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Attaque à Londres : Détails sur les deux agressions « terroristes »

Deux hommes juifs, âgés de 34 et 76 ans, ont été blessés mercredi à l’arme blanche dans le quartier de Golders Green, à Londres. Le gouvernement britannique a annoncé qu’il allait mobiliser 25 millions de livres (28,8 millions d’euros) supplémentaires pour accroître les patrouilles de police et la sécurité de la communauté juive.


La police a qualifié l’agression de « terroriste ». Mercredi, deux hommes juifs ont été blessés lors d’une attaque à l’arme blanche dans le quartier de Golders Green, au nord de Londres. Cet article fait le point sur la réaction de la communauté juive, les annonces du gouvernement britannique, le profil du suspect, ainsi que les détails de l’incident.

Que s’est-il passé mercredi ?

Un homme a attaqué deux personnes mercredi dans le quartier londonien de Golders Green. Le suspect a été maîtrisé sur place par des membres de Shomrim North West London, avant que des policiers ne l’immobilisent avec un taser et ne procèdent à son arrestation, selon le groupe. Les deux hommes blessés, âgés de 34 et 76 ans, ont été hospitalisés et étaient dans un « état stable » mercredi soir, d’après les informations de la police.

Cette attaque survient après une série d’incendies et de tentatives d’incendie qui, depuis fin mars, ont particulièrement ciblé des synagogues dans plusieurs quartiers du nord-ouest de la capitale. Bien que ces actions n’aient pas causé de blessés, elles ont exacerbé les craintes au sein de la communauté juive, déjà affligée par une attaque ayant tué deux personnes à la synagogue de Manchester en octobre, dans un contexte de hausse des actes antisémites dans le pays ces dernières années.

Qui est le suspect ?

Le suspect est un Britannique de 45 ans, originaire de Somalie. Il a été arrêté sur place pour tentative de meurtre. La police a précisé qu’il avait des « antécédents de violence grave et des problèmes psychologiques ». Un groupe jusqu’alors peu connu, « Harakat Ashab al-Yamin al-Islamiyya » (Hayi), pro-Iran, a revendiqué les incendies et tentatives d’incendie à Londres ces dernières semaines, ainsi que d’autres attaques en Europe. Il a salué l’attaque à l’arme blanche de Golders Green en l’attribuant à ses « loups solitaires ».

Les experts s’interrogent sur ce groupe, le décrivant comme une structure vide, utilisant « des stratégies employées par des milices pro-Iran en Irak », selon un rapport du groupe de réflexion Institute for Strategic Dialogue.

Qu’a annoncé le gouvernement britannique ?

Reconnaissant le « profond sentiment d’angoisse » au sein de la communauté juive, le Premier ministre travailliste Keir Starmer a exprimé son souhait d’une réponse policière et judiciaire « rapide et visible », lors d’une réunion à Downing Street avec des responsables des forces de sécurité et plusieurs ministres. Il était attendu à midi à Golders Green, où le chef de la police Mark Rowley et la députée travailliste locale Sarah Sackman ont été accueillis par des manifestations.

La ministre de l’Intérieur, Shabana Mahmood, a annoncé que le gouvernement allait mobiliser 25 millions de livres (28,8 millions d’euros) supplémentaires pour augmenter les patrouilles de police et la sécurité de la communauté juive. Elle a aussi précisé que le gouvernement préparait une loi pour « pouvoir cibler les organisations agissant pour le compte d’Etats ». Shabana Mahmood a confirmé que le gouvernement envisageait de classer les Gardiens de la révolution iraniens – l’armée idéologique de la République islamique – comme organisation terroriste.

Quelle a été la réaction de la communauté juive ?

Le rabbin de la synagogue de Golders Green, Ben Kurzer, a déclaré sur la BBC : « Nous ne pensons pas que suffisamment d’efforts aient été déployés pour vraiment éradiquer la haine qui a pu se développer dans ce pays ». De son côté, le grand rabbin Ephraim Mirvis a estimé que « les mots de condamnation ne suffisent plus » et a appelé les autorités à « prendre des mesures concrètes », tandis que le ministère israélien des Affaires étrangères a noté que « le gouvernement britannique ne peut plus prétendre que la situation est sous contrôle ».