Le plastique toujours « omniprésent » dans les grandes surfaces : bouteilles, fruits et légumes.
Les associations Que Choisir Ensemble et No plastic in My Sea dénoncent, dans un rapport publié hier, l’omniprésence du plastique dans les rayons des supermarchés. Selon le rapport, les eaux et boissons en bouteille comptent pour « près de 40 % des plastiques à usage unique » et les ventes d’eaux embouteillées ont augmenté de 3,3 % en 2025.
Bouteilles d’eau omniprésentes, légumes conventionnels ou bio emballés, recul du vrac… Dans un rapport publié hier, les associations Que Choisir Ensemble (ex-UFC Que Choisir) et No plastic in My Sea dénoncent la prévalence du plastique dans les rayons des supermarchés.
Les deux associations critiquent notamment les efforts « insuffisants » du secteur et « l’écart persistant entre les engagements affichés et la réalité en rayon ».
### Les eaux et boissons en bouteille mises en avant
Tout au long du mois de février, Que Choisir Ensemble et No plastic in My Sea ont examiné les rayons de 1.659 magasins appartenant à onze enseignes de grandes et moyennes surfaces, ainsi qu’à des magasins bio, tels que E.Leclerc, Carrefour, Intermarché, Coopérative U, Auchan, Lidl, Aldi, Monoprix et les spécialistes du bio Biocoop, La vie Claire et Naturalia, dans 69 départements. Elles ont également soumis un questionnaire, auquel la majorité des enseignes a répondu, « souvent » partiellement.
Le résultat est sans surprise : les eaux et boissons en bouteille, les produits les plus populaires des grandes surfaces, s’avèrent être les plus mauvais élèves, représentant « près de 40 % des plastiques à usage unique ». En dépit de cela, les ventes d’eaux embouteillées ont augmenté de 3,3 % en 2025, selon des données de Circana citées dans le rapport. Cela se produit alors que la loi Agec prévoit une réduction de 50 % des bouteilles plastiques d’ici 2030.
Cependant, les associations notent une distinction entre les magasins bio, considérés comme « en avance », et les enseignes de hard discount, où la « transition » reste « à commencer ». Biocoop est d’ailleurs la seule enseigne à avoir cessé de commercialiser des eaux en bouteille plastique.
### La vente en vrac en fort déclin
D’une manière surprenante, 60 % des fruits et légumes non bio comme les pommes de terre, les oranges, les pommes, les carottes et les tomates, sont vendus emballés dans les magasins traditionnels. Ce chiffre atteint 91 % pour les produits bio, dont la moitié est sous plastique. De plus, les ONG dénoncent une « tendance émergente néfaste » qui consiste à vendre des fruits et légumes frais prédécoupés.
À l’inverse, dans les magasins bio, 90 % des fruits et légumes sont vendus en vrac, bien que ce mode de vente connaisse un « net recul ». Un décret publié à la fin de 2025 impose aux commerces de détail de plus de 400 mètres carrés de consacrer au moins 20 % de leur surface de vente au vrac d’ici 2030, ce qui pourrait atténuer cette tendance.
### S’engager de manière significative dans le réemploi d’ici 2027
Au-delà d’un simple constat, les deux associations proposent également plusieurs recommandations aux distributeurs dans leur rapport : prioriser les actions de réduction et de réemploi pour les rayons générant les volumes de plastique les plus importants, réduire au maximum l’emballage des fruits et légumes, abandonner les plastiques inutiles comme la « fraîche découpe », s’engager massivement dans le réemploi d’ici 2027, et mettre en œuvre un plan de développement de la vente en vrac.
« Ce qui compte ce n’est pas la photographie à l’instant T, mais la tendance à la baisse » du plastique et les « efforts déployés » par le secteur pour répondre aux attentes en 2030 et au-delà, plaide Philippe Joguet, directeur de développement durable à la Fédération du commerce et de la distribution (FCD), auprès de l’AFP.
Pour sa part, la Coopérative U promet de poursuivre « ses efforts ». Le directeur RSE du groupe Carrefour, Bertrand Swiderski, mentionne que 350 magasins de l’enseigne sont équipés « d’une machine pour récupérer les bouteilles en plastique », permettant aux clients de bénéficier de « 1 à 2 centimes », tandis que « 450 magasins proposent un système de consigne » pour les contenants en verre.

