procédure européenne de déficit excessif depuis 2020.
Ilie Bolojan, Premier ministre pro-européen de Roumanie, a été renversé mardi par une motion de censure, moins d’un an après son arrivée au pouvoir. Cette motion a été rendue possible grâce à une alliance entre les sociaux-démocrates du PSD et l’extrême droite, qui reprochent au Premier ministre de faire plonger le pays dans la pauvreté avec sa politique d’austérité.
Le choix de cette décision est clair : la motion de censure a obtenu 281 voix, alors que 233 votes étaient nécessaires. À l’annonce des résultats, les forces démocratiques ont accusé le PSD de jouer avec le feu en légitimant une extrême droite en plein essor. En s’unissant avec l’Alliance pour l’unité des Roumains (AUR), le PSD a fait de cette formation « un acteur politique majeur », alors qu’elle était jusqu’alors « ostracisée », selon le politologue Costin Ciobanu, interrogé par l’AFP.
Avec 37 % d’opinions favorables dans les sondages, l’AUR devance déjà le PSD dans les intentions de vote. Ce dernier, qui est actuellement la principale formation au sein du parlement, compte 130 élus depuis les élections de décembre 2024. Le patron de l’AUR, George Simion, a réagi sur X en déclarant que c’était « la fin de dix mois durant lesquels les soi-disant pro-européens n’ont livré rien d’autre que : impôts, guerre et pauvreté ».
Il est à noter que le pays a vu son déficit atteindre 7,9 % du PIB au quatrième trimestre 2025 et fait l’objet d’une procédure européenne pour déficit excessif depuis 2020, risquant ainsi de perdre des fonds européens. Le PSD, qui faisait partie de la coalition gouvernementale, a quitté cette dernière il y a quinze jours en protestation contre les mesures d’austérité adoptées par Ilie Bolojan pour réduire le déficit budgétaire, le plus élevé de l’Union européenne. Après le vote, le chef du PSD, Sorin Grindeanu, a déclaré qu’il était « approprié qu’Ilie Bolojan démissionne maintenant de son poste » pour permettre la formation « d’un nouveau gouvernement rapidement ».
Avant le vote, Ilie Bolojan, 57 ans, a défendu sa politique de réformes et a qualifié la motion de censure de « mensongère » et « cynique ». Il a justifié sa position en affirmant : « J’ai choisi de faire ce qui était urgent et nécessaire pour notre pays ». Bien qu’il puisse rester en fonction jusqu’à la prestation de serment d’un nouveau gouvernement, ses pouvoirs seront limités.
Il avait accédé au pouvoir en juin 2025, soutenu par quatre partis pro-européens, dont le PSD, mettant fin à une période politique chaotique qui a commencé avec l’annulation de la présidentielle de novembre 2024. Cette élection avait été dominée par un candidat d’extrême droite inconnu, soulevant des accusations d’ingérence russe dans la campagne électorale du pays, qui est en première ligne de l’Otan depuis le début de la guerre en Ukraine.
Mardi, le président Nicusor Dan a affirmé que la Roumanie, avec ses 19 millions d’habitants, maintiendrait son orientation pro-occidentale, écartant la possibilité d’un gouvernement d’extrême droite ou d’élections anticipées. Il a également confirmé que des négociations étaient en cours pour former un nouveau gouvernement, appelant au calme et soulignant qu’il y avait un « consensus parmi les partis pro-occidentaux sur les grandes orientations de la Roumanie ».

