Les plus belles photos d’animaux du Prix 2026 de Photographie Environnementale, en images.
Le Prix du Photographe Environnemental 2026 a été décerné à Britta Jaschinski pour l’image « Science médico-légale contre trafic d’espèces sauvages », qui est également lauréate de la catégorie « Acteurs du changement ». En 2023, l’Institut brésilien de l’environnement et des ressources naturelles renouvelables (IBAMA) a réalisé la plus grande saisie d’ailerons jamais enregistrée sur le territoire – 28,7 tonnes, soit au moins 10 000 requins décimés, dont des espèces menacées.

Tout crime laisse une trace. Accompagner la police scientifique spécialisée dans les animaux sauvages, c’est traquer les contrebandiers pour perturber, voire démanteler les chaînes de commerce illicite de cette faune. À première vue, il semble s’agir d’une simple photographie sous-marine d’une tortue verte (Chelonia mydas). Mais voyez-vous l’empreinte de main ? Cette scène illustre une méthode utilisée pour collecter des preuves médico-légales et aider à arrêter braconniers et trafiquants d’animaux.
Un colorant fluorescent spécial, photographié sous une lumière ultraviolette, révèle les traces de doigts, de sang et d’autres liquides biologiques, mais aussi de poudre à canon et plus encore. Les Dr Alexandra Thomas et Louise Gibson, respectivement médecin légiste et experte médico-légale au ZSL Wildlife Forensic Lab (Londres), mettent au point diverses méthodes pour assister ainsi les forces de l’ordre. Six des sept espèces de tortue de mer dans le monde sont menacées d’extinction (classées comme vulnérables, en danger ou en danger critique) pour cause de persécution humaine, destruction d’habitat ou pollution marine.

Finaliste dans la catégorie « Acteur du changement » : Sensibilisation à la conservation du courlis par Morgan Heim.

Finaliste dans la catégorie « Acteur du changement » : Collecte des oeufs de mouche soldat noire dans une volière par Maud Delaflotte.

Les chutes d’Iguazú (qui signifie en indigène « grande eau ») sont situées sur deux pays, l’Argentine et le Brésil. Elles font partie d’un ensemble de 275 cascades s’étendant sur près de trois kilomètres et sont protégées par un parc national dans chaque pays.
Le parc d’Iguazú (Argentine) a été créé en 1934, sur 67 000 hectares, pour protéger l’un des plus beaux sites naturels du pays, qui est également l’un des plus visités. Il a été classé patrimoine naturel de l’humanité par l’UNESCO en 1984. Ce site abrite plus de 450 espèces d’oiseaux, dont des Toucans toco (Ramphastos toco), une espèce emblématique de la forêt subtropicale. Ces oiseaux, les plus grands de leur famille, sont reconnaissables à leur long bec orange vif. Ils se nourrissent de fruits et peuplent les cimes de la canopée.

Finaliste dans la catégorie « Forêts » : Puma femelle scrutant la canopée par Luca Eberle.

Finaliste dans la catégorie « Forêts » : Perruche contre varan par Hira Punjabi.

La pêche aux ailerons de requin et leur commerce représentent l’une des principales menaces pesant sur la biodiversité marine et l’équilibre des écosystèmes océaniques. Au Brésil, les autorités de contrôle ont révélé un système de fraude récurrent, impliquant des cargaisons contenant régulièrement des espèces protégées et en danger critique d’extinction. En 2023, l’Institut brésilien de l’environnement et des ressources naturelles renouvelables (IBAMA) a réalisé la plus grande saisie d’ailerons jamais enregistrée sur le territoire – 28,7 tonnes, soit au moins 10 000 requins décimés, dont des espèces menacées. Une fois les formalités réglées, la loi exige que ces ailerons, matériaux biologiques, soient incinérés.
Cette photographie documente l’incinération effectuée à São Paulo en 2025, sous la supervision de l’IBAMA. L’acte symbolise à la fois l’application de la loi sur l’environnement et le besoin urgent d’une action publique capable de rompre la logique d’un commerce qui transforme un prédateur ultime – essentiel à la santé des océans – en un amas de déchets envoyés aux flammes. Décision historique, l’IBAMA a annoncé le jeudi 26 mars 2026 l’interdiction, à l’échelle nationale, de l’exportation d’ailerons de requins. Le Brésil a également interdit l’importation de tout requin classé comme espèce menacée sur sa liste officielle.

Photo finaliste de la catégorie « Humanité contre nature » : Inondation au cœur de l’île de Java par Alain Schroeder.

Au large de l’océan Pacifique oriental, un puffin fouquet (Ardenna pacifica) plonge dans un banc de poissons-lanternes occupant une surface équivalente à celle d’un terrain de football, peinant à cibler une proie. Les poissons se déplacent en bloc, leur mode de défense fonctionnant à la perfection. L’oiseau refait surface le bec vide, puis opère un demi-tour et plonge une nouvelle fois. Incroyablement bien adaptés à la vie en mer, les puffins dépendent de la bonne santé des stocks de poissons. Cette rencontre saisit un moment rarement observé d’abondance en pleine mer.
Considérés comme les vertébrés les plus nombreux sur Terre, les poissons-lanternes représentent 65 % de la biomasse des poissons d’eaux profondes. Ils constituent un lien essentiel dans le réseau trophique océanique, nourrissant des prédateurs tels que les oiseaux marins, les dauphins, les thons et les raies mantas. Entré en vigueur début 2026, l’accord sur la haute mer (BBNJ) est le premier cadre juridique visant à protéger des scènes comme celle-ci à travers la moitié de la planète qui se situe au-delà des eaux territoriales.

Photo finaliste dans la catégorie « Océan » : Banc de carangues à gros yeux par Shane Gross.

De nombreuses baleines à bosse (Megaptera novaeangliae) fréquentent l’ouest de la Réunion, notamment la baie de Saint-Paul, de juin à octobre pour se reproduire et mettre bas. La baie est bordée au sud par le Cap La Houssaye, point de départ de la Réserve naturelle marine qui compte 35 km2 de récifs protégés. La zone est idéale pour l’observation des cétacés. Le survol en drone est interdit dans la réserve maritime sans autorisation préalable, mais cette mère et son baleineau ont été repérés à seulement 200 mètres de la plage en dehors de la réserve. Juste avant le coucher du soleil, la mère plonge, suivie par son petit.
Seules leurs nageoires caudales restent apparentes alors que le duo commence à s’enfoncer dans les profondeurs, laissant pour seule trace un cercle appelé « lentille ». Une perspective graphique et originale qui illustre la communion de ces mammifères marins avec l’Océan.

Les morses du Pacifique (Odobenus rosmarus divergens) sont les plus grands morses de la planète : les mâles peuvent atteindre quatre mètres de long et peser jusqu’à 1,5 tonne. Cette photographie montre un de leurs rassemblements, ou « haulout » en anglais, sur l’île Ratmanov, juste à la frontière entre la Russie et les États-Unis. Les morses, surtout des mâles, occupent tout le littoral sud de l’île. Ils se mêlent aux femelles uniquement à la période de reproduction. Ces animaux peuvent être aussi immobiles sur la terre ferme qu’ils sont rapides et agiles dans l’eau. Comprendre leur utilisation du littoral aide à garantir la sécurité des interactions entre faune sauvage et êtres humains.

Photo finaliste dans la catégorie « Régions polaires » : Ourse polaire et son petit, Norvège par Panos Laskarakis.

Photo finaliste dans la catégorie « Régions polaires » : Labbes bruns par Lucas Bustamante.

Que ce soit pour se nourrir, rejoindre leurs congénères ou se trouver un abri, les koalas (Phascolarctos cinereus) traversent fréquemment les routes. Malheureusement, les traumatismes routiers constituent une menace majeure pour cette espèce australienne emblématique. L’intensité du trafic, les limitations de vitesse trop élevées – surtout entre le crépuscule et l’aube – et les conduites irresponsables y contribuent largement.
Mais les collisions ne sont pas uniquement un problème de conservation : elles portent gravement atteinte au bien-être animal, entraînant des blessures invalidantes telles que des fractures de la mâchoire, des membres ou de la colonne vertébrale. Si certains koalas peuvent être retrouvés, secourus et soignés, beaucoup rampent dans la brousse pour une lente et douloureuse agonie, ou vivent handicapés dans d’atroces souffrances. Ralentir permettrait d’éviter toutes ces morts, souffrances et douleurs.

