Etats-Unis : Un militaire accusé de paris sur la chute de Maduro
Ken Van Dyke, un soldat américain de 38 ans, a été inculpé pour fraude après avoir empoché plus de 400.000 dollars en pariant sur la chute du président vénézuélien Nicolas Maduro grâce à des informations confidentielles. Le ministère de la Justice a précisé qu’il avait accès à des informations sensibles, non publiques et classifiées sur cette opération.
Un soldat américain, Ken Van Dyke, est accusé d’avoir gagné plus de 400.000 dollars en pariant sur la chute du président vénézuélien Nicolas Maduro, en utilisant des informations confidentielles. Le ministère de la Justice a annoncé jeudi qu’il avait été inculpé pour fraude, dans un contexte de suspicion croissante de délits d’initiés liés aux activités de l’administration Trump.
Depuis début décembre, cet homme de 38 ans avait investi plus de 30.000 dollars sur 13 paris via le site Polymarket, concernant une éventuelle intervention américaine au Venezuela ou le renversement de Maduro. Selon le ministère, « Van Dyke a remporté ses paris sur ces contrats » et a réalisé un profit d’environ 409.881 dollars.
Cependant, il est précisé qu’« il avait accès à des informations sensibles, non publiques et classifiées sur cette opération ». Installé à la base militaire de Fort Bragg, en Caroline du Nord, il a en effet « participé à la planification et à l’exécution » de l’opération qui a permis d’arrêter Nicolas Maduro afin de le traduire en justice aux États-Unis pour narcotrafic.
Le ministre de la Justice par intérim, Todd Blanche, a souligné que « les hommes et les femmes qui servent sous l’uniforme ont accès à des informations classifiées […] et il leur est interdit d’utiliser ces informations hautement sensibles pour un gain financier personnel ». Ken Van Dyke est poursuivi pour « utilisation illicite d’informations gouvernementales confidentielles à des fins personnelles », de « vol d’informations gouvernementales », ainsi que pour fraude électronique et transaction monétaire illégale. S’il est reconnu coupable de tous les chefs d’accusation, il pourrait faire face à une peine maximale de 50 ans de prison.
Le président américain Donald Trump a réagi en déclarant que « le monde entier, malheureusement, est devenu une espèce de casino… en Europe et partout ailleurs, ils font ce genre de paris ».
Des plateformes telles que Polymarket ou Kalshi, qui permettent de parier sur la probabilité d’événements, ont déjà été critiquées en lien avec le conflit au Moyen-Orient. Ainsi, six comptes sur Polymarket ont gagné 1,2 million de dollars après avoir parié sur une attaque américaine contre l’Iran le 28 février, jour du début de l’offensive. À ce jour, aucune arrestation n’a été effectuée en rapport avec ces paris, et rien ne prouve que l’entourage de Donald Trump, sous le regard des enquêteurs, soit impliqué dans ces transactions.

