Belgique

Les Belges ne veulent pas d’une transition environnementale et climatique lente.

La hausse des prix et les taxes/impôts occupent les deux premières places des préoccupations des 1609 personnes représentatives de la population belge, tandis que 72% des répondants se disent préoccupés ou très préoccupés par l’environnement. L’enquête révèle que seuls 2% des participants nient encore le changement climatique, et 73% sont convaincus qu’il est le résultat des activités humaines.


Quand on interroge 1 609 personnes représentatives de la population belge (en tenant compte du genre, de la localisation, du niveau d’étude, etc.) sur les thématiques qui les préoccupent le plus, la hausse des prix et les taxes/impôts occupent les deux premières positions. Cependant, l’environnement n’est pas loin derrière, avec 72 % des répondants se déclarant préoccupés ou très préoccupés. Ce chiffre est plus élevé que ceux relatifs à la sécurité, à l’emploi ou à l’immigration, qui sont pourtant souvent présents dans les programmes politiques. Néanmoins, il convient de noter que si le taux de 72 % a peu varié par rapport à l’enquête de 2021 (73 %), il est bien en deçà des 81 % enregistrés en 2017 et 2005. Malgré cela, l’enjeu environnemental demeure crucial.

L’enquête a focalisé sur le changement climatique, qui concerne également 72 % des personnes interrogées. Bien que cela ne soit pas la principale source d’inquiétude — la disparition des forêts tropicales étant en tête —, ce sujet est classé parmi les préoccupations majeures, aux côtés de la pollution de l’eau, de l’air et des sols, ainsi que des craintes liées aux produits chimiques ou à l’invasion d’espèces exotiques.

Seules 2 % des personnes sondées nient le changement climatique. Par ailleurs, 73 % sont convaincus de son origine humaine, ce qui implique que ce phénomène n’est pas inéluctable et que les êtres humains peuvent agir pour le contrer. Le transport est perçu comme l’une des principales causes du changement climatique. Depuis la dernière enquête, une diminution nette de l’utilisation de la plupart des modes de transport, qu’ils soient motorisés ou non, a été observée.

De manière générale, les citoyens belges adoptent déjà plusieurs comportements pour réduire leur impact sur le changement climatique. De l’économie d’énergie au tri des déchets, ils se sentent engagés dans l’amélioration de la situation. Toutefois, ils souhaitent davantage d’interventions de la part des autorités, principalement au niveau européen.

Une large majorité considère que l’Europe doit jouer un rôle de leader et maintenir ses ambitions climatiques malgré les tensions géopolitiques. Plus de la moitié des citoyens partagent l’idée que l’Europe et la Belgique doivent être climatiquement neutres d’ici 2050. Concernant le rythme de la transition, 44 % estiment qu’il doit être maintenu, tandis que 38 % et 39 % souhaitent une accélération.

L’enquête met également en lumière des paradoxes. Les répondants approuvent une taxe carbone sur les importations, l’objectif d’atteindre 45 % d’énergies renouvelables dans moins de quatre ans et la rénovation de 35 millions de bâtiments en Europe, mais ils manifestent une réticence à ce que cela affecte leur propre véhicule.

Bien que le transport soit identifié comme un secteur générant des gaz à effet de serre parmi les plus importants, à peine 30 % des réponses se sont montrées favorables à l’interdiction de vente de nouvelles voitures thermiques en 2035, conformément aux prévisions européennes, et 44 % y sont opposés. De plus, même si les entreprises doivent réduire leurs émissions, une taxation des rejets de carbone des particuliers et des PME semble inacceptable pour les participants.

Il existe donc un soutien pour des mesures structurelles significatives, mais la perception change lorsque l’on parle de l’impact direct sur les citoyens. Selon le SPF Santé publique : « Ces résultats soulignent l’importance de renforcer les efforts publics pour rendre les alternatives sans combustibles fossiles, telles que les véhicules électriques et les pompes à chaleur, plus accessibles et attractives. »

Malgré cela, deux tiers des répondants estiment qu’il faudra un changement significatif de mode de vie pour faire face au dérèglement climatique. Pour eux, la répartition équitable des efforts est essentielle pour accepter ces modifications.

Enfin, l’étude révèle que les citoyens font confiance aux médias traditionnels pour des informations sur le climat, bien plus qu’aux réseaux sociaux ou aux influenceurs. Si vous avez lu cet article jusqu’au bout, vous ne pourrez que confirmer ce constat.