Drones : la Tunisie peut-elle s’imposer parmi les grandes puissances ?
Khaled Aouij a affirmé que les drones, parfois disponibles pour quelques centaines de dollars, sont désormais capables de neutraliser des systèmes de défense sophistiqués coûtant plusieurs millions. Il a rappelé que la Tunisie s’est intéressée aux technologies des drones dès les années 1990 et qu’elle bénéficie aujourd’hui de compétences d’ingénierie capables de soutenir leur développement.

La nature des conflits armés subit une transformation significative, caractérisée par l’apparition de technologies accessibles et redoutablement efficaces. Les drones, parfois disponibles pour quelques centaines de dollars, sont désormais en mesure de neutraliser des systèmes de défense sophistiqués coûtant plusieurs millions, a déclaré l’expert en sécurité et défense Khaled Aouij.
Lors de son intervention le vendredi 24 avril 2026 sur Express Fm, il a précisé que cette évolution s’inscrit dans une logique de “guerre d’usure économique”, ayant pour objectif d’affaiblir l’adversaire en épuisant ses ressources financières. “Le conflit ne se joue plus uniquement sur les moyens, mais sur la tactique, l’innovation et la capacité d’adaptation,” a-t-il souligné.
D’après l’expert, le principal danger réside dans l’utilisation d’essaims de drones, consistant à lancer simultanément un grand nombre d’appareils. Cette stratégie sature les systèmes de défense aérienne et complique leur interception. Elle marque un changement majeur dans les doctrines militaires, passant d’une logique de sophistication technologique à une approche axée sur le volume et l’efficacité opérationnelle.
Dans ce contexte, les armées doivent reconsidérer leurs modèles. Khaled Aouij compare ainsi l’industrie militaire traditionnelle à celle des voitures de luxe, coûteuses et hautement sophistiquées, alors que les réalités du terrain imposent maintenant des solutions plus simples et agiles, similaires à des motos. Il souligne que de nombreux drones sont construits à partir de composants civils facilement accessibles, tels que des moteurs ou des systèmes de géolocalisation, favorisant leur prolifération, y compris parmi des acteurs non étatiques.
L’expert met également en avant le rôle croissant de l’intelligence artificielle, qui augmente la précision des frappes et permet aux drones d’opérer dans des environnements complexes, notamment de nuit ou sous brouillage électronique. Il insiste sur la rapidité des innovations technologiques, avec des cycles d’innovation extrêmement courts, obligeant les armées à s’adapter en permanence.
Au-delà de ces transformations à l’échelle globale, Khaled Aouij estime que la Tunisie possède d’importants atouts dans ce domaine. Il rappelle que le pays s’est penché sur les technologies des drones dès les années 1990 et qu’il bénéficie aujourd’hui de compétences en ingénierie capables de soutenir leur développement. Il appelle ainsi à l’établissement de partenariats solides entre le secteur public et le secteur privé, ainsi qu’à la mise en place d’un cadre réglementaire favorable.
Selon l’expert, la Tunisie pourrait emerger comme une plateforme internationale dans le développement des technologies de drones, à condition de s’appuyer sur une volonté politique affirmée et une vision stratégique claire.

