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OL – Rennes : Lyon ne doit pas sous-estimer un retour en C1.

L’Olympique Lyonnais a remporté son match contre le Stade Rennais 4-2, grâce notamment à une passe décisive et un penalty réussi par Corentin Tolisso. Après cette victoire, l’OL se situe à la troisième place de Ligue 1, avec 2 points d’avance sur Lille et 4 points sur Rennes.

Au Parc OL,

Subir un KO de votre capitaine après à peine vingt secondes de jeu, suivi d’un « possible but de l’année » (selon Paulo Fonseca) marqué contre vous dès la 6e minute, est un début de match difficile à imaginer. Cela est d’autant plus critique pour l’Olympique Lyonnais, dont le retour en Ligue des champions, après sept ans d’absence, dépendait en grande partie de cette rencontre face au Stade Rennais (4-2). Alors que l’équipe était fragile seulement un mois auparavant, avec une série de neuf matchs sans victoire, elle a su affronter cette tempête avec un mélange habile de calme et de folie.

La volée « vanbastenienne » de Mousa Al-Tamari (0-1, 6e) a temporairement éteint l’enthousiasme des 51.460 spectateurs présents au Parc OL, mais le stade a su se ressaisir comme Corentin Tolisso, qui a frôlé un protocole commotion à ce moment-là. Le numéro 8 lyonnais a réagi de manière éclatante en réalisant une passe décisive pour l’égalisation de Roman Yaremchuk (1-1, 37e), en inscrivant un penalty sans trembler (2-1, 42e), puis en réalisant une nouvelle passe décisive pour Endrick (4-2, 75e)…

Bousculé par Mousa Al-Tamari, alors que Brice Samba cherchait à intervenir proprement, le supersonique Afonso Moreira a provoqué le penalty du 2-1 en faveur de l'OL, qui sera transformé par Corentin Tolisso (42e).
Bousculé par Mousa Al-Tamari, alors que Brice Samba cherchait à intervenir proprement, le supersonique Afonso Moreira a provoqué le penalty du 2-1 en faveur de l’OL, qui sera transformé par Corentin Tolisso (42e).  - O. Chassignole/AFP

Un OL « secoué » par la fusée d’Al-Tamari

Paulo Fonseca a décrété avoir ressenti « un stress incroyable pendant ce match », mais il a particulièrement apprécié les « réactions très fortes » de son équipe après avoir été mené puis après le 2-2 d’Esteban Lepaul à la reprise (49e).

Trois minutes plus tard, Afonso Moreira, véritable pile électrique, a marqué le but décisif après un fantastique effort d’Abner Vinicius (3-2, 53e). Cela a permis à l’OL de s’emparer de la troisième place de Ligue 1, synonyme de qualification directe en Ligue des champions, avec deux points d’avance sur Lille (4e) et quatre sur Rennes (5e).

« Leur incroyable premier but nous a directement secoués, admet Clinton Mata. Mais nous n’avons pas paniqué, nous sommes restés très calmes, la tête froide. Nous avons simplement proposé notre football et su inverser la tendance. » L’entraîneur portugais de l’OL a salué : « Ça a été un magnifique match de notre équipe, peut-être notre meilleur de la saison. »

Des airs de finish de saison 2023-2024 avec Pierre Sage

Personne dans le camp adverse n’a contesté la domination lyonnaise durant la rencontre. « Il faut reconnaître que Lyon a été meilleur que nous ce soir. Il faut simplement admettre les faits quand ils sont là », a commenté sobrement Franck Haise. Le nouvel entraîneur breton a été complété par son latéral gauche Quentin Merlin : « Ils ont été supérieurs à nous dans tous les domaines. »

Le meilleur buteur de Ligue 1, Esteban Lepaul, formé à l’OL, a aussi souligné : « Cette équipe lyonnaise peut se transcender lors de soirées comme celle-ci, avec une ambiance fabuleuse dans ce stade. » Il régnait effectivement un véritable sentiment de communion entre les joueurs et les supporters, rappelant la fin de la saison miraculée 2023-2024 avec Pierre Sage, qui avait vu un passage de la 18e à la 6e place. L’aspect miraculeux est d’ailleurs présent, compte tenu d’un été 2025 mouvementé marqué par la fin de l’ère John Textor, avec le risque administratif de se retrouver en Ligue 2, voire pire.

« C’était difficile d’imaginer à la reprise de cette saison que nous pourrions nous retrouver à la troisième place à ce moment-là, c’est incroyable », a reconnu Paulo Fonseca. Clinton Mata a aussi savouré la trajectoire impressionnante de la saison lyonnaise, tout d’abord avec poésie : « Nous avons traversé toutes les couleurs cette saison, avec des moments très beaux, puis de la pluie, et maintenant nous commençons à retrouver du beau temps. »

« On n’a jamais douté de nous »

Le discours s’est ensuite fait plus précis concernant ces montagnes russes, avec un passage de 12 victoires consécutives à 9 matchs d’affilée sans victoire, ainsi que les 12 points/12 en cours en Ligue 1 pour conclure la saison.

« Nous avons traversé des moments difficiles, et cela nous a forcément affectés. Mais nous savions où nous allions. Vous [les médias] étiez là à nous enterrer, mais nous n’avons jamais douté de nous. Nous avons maintenu notre ligne de conduite, sachant que le championnat n’était pas terminé et nous avons continué à travailler dans notre coin. La Ligue 1 est très difficile, et nous savions que d’autres équipes allaient perdre des points et passer par des périodes difficiles, tout comme nous avant elles. Nous avons pu renverser la tendance.  »

À tel point que l’OL est désormais le grand favori pour accompagner le PSG et Lens en Ligue des champions la saison prochaine. Mais il ne faut pas le dire à Clinton Mata et à ses coéquipiers que la qualification semble presque acquise, surtout avant un déplacement à Toulouse dimanche prochain, suivi de la réception de Lens le 17 mai. « Nous allons nous calmer ! Si je parle maintenant et que quelque chose se passe mal lors du prochain match, vous serez sur nous », sourit Clinton Mata. « Mais c’est un fait : nous commençons à nous rapprocher petit à petit de la Ligue des champions. Tout peut arriver dans le football, il faut rester humbles. Il nous reste encore deux finales à jouer à fond et nous allons tout faire pour obtenir cette qualification. »

Notre dossier sur l’OL

Clinton Mata a souligné une donnée majeure après le match marquant le grand retour d’Ernest Nuamah, entré en jeu à la 85e minute, treize mois après sa rupture des ligaments croisés du genou : « C’est la première fois de la saison que nous avons tout le monde, et c’est pour le sprint final » (à l’exception d’Orel Mangala, qui devrait être opérationnel pour le match à Toulouse). Voici donc un alignement des planètes parfait pour retrouver finalement le prestige et les bénéfices de la Ligue des champions.