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FSD de Tesla : 99 € par mois, rentabilité de la conduite autonome ?

Depuis le 10 avril 2026, les Pays-Bas sont le premier pays européen à autoriser la Conduite automatique (supervisée) de Tesla, également appelée « Full Self-Driving ». Concrètement, le FSD sera facturé 99 € par mois en abonnement, ou 7 500 € en achat unique.


Depuis le 10 avril 2026, les Pays-Bas sont devenus le premier pays européen à autoriser la Conduite automatique (supervisée) de Tesla, communément appelée FSD. Nos collègues de Numerama ont effectué un test à Amsterdam, et les résultats sont à la fois impressionnants et prudemment mesurés.

Lors d’un moment précis sur une autoroute néerlandaise à 98 km/h, on réalise que l’on regarde un robot doubler un camion à notre place, tandis que notre jambe droite reste instinctivement en position « freinage d’urgence ». Après cinq minutes, elle ne bouge plus. Au bout de vingt minutes, on oublie même que la voiture conduit seule. C’est dans cette étrange banalisation que se joue l’histoire de la conduite semi-autonome, et c’est pourquoi le test de Numerama aux Pays-Bas mérite attention.

Le 10 avril 2026, l’organisme de réglementation néerlandais RDW a validé la Conduite automatique (supervisée) de Tesla, connue sous le nom de « Full Self-Driving ». Il s’agit de la première approbation de ce niveau en Europe, après 18 mois de procédure et environ 1,6 million de kilomètres de tests sur routes européennes.

Techniquement, il s’agit d’un niveau 2 de conduite automatisée, similaire à celui des régulateurs de vitesse adaptatifs, sauf que la voiture gère maintenant les intersections, les ronds-points, les changements de voie et même le stationnement. Le conducteur demeure juridiquement responsable de tout, et le système se désactive immédiatement si le regard s’éloigne trop longtemps de la route.

La distinction avec les robotaxis Waymo ou Zoox aux États-Unis est structurelle. Ces derniers fonctionnent à un niveau 4, sans intervention humaine, mais uniquement dans des zones préalablement cartographiées au millimètre.

En revanche, Tesla utilise un réseau neuronal entraîné sur des milliards de kilomètres transmis par ses voitures clientes, utilisant exclusivement des caméras, sans lidar. En conséquence, le FSD fonctionne partout où il est autorisé, mais il s’arrête brusquement à la frontière néerlandaise. Sur autoroute, le système est fluide, presque monotone. Le véritable test se situe au cœur d’Amsterdam, une ville de 800 000 habitants pour un million de vélos, ce qui n’est pas l’environnement idéal pour les voitures.

La Tesla réagit bien, mais d’une manière unique : elle fait preuve d’une prudence remarquable, laissant passer tous les usagers, freinant pour un cycliste avant même que le conducteur n’ait réagi, et reculant de quelques centimètres face à un piéton inattendu. Sur les 90 kilomètres parcourus lors de la journée par Numerama, 73 % ont été effectués en mode FSD, selon les statistiques de la voiture.

Le système s’est désactivé deux ou trois fois, une fois à cause d’une caméra sale, une autre parce que le conducteur a détourné trop longtemps le regard. Dans chaque situation, la voiture a ralenti en douceur avant de rendre le contrôle, sans jamais freiner brutalement. C’est là que l’on comprend l’importance du terme « supervisée » : ce n’est pas qu’un simple argument juridique, c’est la véritable nature du produit.

Concernant le FSD, il sera facturé 99 € par mois en abonnement, ou 7 500 € en achat unique, cette dernière option étant en train de disparaître suite à un changement annoncé par Elon Musk en février 2026. Seules les Tesla équipées du matériel Hardware 4, livrées depuis la mi-2023, seront compatibles avec la version actuelle. Les propriétaires de HW3 devront attendre une version allégée, et ceux qui avaient investi 7 500 € il y a cinq ans dans l’espoir d’un rétrofit devront renoncer : Ashok Elluswamy, vice-président du logiciel chez Tesla, a confirmé que le matériel ne serait pas mis à jour. Cela représente un large vide par rapport à la promesse initiale, et les concurrents européens n’hésiteront pas à en faire un argument marketing.

Pour la France, il faudra attendre. Paris a refusé d’approuver le FSD à l’échelle nationale, jugeant la technologie encore trop risquée, et l’UTAC devra de toute façon valider l’exemption néerlandaise avant toute mise à jour à distance. Tesla espère jouer sur la reconnaissance mutuelle européenne pour contourner ce blocage, avec un vote prévu au plus tôt fin juin au Comité technique. L’Italie exige une décision unanime des 27 pays, tandis que la Suède conteste la rétroactivité de la norme UN R-171 appliquée aux véhicules déjà en circulation. En résumé, la situation est loin d’être résolue.