Tunisie

Tuberculose zoonotique : Mettons fin à la contamination !

Il y a trois jours, six cas de tuberculose zoonotique ont été détectés à Sousse. L’incidence de la maladie est de 26 nouveaux cas pour cent mille habitants, avec 80 % des formes extra-pulmonaires d’origine animale.

Il y a trois jours, la détection de six cas de tuberculose zoonotique à Sousse a suscité une inquiétude, considérée par certains comme une véritable menace pour la santé publique en prévision d’une potentielle épidémie ! Cependant, il convient de noter que de tels cas de détection sont fréquents dans les abattoirs soumis à des contrôles. Effectivement, certains symptômes de la tuberculose animale peuvent ne pas être visibles chez les animaux vivants.

C’est seulement après l’abattage du bovin que la maladie est identifiée. Ainsi, la priorité à respecter à chaque étape de la chaîne, depuis l’élevage jusqu’à la consommation, doit être la prévention !

La Presse — Il est essentiel de savoir que la tuberculose zoonotique n’est pas seulement une préoccupation pour la faune. La transmission de la bactérie tuberculeuse à l’homme se produit par trois voies : la consommation de produits bovins contaminés, le contact avec des animaux tuberculeux et l’inhalation de la bactérie présente dans l’air. Toutefois, la voie de transmission la plus significative reste la consommation. Il s’agit notamment de lait et de produits dérivés non contrôlés et non pasteurisés proposés par certains crémiers et éleveurs. En plus des produits laitiers, la viande bovine provenant d’animaux infectés et abattus en dehors des circuits légaux constitue un risque élevé de contamination humaine, surtout en l’absence d’une cuisson adéquate.

Appel à la responsabilité des éleveurs !

Dans les deux situations évoquées, la responsabilité de l’éleveur concernant la mise en vente de ces produits contaminés, que sont le lait et la viande, est indéniable. Cela ne découle pas nécessairement de sa connaissance de l’infection du bétail, car il est possible que les animaux ne présentent aucun symptôme visible, mais plutôt de son choix d’ignorer les circuits de vente contrôlés. Il est conscient que l’Organisation mondiale de la santé animale (Omsa) exige l’abattage des animaux dans des abattoirs agréés. Ces derniers sont les seuls à appliquer systématiquement le protocole de dépistage de la maladie via le test de tuberculination. L’Omsa met également en garde contre les animaux de contrebande dont la traçabilité est absente.

Boycotter les produits non fiables

La prévention inclut aussi un achat réfléchi et le choix de produits alimentaires certifiés comme sûrs. Le consommateur a un rôle fondamental dans l’interruption de la chaîne de contamination par la tuberculose zoonotique. Il est le seul capable de boycotter des produits suspects et non contrôlés. Le lait non pasteurisé, les produits laitiers fabriqués clandestinement et les viandes provenant de bouchers qui abattent eux-mêmes les animaux sont autant de sources propices à la prolifération de la bactérie, et donc à une éventuelle épidémie. De plus, il est important de noter que même si les carcasses infectées sont abandonnées dans la nature, elles contribuent à la contamination humaine, car elles peuvent être consommées par d’autres animaux en contact avec l’homme.

En dehors de la prévention, soutenue par des éleveurs responsables et des consommateurs informés, la lutte efficace contre la tuberculose d’origine animale incombe aux abattoirs légaux, qui doivent détruire la viande et les carcasses douteuses ou contaminées.

Lors d’une récente interview accordée à Jawhara FM, le Dr Ahmed Rajeb, doyen des médecins vétérinaires, a précisé qu’il existe deux types de tuberculose animale : celle qui affecte partiellement certains organes du bovin et celle qui est généralisée à tous les tissus de l’animal. Dans le premier cas, il est possible d’extraire la partie infectée tout en préservant celle qui est saine. En revanche, dans le second cas, la viande et la carcasse doivent être immédiatement détruites.

Mise à jour en cours du Programme national

En cas de contamination avérée d’un individu par la tuberculose zoonotique, l’État garantit un traitement gratuit au malade. Il convient de noter que ce traitement repose sur des antibiotiques spécifiques à cette maladie. Toujours selon le Dr Rajeb, des recherches à l’échelle internationale sont en cours pour développer un vaccin contre la tuberculose d’origine animale.

Compte tenu de l’incidence significative de la maladie, évaluée à 26 nouveaux cas pour cent mille habitants, et de la prévalence de la forme extra-pulmonaire dont 80 % est d’origine animale, le ministère de la santé s’emploie à mettre à jour le Programme national de lutte contre la tuberculose.