Belgique

« Procès Falzone : des enquêteurs témoignent ce mardi d’une rivière de sang »

La cour d’assises a visionné une vidéo réalisée par Paolo Falzone au moment de l’impact et a entendu que le test d’haleine a révélé un taux de 0,29 mg/litre alvéolaire expiré pour Paolo Falzone. Les enquêteurs ont également constaté que plusieurs victimes avaient été identifiées grâce à leur carte d’identité, tandis que des traces de sang étaient visibles sur des draps blancs dispersés sur la scène de crime.


La cour d’assises a rapidement été immergée dans l’atmosphère du drame survenu à Strépy-Bracquegnies. Les enquêteurs, qui témoignent ce matin, ont commencé par retracer les événements de manière chronologique. Ils ont évoqué la soirée de Paolo Falzone et la jeune fille qu’il espérait séduire.

Pour illustrer le type de vidéos réalisées par Paolo Falzone, les enquêteurs ont diffusé un extrait de celles trouvées sur son téléphone. Le son du rap retentit dans la salle, provoquant un vif sursaut parmi l’assemblée. L’intensité de la musique donne une idée de l’ambiance qui régnait dans la voiture quelques secondes avant l’accident.

« À 5h07, quand on reçoit le premier appel, on est en fin de service et fatigués. Les appels affluent », raconte l’enquêteur. Il précise que la description de l’accident indique « accident grave personnes décédées » et qu’on leur parle de plus de 20 personnes blessées. « Je réalise qu’on est face à un événement relativement sérieux. Je descends immédiatement sur place pour évaluer la situation. Nous étions huit, et avec moi, cela fait neuf. Toutes les équipes se sont dirigées vers le lieu de l’accident. On avait tous compris qu’on n’était pas sur quelque chose d’anodin ».

Les enquêteurs ont annoncé que la vidéo réalisée par Paolo Falzone au moment de l’impact sera diffusée ce mardi, créant une atmosphère pesante dans la cour d’assises. Le service d’aide aux victimes est plus vigilant que jamais.

Une enquêtrice de la zone de police de La Louvière narre le moment de l’arrestation de Paolo, qui était au téléphone avec sa mère, lui disant : « Maman, j’ai fait une connerie. » Les policiers rapportent qu’il leur a expliqué qu’il « n’a pas vu les gilles et a pris la fuite par peur ».

Un autre inspecteur raconte comment s’est déroulée leur intervention. Il explique que le conducteur était au téléphone et ne répondait pas à ses instructions de raccrocher. Après avoir élevé la voix, Paolo Falzone a finalement raccroché. « C’est alors qu’il a vu mon holster et m’a dit : je ne pourrai jamais vivre avec ça. Abats-moi ! Ce sont des paroles que je ne l’oublierai jamais ».

Un policier relate le choc qu’il a ressenti en découvrant les personnes coincées dans le véhicule. Il confie avoir tiré sur un corps pour essayer de le dégager, décrivant une scène horrifique. Il marque une pause, semblant éprouvé, avant de dire : « On n’a pas retrouvé un des pieds de Monsieur Imperiale ». Un silence lourd tombe dans la salle, illustrant l’horreur des événements.

Concernant les deux accusés qui ont été découverts endormis dans le combi de police, quelques minutes après les faits, le policier assure : « Ils n’étaient pas recroquevillés, ils n’étaient pas en train de pleurer, non. Ils dormaient. »

Les enquêteurs mentionnent également qu’ils ont dû évacuer le père de Paolo Falzone, qui désirait absolument entrer dans la zone d’exclusion. « Le papa était surtout préoccupé par l’état du véhicule. À aucun moment il n’a demandé ‘où est mon fils?' ».

Un autre enquêteur prend la parole pour se présenter, s’excusant auprès des parties civiles pour le récit qu’il s’apprête à faire. La présidente de la cour souligne que son témoignage pourrait être éprouvant. Il décrit la scène qu’il a trouvée, affirmant qu’il se souviendra de ces images jusqu’à la fin de ses jours, évoquant le corps de Frédéric D’Andrea et six autres corps au sol, tandis que des inspecteurs tentaient de réanimer les blessés.

Des soupirs lourds soulignent son récit, témoignant de l’émotion palpable. « J’ai dû… enjamber une rivière de sang pour rejoindre mon véhicule. » Plusieurs policiers ont visiblement souffert en arrivant sur les lieux.

À 11h20, la présidente suspende l’audience, conseillant aux parties civiles que les prochaines images seront particulièrement difficiles à voir.

« Encore une fois, je rappelle que les images à venir peuvent choquer », prévient un enquêteur juste après la pause. Les premières images apparaissent, montrant une voiture noire avec un pare-brise brisé, et le corps d’un homme sur le capot, tandis qu’un autre corps, celui de Fifa Ricotta, gît à l’intérieur du véhicule. Ce dernier a réussi à survivre.

L’atmosphère devient lourde dans la salle de la cour d’assises, mais chacun sait que le pire est encore à venir. Un enquêteur signale que le test d’alcoolémie a révélé que Paolo Falzone était « faiblement alcoolisé » avec un taux de 0,29 mg/litre, tandis qu’Antonino Falzone affichait 0,41, bien qu’il ne conduisait pas.

Les photos de Paolo Falzone montrent des blessures au nez et au front, probablement dues à un choc contre le pare-brise.

Une enquêtrice explique que la police a utilisé un drone pour survoler la zone après l’évacuation des personnes, capturant des images aériennes montrant des draps blancs avec des traces de sang. La scène est si choquante qu’il est difficile de penser à dresser un bilan. Sur plusieurs dizaines de mètres dans la rue des Canadiens, devenue une scène de crime, des draps blancs jonchent le sol.

La cour doit ensuite visionner les victimes, un avertissement est donné avant de voir la photo d’une sœur Imperiale, identifiée grâce à sa carte d’identité. On retrouve également des chaussures éjectées dans un jardin voisin. Les images des victimes succèdent, créant un silence lourd dans la salle, où deux femmes parmi les parties civiles quittent la salle en larmes.