Maroc

Hausse des retenues des barrages : une situation alarmante

Le taux de remplissage des barrages du Royaume est de 75,86% à ce jour, contre 40,18% par rapport à la même période un an auparavant. Le ministre de l’Equipement et de l’Eau, Nizar Baraka, a indiqué que 156 grands barrages ont été réalisés pour une capacité totale de 20,8 milliards de m3.


Le taux de remplissage des barrages du Royaume atteint aujourd’hui 75,86%, contre 40,18% à la même période l’année précédente, marquant une augmentation de 35,68 points, a annoncé mardi le ministre de l’Équipement et de l’Eau, Nizar Baraka.

Lors d’une réunion de la Commission des infrastructures, de l’énergie, des mines et de l’environnement à la Chambre des représentants axée sur la situation hydrique, M. Baraka a précisé qu’au 23 avril 2026, les retenues des barrages s’élevaient à environ 13 milliards de m³.

Les opérations de dévasement des barrages ont contribué à améliorer les capacités de stockage, permettant un gain de 5 à 7% des ressources, alors qu’auparavant, les barrages perdaient entre 15 et 20% de leur capacité. En présentant l’état d’avancement et les perspectives des projets d’infrastructures hydrauliques, M. Baraka a indiqué que 156 grands barrages avaient été construits pour une capacité totale de 20,8 milliards de m³, en plus de 150 barrages de tailles petites et moyennes. À cela s’ajoutent 18 ouvrages de transfert d’eau et 17 stations de dessalement d’eau de mer, avec une capacité de production globale atteignant 410 millions de m³. Quatre stations sont en cours de construction, avec une capacité de 447 millions de m³ par an, et 11 projets supplémentaires sont programmés, dont 8 nouvelles stations et 3 projets d’extension.

Par ailleurs, le ministre a annoncé l’achèvement de la phase d’urgence du projet d’interconnexion entre les bassins du Sebou et du Bouregreg, d’un coût de 6 milliards de dirhams (MMDH), ainsi que la finalisation de l’interconnexion entre les barrages Oued El Makhazine et Dar Khrofa. Pour ce qui est des projets d’alimentation en eau potable en milieu rural, leur achèvement est prévu pour 2027, bénéficiant à 767 centres ruraux pour un coût de 5,272 MMDH, et à 22.100 douars pour un montant de 21,987 MMDH. L’objectif ultime est de « garantir l’approvisionnement en eau potable de l’ensemble des communes et douars ».

Concernant le progrès des projets liés au dessalement de l’eau de mer et des eaux saumâtres via des stations mobiles, M. Baraka a précisé que 224 unités mobiles avaient été acquises, avec un débit total de 1.313 litres par seconde, pour un coût de 2,35 MMDH, dont 158 sont actuellement en fonctionnement.

Enfin, en évoquant la stratégie de protection contre les inondations et son déploiement dans le secteur de l’eau, le ministre a annoncé le lancement de la généralisation des systèmes d’alerte précoce aux crues pour la période 2026-2028. Cette initiative vise à établir un système national intégré d’alerte, à renforcer la résilience des territoires et à protéger les populations, les infrastructures et les activités économiques contre les risques.