France

1er-Mai : Le muguet ne doit pas être donné aux animaux

Chaque année, de nombreux animaux sont empoisonnés par le muguet, avec des conséquences parfois graves, selon le docteur Pierre Fabing. Rien que pour l’Ile-de-France, on a eu 2 % des consultations d’urgence qui étaient dues au muguet l’année dernière.


Si votre chat titube le 1er mai ou si votre chien tremble, vérifiez rapidement s’ils n’ont pas touché au muguet que l’on vient de vous offrir. En effet, le muguet, charmant et de saison avec ses clochettes blanches parfumées, peut attirer la curiosité des chats, l’eau du vase des chiens, et même les lapins. Toutefois, cette plante est dangereuse pour eux. Chaque année, de nombreux animaux sont empoisonnés, parfois avec des conséquences graves, avertit le 3115 Urgences vétérinaires.

« L’année dernière, nous avons enregistré des intoxications pendant trois jours, ces incidents se concentrent du 1er au 3 mai. Rien que pour l’île-de-France, 2 % des consultations d’urgence étaient dues au muguet. Certains animaux ont été hospitalisés plusieurs jours », indique le docteur Pierre Fabing, vétérinaire urgentiste au 3115. « Les chats sont particulièrement vulnérables car, naturellement curieux, ils ont tendance à renifler les bouquets de fleurs, à grignoter les feuilles et même à boire l’eau du vase », précise-t-il.

La toxicité du muguet provient de la présence d’une vingtaine d’hétérosides cardiotoxiques. « Toutes les parties de cette plante sont toxiques », souligne Pierre Fabing. Le muguet peut provoquer des troubles digestifs, neurologiques ou cardiaques chez l’animal. « Il cause de nombreux décès chaque année, même avec une prise en charge précoce », ajoute-t-il.

Le poison affecte le muscle cardiaque et la circulation sanguine. Dans les quinze minutes suivant l’ingestion, l’animal peut montrer des signes d’empoisonnement tels que « des vomissements répétés, une salivation excessive indiquant une irritation interne due aux toxines, et parfois des diarrhées, même sanglantes ».

Dans les heures qui suivent, alors que « le poison se propage, des troubles neurologiques peuvent survenir, comme des convulsions, des mouvements désordonnés et des tremblements », explique le vétérinaire. Ensuite, la toxicité cardiaque apparaît : « le rythme cardiaque sera altéré et cela peut être fatal. »

Le vétérinaire insiste sur l’importance de réagir rapidement. « Si l’on a un doute, il faut consulter sans délai, car une fois le problème installé, il n’y a pas d’antidote. Nous ne pouvons que traiter les symptômes et tenter de sauver l’animal. »

En cas de doute, il est crucial de contacter immédiatement le service vétérinaire de garde ou un centre antipoison animalier. « Ne tentez pas de soigner l’animal par vous-même ou de provoquer des vomissements sans l’avis d’un médecin, c’est lui qui administrera un traitement adapté pour le faire vomir », précise Pierre Fabing. Il met en garde, fort de son expérience, contre le recours à « des recettes maison trouvées sur Internet ».