Mathématiques : Les filles ne progressent pas par rapport aux garçons
En 2023, les garçons surpassent les filles en fin de primaire dans 81 % des pays étudiés, contre 52 % en 2019. L’Unesco et l’IEA estiment que la crise du Covid a eu des effets durables sur la perte d’apprentissage en mathématiques pour les filles.
Après des années de progrès, les filles accusent à nouveau un retard en mathématiques, selon une étude de l’Unesco publiée jeudi. En 2023, la proportion de pays où les garçons surpassent les filles a atteint un niveau inédit depuis près de trente ans. « Cette tendance est préoccupante », prévient l’organisation onusienne, qui souligne que des compétences solides en mathématiques sont cruciales « pour stimuler le développement économique et social, favoriser l’innovation et trouver des solutions aux problèmes mondiaux urgents ».
Cette analyse, coécrite avec l’Association internationale pour l’évaluation de la réussite éducative (IEA), s’appuie sur des données de TIMSS (étude internationale sur les tendances de l’enseignement des sciences et des mathématiques) collectées entre 1995 et 2023 dans 47 pays et territoires à la fin de l’école primaire, et dans 38 pays durant le premier cycle du secondaire, y compris l’Espagne, la Chine, l’Australie et les États-Unis.
Bien que les filles aient « historiquement » obtenu des résultats inférieurs à ceux des garçons en mathématiques, l’écart s’était nettement réduit dans les années 2000 et 2010. Cependant, cette dynamique s’est inversée depuis 2019. En 2023, les garçons surpassent les filles en fin de primaire dans 81 % des pays étudiés, contre 52 % en 2019, 39 % en 2015, 41 % en 2011 et 26 % en 2003.
Les disparités se reflètent aussi dans la répartition des niveaux de compétences. En 2023, 21 % des pays présentaient une proportion plus élevée de filles ne parvenant pas à atteindre le seuil international minimal en mathématiques à la fin de l’école primaire, contre 4 % en 2019 et 2 % en 2015. Parallèlement, depuis 2007, la proportion de pays où les garçons affichent un niveau particulièrement bas a considérablement diminué, jusqu’à presque disparaître en 2023 (2 %).
Dans le secondaire, la situation est plus nuancée mais la tendance reste inquiétante. Même si la proportion de pays où les garçons surpassent les filles est moins élevée qu’en primaire, elle progresse de manière significative à long terme. L’Unesco et l’IEA attribuent en partie ce recul aux effets durables de la crise du Covid, les fermetures prolongées d’écoles ayant exacerbé les pertes d’apprentissage en mathématiques et affaibli la confiance et l’engagement des filles.
Pour inverser cette tendance, les deux organisations recommandent d’agir dès l’école primaire, en renforçant la confiance des filles en mathématiques grâce à des activités ludiques, en formant les enseignants sur les biais de genre pour lutter contre les stéréotypes, et en assurant un suivi systématique des résultats par sexe.

