Tunisie

Trois morts sur un navire : le hantavirus expliqué.

L’Organisation mondiale de la santé (OMS) a confirmé l’ouverture d’une enquête après la suspicion d’un foyer de hantavirus à bord d’un navire de croisière naviguant dans l’océan Atlantique. Trois personnes sont décédées, tandis qu’un ressortissant britannique de 69 ans est hospitalisé en soins intensifs à Johannesburg dans un état critique mais stable.


L’Organisation mondiale de la santé (OMS) a annoncé l’ouverture d’une enquête en lien avec une suspicion de foyer de hantavirus à bord d’un navire de croisière dans l’océan Atlantique. Trois décès ont été signalés, et un ressortissant britannique âgé de 69 ans est actuellement en soins intensifs à Johannesburg, dans un état critique mais stable.

La société néerlandaise Oceanwide Expeditions, qui gère le navire MV Hondius, a indiqué que les victimes seraient un couple néerlandais et un ressortissant allemand. Les causes exactes des décès n’ont pas encore été déterminées.

L’OMS a confirmé qu’un seul cas d’infection par hantavirus a été identifié jusqu’à présent, celui du patient britannique. Cinq autres cas suspects sont en cours d’analyse avec des tests de laboratoire supplémentaires.

Le navire, qui a quitté Ushuaïa en Argentine il y a environ trois semaines, se dirigeait vers l’Afrique de l’Ouest. Il est actuellement au large de Praia, au Cap-Vert, avec 149 personnes à son bord. Les autorités locales et la compagnie exploitante négocient face à ce qu’ils décrivent comme une « situation médicale sérieuse ».

### Une transmission liée aux rongeurs

Le hantavirus regroupe plusieurs souches virales principalement transmises par les rongeurs. La contamination des humains se produit le plus souvent par inhalation de particules contaminées provenant d’urine, de salive ou de déjections séchées.

Les Centers for Disease Control and Prevention (CDC) des États-Unis soulignent que la transmission entre humains reste extrêmement rare. Le risque est surtout présent dans les environnements où les rongeurs sont présents ou lors du nettoyage de zones contaminées sans protection adéquate.

Le virus peut causer deux principales catégories de maladies. La première est le syndrome pulmonaire à hantavirus, une infection rare mais sévère, qui commence par des symptômes non spécifiques : fièvre, fatigue intense, douleurs musculaires, maux de tête et troubles digestifs. La maladie peut rapidement évoluer pour toucher les poumons et entraîner une détresse respiratoire, avec un taux de mortalité pouvant atteindre environ 38 % dans les cas les plus graves.

La seconde maladie est la fièvre hémorragique avec syndrome rénal, plus fréquente en Europe et en Asie. Elle peut entraîner des atteintes rénales sévères, une chute de la pression artérielle, des hémorragies internes et, dans certains cas, une insuffisance rénale aiguë.

### Un risque global jugé faible par l’OMS

Le Dr Hans Henri Kluge, directeur régional de l’OMS pour l’Europe, a indiqué que la situation est suivi de près avec les équipes sanitaires internationales.

“Les infections à hantavirus restent rares et sont généralement liées à une exposition directe à des rongeurs infectés”, a-t-il précisé, en ajoutant que le virus ne se transmet pas facilement entre humains.

L’OMS souligne que le risque pour la population générale est faible et qu’aucune restriction de voyage n’est nécessaire à ce stade.

Selon des estimations des National Institutes of Health (NIH), environ 150 000 cas de fièvre hémorragique à hantavirus sont déclarés chaque année dans le monde, principalement en Chine, mais aussi en Europe et dans certaines zones d’Asie.

Aux États-Unis, 890 cas ont été rapportés entre 1993 et 2023, depuis l’instauration de la surveillance épidémiologique.

Parmi les souches connues, le virus de Séoul, transmis par les rats bruns (rats de Norvège), est présent à l’échelle mondiale.

### Pas de traitement spécifique, mais des soins de soutien

Il n’existe pas de traitement antiviral spécifique pour le hantavirus. La prise en charge repose sur des soins symptomatiques, tels que l’assistance respiratoire, l’oxygénothérapie, la ventilation mécanique ou la dialyse en cas d’atteinte rénale sévère.

Les autorités sanitaires encouragent une prise en charge rapide en milieu hospitalier, en particulier en soins intensifs pour les cas graves.

Les CDC recommandent de minimiser les contacts avec les rongeurs dans les habitations et les lieux de travail, notamment en scellant les accès potentiels dans les sous-sols et greniers.

Lors du nettoyage de zones contaminées, il est fortement conseillé de porter des équipements de protection afin d’éviter l’inhalation de particules infectieuses.