Les librairies Gibert ne seront bientôt pas en redressement judiciaire.
Le groupe Gibert, spécialiste du livre neuf et d’occasion, va demander son placement en redressement judiciaire auprès du tribunal des activités économiques de Paris le 28 avril. En 2025, le groupe a réalisé un chiffre d’affaires de 86 millions d’euros.
C’est un symbole d’un secteur du livre en difficulté. Avec la diminution de la lecture et la compétition de géants du Web comme Amazon, les librairies, y compris les plus grandes, sont en souffrance. Le célèbre groupe Gibert, spécialisé dans le livre neuf et d’occasion, va solliciter un placement en redressement judiciaire auprès du tribunal des activités économiques de Paris le 28 avril, comme l’ont rapporté nos confrères d’Actu Paris.
Cette enseigne, emblématique de la rive gauche de la capitale depuis 140 ans, avait déjà dû fermer ses boutiques de la place Saint-Michel en 2021, ainsi qu’une autre située dans le 13e arrondissement en 2025, et possède aujourd’hui 16 magasins dans 12 villes françaises.
Dans ce cadre, la procédure de redressement judiciaire « devrait lui permettre l’adaptation et la transformation de son modèle dans le cadre juridique le plus protecteur pour l’activité (gel des dettes, garantie des salaires…) ».
Pour garantir sa pérennité, la direction a désormais pour intention « de mettre l’accent sur le marché de l’occasion, un segment en croissance qui offre de meilleures perspectives de développement et de rentabilité » avec une croissance de 10 % par an, permettant une meilleure maîtrise de la chaîne de valeur et des marges. Son but est de « doubler la part de ses ventes de livres d’occasion d’ici 2029 », alors que ceux-ci représentent actuellement 35 % de son chiffre d’affaires.
Gibert, qui avait été divisé en deux enseignes (Gibert Joseph et Gibert Jeune) jusqu’en 2017, se positionne comme « la première librairie et le premier disquaire généraliste indépendant de France avec plus de 500.000 références neuves et d’occasion ». Vend aussi des vidéos et de la papeterie dans certains de ses magasins, le groupe a affiché un chiffre d’affaires de 86 millions d’euros en 2025.
Dans un document interne, la direction souligne le déclin marqué du marché du livre neuf et des marges « structurellement contraintes », ainsi que l’augmentation des « coûts fixes ». « Malgré les efforts engagés depuis 2020 pour réduire nos coûts, ajuster notre offre et consolider notre réseau, ces mesures n’ont pas suffi à restaurer un niveau de rentabilité satisfaisant », précise la direction citée par Actu Paris.

