Des maires RN attaquent les symboles après les municipales.
Le maire de Carcassonne, Christophe Barthès, a retiré le drapeau européen de la mairie le 29 mars dernier, déclarant : « Le seul drapeau qui vaille en France, c’est le drapeau tricolore ». Par ailleurs, d’autres maires du Rassemblement National ont également enlevé le drapeau européen de leurs mairies, suscitant des réactions vives de l’opposition.
Un retrait avait suscité une vive réaction : le retrait des drapeaux européens de certaines mairies récemment dirigées par des militants du RN. « Dehors les drapeaux européens à la mairie ! Place aux drapeaux français », a déclaré le maire nouvellement élu de Carcassonne, Christophe Barthès, le 29 mars dernier. Ces paroles ont été accompagnées d’une vidéo montrant le maire décrochant le drapeau européen de son balcon. Il a également affirmé, lors d’une interview sur TF1, que « le seul drapeau qui vaille en France, c’est le drapeau tricolore ». Barthès a insisté pour ne remettre le drapeau européen qu’à partir du 9 mai, date de la fête de l’Europe, qui est la seule date où la loi française exige l’affichage du drapeau sur les mairies.
Dans le nord de la France, le maire RN de Harnes, dans le Pas-de-Calais, a également choisi de retirer les drapeaux européen et ukrainien de sa mairie. En plus de cela, il a également fait disparaître le buste de Robespierre de la salle du conseil municipal, justifiant cette décision par le fait que « le pire guillotineur de l’histoire française n’avait rien à y faire ». Cette action a été vivement critiquée par l’opposition, Robespierre étant considéré comme le promoteur de la devise « Liberté, Égalité, Fraternité ».
La question des drapeaux a également suscité des commentaires de Marine Le Pen, qui n’y voit aucune objection. Dans une interview accordée au Parisien (relayée par le Figaro), elle a déclaré : « Je ne me reconnais pas dans ce drapeau qui, même si à l’origine il était sans doute drapé de bonnes intentions, est devenu aujourd’hui le symbole d’une forme d’oppression sur notre démocratie que je conteste ». Le discours anti-drapeau a été nuancé par sa nièce, Marion Maréchal, qui a décrit le drapeau européen comme « une des rares références à notre civilisation au sein de l’institution européenne ».
Le ministre chargé de l’Europe, Benjamin Haddad, a exprimé son indignation face à ces décisions, s’interrogeant sur le refus potentiel des fonds européens qui bénéficient aux agriculteurs et aux territoires. Par ailleurs, un collectif de personnalités a dénoncé la disparition du drapeau européen dans une tribune publiée par Le Monde.
D’autres décisions symboliques se sont également faites sentir, telles que le retrait du drapeau LGBT par le maire « Divers droite » de Faches-Thumesnil, qui a également annulé une marche des fiertés. Le maire de Carcassonne, pour sa part, a instauré un arrêté anti-mendicité en centre-ville et a été accusé d’avoir tenté d’intimider des étudiants qui souhaitaient manifester contre l’extrême droite.
La ville de Liévin a également fait l’objet d’une attention particulière. Le nouveau maire RN, Dany Paiva, a décidé de supprimer la commémoration d’un drame minier survenu en 1974, prétextant que les syndicats en faisaient un usage politique. Des réactions vives ont suivi, notamment de la part des syndicats critiquant un manque de respect envers le travailleur et l’histoire du territoire.
En parallèle, plusieurs communes récemment conquises par le RN ont vu des actions similaires se multiplier. Par exemple, à Vauvert, des manifestations culturelles ont été annulées, et à Grenay, une plaque rendant hommage à un militant libanais a été retirée.
A l’échelle nationale, le RN poursuit son processus de normalisation, visant à élargir son électorat en prévision de l’élection présidentielle de 2027, tout en veillant à un ancrage local solide. Le parti a ainsi pris des mesures pour obtenir des positions au sein des communautés urbaines, cherchant à tisser des liens avec d’autres élus de droite. Au total, le RN a remporté 74 mairies lors des dernières élections.

