France

Le PS présente son projet : Smic à 1.690 euros, retraite à 62 ans, taxe Zucman.

Le Parti socialiste a présenté un texte de 144 pages mercredi, dont l’objectif est de « nous identifier sur le long terme », selon la députée européenne Chloé Ridel. Ce projet, qui doit encore être amendé par les militants, prévoit un vote avant l’été.


C’est un document de 144 pages qui a été présenté mercredi par le Parti socialiste. Son objectif ? « Nous identifier sur le long terme », au-delà de l’élection présidentielle de 2027, a précisé la députée européenne Chloé Ridel, qui supervise la rédaction et est proche du Premier secrétaire Olivier Faure.

Parmi les nombreuses mesures, qui ne sont pas chiffrées à ce stade, le PS propose d’augmenter le SMIC à 1.690 euros net, d’instaurer la taxe Zucman de 2 % sur le patrimoine des fortunes de plus de 100 millions d’euros, ou de créer un « impôt sur les grandes successions » au-delà de 200.000 euros.

Le parti envisage également d’abroger la réforme Borne sur les retraites et de maintenir un régime par « répartition », avec « une durée de cotisation fixée à 43 annuités, réductible en fonction de la pénibilité » et « des carrières hachées », ainsi qu’un « âge légal de départ ramené à 62 ans » qui ne constituera « pas le critère central du système ».

Un vote avant l’été

Ce projet, qui vise à définir le socialisme du XXIe siècle, doit encore être étoffé par les militants, qui disposent de six semaines pour amender le contenu en vue d’un vote avant l’été. Bien que tous les courants du PS aient été impliqués dans la rédaction, les opposants à Olivier Faure ont exprimé, mardi soir lors d’un bureau national, leur mécontentement quant à la présentation de ce projet à la presse avant même la consultation des militants.

Le texte s’articule autour de la notion de liberté, que le PS souhaite « reprendre à la droite et l’extrême droite », qui l’ont « défigurée », selon Chloé Ridel. Il part du constat que le modèle de la social-démocratie, qui « a permis des progrès sociaux considérables mais n’a jamais pris en compte les limites planétaires, n’a pas effacé les inégalités entre les femmes et les hommes ni les discriminations racistes, et s’est progressivement fissuré sous l’effet de la mondialisation libérale », « doit être dépassé ».

Le projet vise également à répondre à Jean-Luc Mélenchon, « qui voudrait opposer ce qui serait une ancienne France à ce qui serait une nouvelle France », a indiqué Chloé Ridel. Le PS souhaite plutôt « réconcilier les Français » par « des politiques de justice radicales en matière de fiscalité, de réforme démocratique, de lutte contre le racisme, l’antisémitisme et l’islamophobie, pour les services publics, pour les transports », a-t-elle précisé.