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Après la conférence de Santa Marta, quel avenir pour le pétrole ?

La ministre colombienne de l’Environnement, Irene Velez Torres, a déclaré que « Quand ils nous regarderont dans le futur, ils se souviendront que nous étions ici, pour résoudre les défis de notre temps ». Cinquante-six pays d’Europe, d’Amérique latine et des Caraïbes et des petites îles du Pacifique ont envoyé des délégués à la conférence de Santa Marta, où les impératifs climatiques et les besoins de développement ont été discutés.


« Quand ils nous regarderont dans le futur, ils se souviendront que nous étions ici, pour résoudre les défis de notre temps », a déclaré la ministre colombienne de l’Environnement, Irene Velez Torres, lors de la conclusion de la conférence.

Cette réunion, choisie par la Colombie et tenue dans un hôtel de la ville portuaire de Santa Marta, a offert une ambiance sereine, contrastant avec les habituelles COP : aucune négociation nocturne, pas de fracas des portes, ni de compromis à trouver avec les grandes puissances émettrices de gaz à effet de serre ainsi que les pays producteurs de pétrole et de gaz qui étaient absents (Chine, États-Unis, Inde, pays du Golfe…).

Un total de cinquante-six pays d’Europe, d’Amérique latine, des Caraïbes et des petites îles du Pacifique étaient représentés par des délégués.

De nombreux participants ont exprimé leur soulagement de se défaire de la pesanteur des conférences annuelles de l’ONU sur le climat, qui bien que rassemblant près de 200 pays, se heurtent à la nécessité d’un consensus, un processus jugé « pris en otage » et devenu « obsolète » par Juan Monterrey, représentant du Panama.

« Santa Marta est historique car c’est la première fois que nous pouvons ouvrir notre cœur, notre cerveau, et avoir de vraies conversations sans des rappels à l’ordre stupides, sans des procédures qui font dérailler toutes les négociations », a-t-il ajouté.

Tous s’accordent à dire que la guerre au Moyen-Orient et le blocage des exportations du Golfe, ayant entraîné une hausse des prix des carburants et des billets d’avion à travers le monde, renforcent leur conviction d’accélérer la transition loin du pétrole, du gaz et du charbon. Cet objectif avait été unanimement adopté à Dubaï en 2023, mais reste depuis dans une impasse politique.

Le secrétaire d’État allemand à l’Environnement, Jochen Flasbarth, présent à Santa Marta, a fait remarquer que le blocus du détroit d’Ormuz « a bouleversé le système des énergies fossiles ». Il a ajouté : « On le sentait très bien ici, il y a un nouveau départ, un signal d’alarme, les choses ne peuvent plus continuer ainsi. »

### Sortir progressivement

Des pays africains dotés de ressources en gaz et en pétrole, présents à Santa Marta, ont affirmé leur intention de continuer à forer pour financer leur développement, illustrant ainsi les tensions entre les impératifs climatiques et les besoins en matière de développement.

« Pas de sortie des énergies fossiles – une réduction progressive. Tel est le message », a résumé Onuoha Magnus Chidi, conseiller auprès du ministre nigérian du développement régional. « Il faut que ce soit équitable. »

Au Nigeria, sixième pays le plus peuplé du monde et l’un des principaux producteurs de pétrole en Afrique, il a insisté sur le fait que le démantèlement de l’économie fossile prendra du temps. « Des gens vont perdre leur emploi… Comment allez-vous les réinsérer dans d’autres secteurs ? », a-t-il questionné, plaidant pour des aides financières accrues.

### Non contraignant mais influent

Les documents adoptés à Santa Marta n’ont pas de caractère contraignant. Ils se composent d’un rapport issu de débats et de contributions écrites, détaillant des solutions et mesures, et un groupe scientifique a été désigné pour conseiller les gouvernements intéressés.

Les pays présents ont également convenu de renouveler cet événement. La deuxième conférence sur la sortie des énergies fossiles se tiendra en 2027 dans l’archipel de Tuvalu dans le Pacifique, organisée en partenariat avec l’Irlande, tout comme cette réunion l’a été avec les Pays-Bas.

D’ici là, l’ensemble des pays assignera ce message structuré aux prochaines négociations onusiennes sur le climat, qui se dérouleront en novembre à Antalya, en Turquie (COP31), où le Brésil, hôte de la COP30, espère formuler l’idée de feuilles de route pour sortir des énergies fossiles.

### À quoi ça sert ce type de conférence ?

Cette réunion marque une nouvelle dynamique dans les discussions internationales concernant le climat et les énergies fossiles. On observe que dans les COP, il y a souvent des blocages en raison de la nécessité d’un consensus pour toute décision. Les pays producteurs d’énergies fossiles s’opposent généralement aux ambitions élevées de lutte contre le réchauffement climatique.

Il a fallu attendre la COP 28 à Dubaï pour aborder la décarbonation de l’énergie et la sortie des énergies fossiles, mais depuis, aucune avancée n’a été faite, et lors de la COP30 à Belem, il n’a pas été fait mention de cette question.

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