France

À Paris, le 1er-Mai unit anticapitalistes, antifascistes et féministes.

Le 1er mai, « jour de mobilisation internationale », a été décrété chômé et payé dans 167 pays. Selon la CGT, environ 100.000 manifestants se sont rassemblés à Paris pour l’annuelle manifestation qui a débuté un peu après 14 heures direction place de la Nation.

Lors de la manifestation à Paris,

Un orage était prévu à Paris ce vendredi 1er mai. Le soleil a pourtant brillé, apportant un ciel serein, reflet de l’engagement de la gauche en faveur des travailleurs… Jusqu’à quand ce calme va-t-il perdurer ?

Entre tradition et modernité, la manifestation annuelle emblématique rassemble toutes les générations et les différentes tendances de gauche sur la place de la République. Dès la fin de la matinée, les chars prennent position, les stands de grillades offrent des sandwiches à emporter et les militants commencent à distribuer des tracts.

Un grand rassemblement uni et diversifié

Au son de slogans revisités sur un air de Céline Dion ( « J’irai chercher l’argent, dans les caisses des puissants, c’est pour ça qu’on est là, on ne lâchera pas… »), ou d’historiques « Le 1er mai, c’est pas fait pour travailler, c’est fait pour chômer », les différents chars – et environ 100.000 manifestants selon la CGT – prennent la route peu après 14 heures en direction de la place de la Nation.

Tee-shirts à l’effigie du Che, affiches antimilliardaires, tracts antibelligérants, banderoles féministes, badges antifascistes, drapeaux palestiniens… Syndicats, partis politiques, associations, militants, partisans, manifestants… Postiers, cheminots, banquiers, avocats, professeurs, chercheurs, retraités… C’est le grand rassemblement des multiples visages des gauches françaises, mais aussi internationales.

« Défendre » des valeurs

En effet, le 1er mai a été déclaré chômé et payé dans 167 pays. D’ailleurs, Arnaud, 55 ans, est venu de Belgique avec sa femme et son fils pour célébrer ce « jour de mobilisation internationale ». À un moment où certains – regardez vers ma droite – proposent d’assouplir les règles du travail en ce jour, « il faut le défendre », scande Corentin, 22 ans, apprenti en communication. Julie, 46 ans, chercheuse en sociologie politique et syndiquée, tient également à être présente pour « cette date importante et historique ». Un « combat pacifiste qui doit se porter à l’international », dit le fils d’Arnaud, Jonathan, âgé de 12 ans.

Des jeunes manifestants croisés boulevard Voltaire dans le rassemblement du 1er-Mai à Paris ce vendredi.
Des jeunes manifestants observés boulevard Voltaire lors du rassemblement du 1er mai à Paris ce vendredi. - 20Minutes

Pour l’étudiant en communication aussi, « c’est important de soutenir ». Soutenir des valeurs universellement défendues par la gauche, ces gauches, qui éprouvent souvent des difficultés à collaborer. « On sent qu’il y a une fébrilité en France au niveau politique », note également Arnaud depuis la Belgique, qui se dit « inquiet » pour les Français.

« Dernière station » avant la ligne droite

À l’approche d’une présidentielle ouverte à toutes les options, le rassemblement doit s’imposer, estiment les manifestants et les responsables politiques. « Il y a une convergence des luttes de nos électeurs, dommage qu’on ne soit pas capables de s’organiser pour gagner et former un gouvernement », regrette Marine Tondelier, cheffe des Écologistes, qui appelle notamment les socialistes à rejoindre la primaire de la gauche.

Ce 1er mai, « c’est la dernière station avant 2027, alors pour éviter la pire des catastrophes – une victoire de l’extrême droite – il faut que la gauche et les écologistes se rassemblent comme ils ont su le faire en 2024 [avec le NFP pour les législatives] », soutient Alexis Corbière, ancienne figure de LFI. Pour lui, le 1er mai ce n’est pas « seulement la défense » d’un jour férié, mais celle « des travailleurs, d’un meilleur partage des richesses, d’une augmentation des salaires », précise-t-il, « c’est une vision de la société ».

En effet, pour Jean, 77 ans, il est impensable de manquer ce défilé « dynamique » qui réunit « ces générations, jeunes et âgées, qui viennent contester ce monde de plus en plus injuste ». Reste à la gauche de trouver la juste note pour le rassemblement, afin d’éviter que l’orage ne gronde à nouveau, comme dans le ciel de Paris en fin d’après-midi.