Maroc

Omar Hilale : Le Maroc dénonce l’instrumentation des voies maritimes internationales.

L’ambassadeur du Maroc auprès des Nations unies, Omar Hilale, a affirmé que le Maroc dénonce l’instrumentation des détroits comme cartes de pression. Il a indiqué que la sécurité maritime n’est plus une question secondaire, mais un pilier essentiel de l’architecture de la paix et de la sécurité internationales, rappelant que plus de 90% du commerce mondial transite par les mers et les océans.


L’ambassadeur du Maroc auprès des Nations unies, Omar Hilale, a déclaré lundi devant le Conseil de sécurité que le Maroc condamne l’utilisation des détroits et des voies maritimes comme instruments de pression et de chantage. Lors d’un débat ouvert de haut niveau sur la sécurité maritime, présidé par le ministre bahreïnien des Affaires étrangères, Abdullatif bin Rashid Al-Zayani, M. Hilale a exprimé son indignation face aux menaces de fermeture du détroit d’Ormuz, décrit comme une « artère vitale » pour l’énergie mondiale.

Qualifiant la situation actuelle de « profondément préoccupante », l’ambassadeur a insisté sur le fait qu’aucun État, peu importe ses revendications de légitimité, n’a le droit de prendre le monde en otage à travers les voies maritimes. « Les mers sont un patrimoine commun à toute l’humanité et non des outils de chantage dans les mains de ceux qui ont fait de l’hostilité une doctrine politique depuis des décennies », a-t-il affirmé.

M. Hilale a également condamné fermement les attaques en mer d’Arabie, dans le golfe d’Aden et en mer Rouge, effectuées par des groupes armés soutenus par certains pays, les qualifiant de violations évidentes du droit international et de la Charte des Nations unies. Il a réitéré que le Royaume du Maroc rejette vigoureusement ces attaques ignobles contre des navires commerciaux, qui n’ont aucune justification politique ou idéologique.

Dans ce cadre, l’ambassadeur a appelé la communauté internationale à assumer sa « responsabilité historique », soulignant qu’il est inacceptable que la géographie soit utilisée comme otage par l’idéologie, et que les voies maritimes soient transformées en armes par des pays qui, depuis des décennies, misent sur la déstabilisation, l’ingérence et le soutien à des milices armées, tout en ignorant leurs obligations internationales et les appels de la communauté mondiale.

M. Hilale a précisé que la sécurité maritime n’est plus une question secondaire, mais un pilier essentiel de l’architecture de la paix et de la sécurité internationales, notant que plus de 90% du commerce mondial transite par les mers et les océans. Il a ajouté que toute menace à la liberté de navigation ou à la sécurité des détroits constitue « une attaque directe contre les économies des peuples et leurs moyens de subsistance ».

L’ambassadeur a également évoqué la situation géographique stratégique du Maroc, situé à la jonction de l’Afrique et de l’Europe, sur les rives du détroit de Gibraltar – l’un des passages maritimes les plus stratégiques au monde –, expliquant que pour le Royaume, la liberté de navigation n’est pas « un choix diplomatique », mais une obligation légale et un engagement existentiel découlant de la géographie, de l’histoire et d’une prospérité partagée.

Dans ce contexte, il a réaffirmé l’attachement indéfectible du Royaume aux principes du droit international de la mer, mettant en avant la contribution significative du Maroc à la sécurité maritime régionale et internationale grâce à sa participation dans les systèmes de coopération maritime et à la lutte contre la contrebande le long de ses côtes et de celles de ses partenaires.

Il a également rappelé l’impulsion considérable donnée par Sa Majesté le Roi Mohammed VI à travers l’Initiative Royale Atlantique, qui ouvre l’accès à l’océan Atlantique pour les pays du Sahel, soulignant que cette initiative incarne l’esprit de solidarité, d’intégration économique et de développement partagé, transformant la géographie d’un obstacle en une opportunité au service des populations de la région.

M. Hilale a aussi mis en avant le Processus des États africains atlantiques, qui regroupe plus de vingt États côtiers du littoral atlantique africain, précisant que ce cadre novateur établit la sécurité maritime comme un pilier fondamental de la coopération, renforçant la coordination entre les États membres dans les domaines de la surveillance maritime, de la lutte contre la criminalité transnationale et de la protection des ressources marines partagées.

Cette initiative transforme ainsi l’Atlantique africain d’un « espace de vulnérabilité en un espace de solidarité et de sécurité partagée », offrant des perspectives de stabilité et de développement tant pour l’Afrique que pour le monde, a-t-il continué.

M. Hilale a également réaffirmé l’engagement total du Royaume aux côtés de la communauté internationale pour renforcer la sécurité des voies maritimes vitales, préserver la liberté de navigation internationale et protéger le droit international de la mer contre toute violation. Il a conclu en appelant le Conseil de sécurité à adopter des positions claires face à la situation actuelle, avertissant que « ce qui menace nos mers aujourd’hui menacera notre stabilité collective demain ».