Tunisie

Électricité solaire : 600 MW de projets pour Tunisien mix énergétique

Le ministre de l’Économie et de la Planification, Samir Abdelhafidh, a indiqué que la part des énergies renouvelables en Tunisie a atteint environ 9 % en 2025, contre 3 à 4 % il y a quatre ans. Il a rappelé que le coût des subventions énergétiques a atteint 7,1 milliards de dinars en 2025, dont 3,89 milliards consacrés à l’électricité.


Le ministre de l’Économie et de la Planification, Samir Abdelhafidh, a déclaré lors d’une séance plénière examinant les projets de lois sur les accords de concession pour la production d’électricité à partir de l’énergie photovoltaïque que ces accords représentent un choix économique et stratégique visant à soutenir la transition énergétique et à renforcer la souveraineté nationale par le biais de la sécurité énergétique.

Il a rejeté toute interprétation politique concernant ce dossier ou tout lien avec des changements gouvernementaux, en faisant référence à la récente décision présidentielle de mettre fin aux fonctions de la ministre de l’Industrie, des Mines et de l’Énergie, Fatma Thabet Chiboub, en soulignant que ce dossier est exclusivement économique et lié au développement.

Concernant les investissements étrangers, le ministre a rappelé que la Tunisie reste ouverte aux capitaux étrangers tout en respectant sa souveraineté et sa législation. Il a mentionné que plus de 4 000 entreprises étrangères opèrent actuellement dans le pays dans divers secteurs, conformément aux règles tunisiennes en matière d’emploi, de change et de fiscalité.

Il a mis en avant le potentiel du secteur des énergies renouvelables, considéré comme un levier majeur d’attractivité pour les investisseurs tunisiens et étrangers. Ce secteur contribue à la production d’électricité, améliore la compétitivité économique et réduit l’empreinte carbone des produits tunisiens, notamment sur les marchés européens.

Selon les chiffres fournis, la part des énergies renouvelables en Tunisie atteindra environ 9 % en 2025, contre 3 à 4 % il y a quatre ans. Malgré cette progression, le ministre a jugé que le rythme reste insuffisant par rapport aux objectifs nationaux, qui nécessitent environ 3 900 mégawatts supplémentaires pour atteindre 35 % d’énergies renouvelables d’ici 2030.

Il a précisé que les cinq projets actuellement soumis, représentant près de 600 mégawatts, constituent une étape importante mais insuffisante à elle seule, appelant à une accélération des investissements dans un contexte de forte concurrence internationale.

Le ministre a également cité des données de l’Agence internationale pour les énergies renouvelables (2025), précisant que la Tunisie, avec une capacité de 1,21 gigawatt, reste en retard par rapport à plusieurs pays de la région, ce qui, selon lui, impose d’accélérer les réformes et de renforcer la confiance des investisseurs.

En réponse aux questions sur la souveraineté nationale, il a assuré que l’ouverture aux investisseurs étrangers dans le secteur énergétique ne remet pas en cause la souveraineté, tant que les projets sont régis par la loi tunisienne. Il a rappelé que le mécanisme des concessions est une pratique internationale qui permet de garantir la rentabilité des investissements à long terme, notamment dans les projets nécessitant de fortes intensités capitalistiques.

Par ailleurs, il a souligné la nécessité de diminuer la charge des subventions énergétiques, notant que leur coût a atteint 7,1 milliards de dinars en 2025, dont 3,89 milliards consacrés à l’électricité.

De son côté, le secrétaire d’État chargé de la transition énergétique, Wael Chouchen, a indiqué que la Tunisie est entrée dans une phase de mise en œuvre concrète de sa transition énergétique. Il a précisé que plusieurs projets déjà réalisés ont permis de réduire les coûts de production de l’électricité au bénéfice de la Société tunisienne de l’électricité et du gaz.

Ces projets devraient permettre une baisse estimée à 300 millions de dinars par an des coûts de production, ainsi qu’une contribution de plus de 7 % au mix électrique national. Ils devraient également faire passer la part des énergies renouvelables de 9 % actuellement à environ 16 % d’ici fin 2027.

Le secrétaire d’État a ajouté que les projets sont prêts à être lancés, avec un démarrage prévu en 2026 et une mise en service avant fin 2027, estimant qu’ils marqueront une transformation structurelle du système électrique tunisien. Il a également évoqué la possibilité, à moyen terme, de faire évoluer la Tunisie d’un pays importateur d’énergie vers un acteur plus autonome, voire exportateur.

Enfin, il a souligné que ces projets sont régis par la loi n°12 de 2015 relative à la production d’électricité à partir des énergies renouvelables et soumis à l’approbation parlementaire, tout en reconnaissant certaines difficultés liées à la disponibilité du foncier, notamment pour les terrains privés.