France

Quel avenir pour Emmanuel Macron s’il ne fait pas de politique ?

Emmanuel Macron a déclaré « je n’ai pas fait de politique avant et je n’en ferai pas après » lors d’un échange avec des élèves à l’école franco-chypriote de Nicosie. Selon Vanity Fair, un article publié en 2023 remet en question son goût en matière d’arts, affirmant qu’il « n’est pas, non plus, un grand aventurier de l’esthétique ».

« Finito » la politique pour Emmanuel Macron. Ce jeudi, lors d’un échange avec des élèves à l’école franco-chypriote de Nicosie, le président de la République a affirmé : « je n’ai pas fait de politique avant et je n’en ferai pas après ». Manu, à la tête de la cordée « France », serait donc sur le point de quitter ses fonctions pour réintégrer le monde du travail. Mais pour quelle raison ?

« S’il veut retrouver un emploi, il n’a qu’à traverser la rue », déclare à 20 Minutes un « chasseur de têtes », spécialiste du recrutement de talents et de cadres dirigeants, reprenant une phrase célèbre d’Emmanuel Macron entendue durant sa décennie à la présidence.

Emmanuel Macron en marche arrière ?

La déclaration faite, Emmanuel Macron pourrait bien réellement n’avoir qu’un court chemin à parcourir une fois sorti du Palais de l’Élysée. Son ancien employeur, la banque Rothschild & Co, se situe avenue de Messine, à seulement 15 minutes à pied (ou 9 minutes en vélo) de son bureau actuel. Pratique, mais peut-être un peu trop proche, ce qui donnerait l’impression d’un retour en arrière et pourrait nuire à son image, déjà ternie par les déficits budgétaires accumulés durant ses mandats.

Galeriste malgré son « mauvais goût » ?

S’il refuse cette proposition ou s’il ne correspond pas aux attentes, il pourrait essayer sa chance dans différentes galeries d’art ou boutiques de luxe. Selon un article de Vanity Fair paru en 2023, qui s’interrogeait sur le « mauvais goût » du président dans le domaine artistique, devenir marchand d’art ne semble pas être un avenir prometteur pour lui. « Il n’est pas, non plus, un grand aventurier de l’esthétique. C’est en tout cas l’avis – en off, s’entend – d’un certain nombre de galeristes et collectionneurs », écrivait le magazine.

En cas de rejet de cet avis sévère, Emmanuel Macron pourrait avoir l’opportunité d’être engagé par la galerie Orlinski, voisine. Son fondateur, Richard Orlinsky, connu pour ses sculptures de primates, est, selon Vanity Fair, « un proche de Brigitte Macron » et possède « quatre de ses créations animalières à l’Élysée ». Pour étoffer son CV, Emmanuel Macron pourrait également évoquer sa commande d’un fonds artistique « Mondes Nouveaux », constitué de 30 millions d’euros, durant la période de la Covid.

Parler de politique, faute d’en faire ?

« Ce que font beaucoup d’ex-politiques, c’est continuer à parler politique en donnant des conférences », note notre cabinet de recrutement, qui souhaite rester anonyme. À l’image de Nicolas Sarkozy, qui a pu partager ses expériences lors de conférences rémunérées à Abu Dhabi, Moscou, Goldman Sachs ou à la Banque nationale du Qatar. Emmanuel Macron pourrait aussi apprécier une telle activité.

Avec un sens du spectacle inégalé et un langage légèrement désuet, Macron pourrait se réinventer en tant que conférencier, s’appuyant sur des événements marquants de sa présidence : « On a quand même traversé de drôles de périodes, quoi… Les « gilets jaunes », le Covid-19, la guerre en Ukraine, les troubles géopolitiques, le Groenland, l’inflation et j’en passe », confiait Emmanuel Macron à Brut, trois semaines avant le début de la guerre en Iran. Cela lui donnerait un large éventail d’expériences à partager à un auditoire.

Président de l’OM, son « dream job » caché ?

Un poste qu’Emmanuel Macron pourrait également envisager serait celui de président de l’OM, son « dream job » secret, en tant que fan affirmé (bien que cela semble un peu mis en scène). Avoir sur son CV une mention « à négocier avec Trump, Poutine & Co » serait un atout considérable lors de transactions ou d’échanges avec des clubs de supporters.

Sa gestion budgétaire, souvent marquée par des déficits, ne semble pas poser problème ici, même si l’accueil chaleureux des joueurs du PSG, champions de la Ligue des champions, aurait été plus délicat. Malheureusement, ce poste a récemment été pourvu par Stéphane Richard, remplaçant Pablo Longoria.

« Président de l’Europe » ?

Enfin, ultime proposition, relayée par Challenges, qui envisagerait Emmanuel Macron pour un rôle de « Président de l’Europe » ou pour le poste de présidence de la Commission européenne, mandat non électif actuellement occupé par Ursula von der Leyen.

« Ceux qui ont eu du pouvoir veulent généralement le conserver. Ils aiment ça », conclut notre spécialiste. Cela amènerait Emmanuel Macron à revenir sur ses déclarations, restant finalement dans le champ politique. Ce ne serait pas une première et cela pourrait être considéré comme une qualité requise.