Belgique

Les tentatives d’assassinat contre Trump en hausse ?

Cette tentative d’assassinat est la troisième.

Depuis l’alerte à la bombe lors de rencontre de législateur jusqu’à l’incendie criminel du domicile d’un élu, ce sont en tout 40% des législateurs qui signalent une augmentation de la fréquence des abus.

« Cette tentative d’assassinat est la troisième« 

De Morgen.

« Trump échappe pour la quatrième fois à un attentat« 

Het Laatste Nieuws.

« Ce serait la cinquième fois en dix ans« 

Libération.

Si l’on ne parlait pas d’une tentative d’assassinat, on pourrait presque rire de la confusion qui règne ce matin dans la presse. Cela témoigne néanmoins d’un tel niveau de violence politique aux États-Unis qu’on s’emmêle dans le décompte des attaques contre le président.

La présidence n’est pas la seule visée. Au cours des 12 derniers mois, deux figures importantes du paysage politique américain ont également été assassinées : Charlie Kirk, représentant du mouvement MAGA, ainsi que l’élue démocrate du Minnesota, Melissa Hortman et son époux. C’est inquiétant. Et pour les journalistes, cela annonce déjà le pire pour les élections de mi-mandat.

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De Morgen pose la question. « Qu’est-ce qui pousse un enseignant, concepteur de jeux vidéo, 31 ans, qualifié de discret, à prendre les armes pour exprimer sa colère face à la politique de son Président ? Pourquoi a-t-il réussi à pénétrer si facilement le dispositif de sécurité des services secrets et du FBI ? Et, pourquoi frapper précisément le dîner de gala annuel des correspondants de presse de la Maison-Blanche, consacré cette année au Premier Amendement (liberté d’expression, de presse et de réunion) ; trois libertés constitutionnelles que cet homme aurait pu invoquer pour faire part de son mécontentement ?« 

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Le Soir pose également la question en titre : « Donald Trump en sort-il renforcé ?« 

Va-t-il une nouvelle fois profiter de son statut de victime ? En tout cas, il a une nouvelle fois révélé son sens aigu de la communication.

Au cours de cette conférence de presse, qui a suivi l’attaque, on a pu voir un président américain calme et digne, appelant son pays à « la réconciliation« , tout en ironisant « personne ne m’avait dit que c’était un job dangereux. »

De Standaard rappelle que l’histoire violente de la politique américaine est longue. Sur les 46 présidents, 23 ont été attaqués ou ont subi une tentative d’assassinat. Quatre en sont morts, allant d’Abraham Lincoln, le premier, à John F. Kennedy, le dernier en 1963. D’autres ont été blessés. Ronald Reagan, en 1981, est le dernier président attaqué à ce jour (en dehors des 3-4-5 tentatives contre Donald Trump). La violence politique aux États-Unis n’est donc ni totalement nouvelle ni tout à fait exceptionnelle.

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La « nouveauté » réside dans le fait que cette violence s’ancre. Contrairement à ce qu’a déclaré le président Trump, cette violence ne cible pas uniquement les plus puissants, les plus connus ou les plus « médiatiques« .

Libération souligne la publication d’un rapport alertant sur l’augmentation des actes de violence et d’intimidation envers les élus locaux. De l’alerte à la bombe lors d’une rencontre de législateurs jusqu’à l’incendie criminel du domicile d’un élu, 40 % des législateurs signalent une augmentation de la fréquence des abus. Un cas sur trois devient de plus en plus grave. Ce rapport du Brennan Center, publié en novembre 2025 et cité par le quotidien français, n’est pas le seul à constater cette « libération » de la violence politique.

« Selon les données du Global Terrorism Database, les attaques motivées par l’extrême droite ont explosé à partir de 2016. Le refus de D. Trump de reconnaître sa défaite électorale en 2020 et l’assaut sur le Capitole ont donné un second coup d’accélérateur« .

En 2024, la tentative d’assassinat contre Donald Trump a produit une image frappante du président, le poing levé vers le ciel alors que les services de sécurité l’emportaient à l’abri. Cet événement « lui a permis de s’ériger en figure messianique auprès d’une large part de l’électorat, épargnée par Dieu pour sauver les États-Unis de la turpitude« .

On verra ce que Donald Trump retiendra de cette tentative pour les midterms de novembre.