Pétrole : L’alliance Opep affaiblie par le départ inattendu des Émirats arabes
Les Emirats arabes unis ont annoncé leur retrait de l’Organisation des pays exportateurs de pétrole (Opep) à partir du 1er mai, en raison de leur « intérêt national ». Avant le conflit au Moyen-Orient, les Emirats figuraient au quatrième rang des 22 producteurs de l’Opep +, avec environ 3,5 millions de barils par jour.
C’est un changement majeur dans le secteur pétrolier. Ce mardi, les Émirats arabes unis ont annoncé leur retrait inattendu de l’Organisation des pays exportateurs de pétrole (Opep) pour des raisons d’« intérêt national », ce qui constitue un revers pour une alliance déjà fragilisée par la guerre au Moyen-Orient.
Le pays du Golfe, parmi les plus grands producteurs mondiaux, quittera le groupe dirigé par Riyad ainsi que l’alliance Opep +, dont fait également partie la Russie, à partir du 1er mai, selon les informations de l’agence de presse officielle Wam.
« Cette décision reflète la vision stratégique et économique à long terme des Émirats arabes unis ainsi que l’évolution de leur profil énergétique, en mettant l’accent sur l’accélération des investissements dans la production d’énergie nationale », a communiqué Wam.
Les Émirats, membres du cartel depuis 1967, ont « apporté des contributions importantes et consenti des sacrifices encore plus grands dans l’intérêt de tous. Mais le moment est venu de concentrer nos efforts sur ce que dicte notre intérêt national », a-t-elle ajouté.
Fondée en 1960, l’Opep regroupe actuellement 12 membres sous l’autorité de Riyad. En 2016, l’organisation a formé une alliance avec dix autres pays, dont la Russie, sous le nom d’Opep +, dans le but de restreindre l’offre et de soutenir les prix face à la concurrence américaine.
L’annonce d’Abou Dhabi est surprenante, surtout après le départ du Qatar en 2019, suivi de l’Équateur et de l’Angola. Le pays, qui souhaite augmenter sa production, avait exprimé des désaccords au sein du groupe ces dernières années, bénéficiant même d’une augmentation de ses quotas de production par rapport aux autres.
Les Émirats sont également parmi les nations les plus affectées par les attaques iraniennes en réponse à l’offensive israélo-américaine qui a débuté le 28 février contre la République islamique. Ce conflit a entraîné une quasi-fermeture du détroit d’Ormuz, voie de transit pour un cinquième du pétrole mondial, entraînant une hausse des prix.
Face à la situation dans le détroit, les Émirats arabes unis ne souhaitent pas être soumis à des quotas lorsqu’elle sera stabilisée, a précisé une source proche du ministère de l’Énergie.
Pour Jorge Leon, analyste chez Rystad Energy, ce retrait constitue un tournant essentiel pour l’Opep. « Avec l’Arabie saoudite, c’est l’un des rares membres ayant une capacité de réserve significative – le mécanisme par lequel le groupe influence le marché », a-t-il déclaré à l’AFP.
Bien que les effets immédiats pourraient être limités en raison des perturbations causées par la guerre, « cela entraînera à long terme un affaiblissement structurel de l’Opep », ajoute-t-il.
Il estime que les Émirats pourraient être incités à accroître leur production, soulevant « des interrogations sur la pérennité du rôle de l’Arabie saoudite », ouvrant la voie à un marché pétrolier potentiellement plus instable.
Avant le conflit au Moyen-Orient, les Émirats arabes unis se classaient au quatrième rang des 22 producteurs de l’Opep +, derrière l’Arabie saoudite, la Russie et l’Irak, avec une production d’environ 3,5 millions de barils par jour.

