Trump prolonge sine die la trêve avec l’Iran.
Donald Trump a prolongé sine die le cessez-le-feu avec l’Iran, affirmant que la République islamique « s’effondre financièrement » en raison du blocage du détroit d’Ormuz. Une frappe israélienne dans l’est du Liban a fait mercredi un mort et deux blessés, selon l’agence officielle libanaise ANI.
Donald Trump a prolongé indéfiniment le cessez-le-feu avec l’Iran pour permettre aux Iraniens de poursuivre les négociations de paix, affirmant mercredi que la République islamique « s’effondre financièrement » en raison du blocage du détroit stratégique d’Ormuz.
Bien que l’Iran n’ait pas immédiatement confirmé cette prolongation, un porte-conteneur a été touché mercredi par des tirs iraniens au large d’Oman, entraînant des dégâts sans faire de victimes, selon l’agence de sécurité maritime britannique UKMTO. Un cargo quittant l’Iran a également été stoppé par des tirs, sans indication de dommages ou de blessés.
Le président américain, qui avait initialement évoqué la fin de la trêve, entrée en vigueur le 8 avril, pour mercredi soir, heure de Washington, a finalement annoncé son extension à la demande des médiateurs pakistanais. Il a précisé que ce prolongement se poursuivrait jusqu’à ce que « l’Iran présente une proposition et que les discussions soient conclues, d’une manière ou d’une autre » pour obtenir une résolution durable au conflit, déclenché par une attaque israélo-américaine contre l’Iran.
La guerre a causé des milliers de morts, principalement en Iran et au Liban, et a des répercussions chaque jour plus lourdes sur l’économie mondiale. M. Trump a mentionné dans un message sur Truth Social des divisions au sein du pouvoir iranien, estimant que « l’Iran s’effondre financièrement » à cause du blocus par l’Iran du détroit d’Ormuz, une route maritime stratégique pour le transport mondial d’hydrocarbures.
Les États-Unis maintiendront leur côté le blocus des ports iraniens, a-t-il promis. Le secrétaire général de l’ONU, Antonio Guterres, a salué l’annonce de Donald Trump sur le cessez-le-feu, considérant cela comme une « avancée importante vers la désescalade ». Le Premier ministre pakistanais Shehbaz Sharif a exprimé l’espoir que les deux parties parviennent à conclure un « accord de paix » lors du deuxième cycle de négociations prévu à Islamabad, après une première session le 11 avril.
Le vice-président américain JD Vance, qui était censé repartir pour le Pakistan pour des négociations, est resté aux États-Unis mardi, selon la Maison Blanche. De son côté, l’Iran a refusé d’envoyer une délégation à Islamabad, exigeant la fin du blocus américain de ses ports, « un acte de guerre » selon le ministre iranien des Affaires étrangères, Abbas Araghchi. Téhéran a également menacé de reprendre les frappes en direction des pays du Golfe, ce qui mettrait encore plus en péril l’approvisionnement pétrolier mondial.
« Si leur territoire et leurs installations sont mis au service des ennemis pour attaquer la nation iranienne, ils peuvent dire adieu à la production pétrolière au Moyen-Orient », ont averti les Gardiens de la Révolution, l’armée idéologique de l’Iran.
Le ministre américain des Finances, Scott Bessent, a estimé mardi soir sur X que « d’ici quelques jours, les sites de stockage sur l’île de Kharg (point névralgique de l’industrie pétrolière iranienne) seront saturés et les fragiles puits de pétrole iranien seront fermés ».
Les prix du pétrole, qui ont augmenté de manière significative depuis le début du conflit, se sont stabilisés mercredi en Asie, après l’annonce de la prolongation du cessez-le-feu. Mercredi et jeudi, le Royaume-Uni doit accueillir des militaires d’une trentaine de pays pour discuter de la formation d’une mission dirigée par le Royaume-Uni et la France afin de protéger la navigation dans le détroit d’Ormuz.
À Téhéran, où les principaux aéroports ont rouvert lundi après plusieurs semaines, la vie reprend son cours. Mobina Rasoulian, une étudiante de 19 ans, apprécie le répit offert par la trêve. « Je suis sortie sans me stresser (…) je suis allée dans les cafés, restaurants, ici et là », a raconté la jeune femme, rencontrée par l’AFP dans une rue de la capitale. Cependant, pour Saghar, 39 ans, interrogée depuis Paris, « il n’y a pas de lumière au bout du tunnel ». Elle ajoute que « la situation économique est horrible » et que le pouvoir arrête des gens « pour rien. Les exécutions se multiplient ».
Concernant l’autre front du conflit, de nouvelles discussions directes entre Israël et le Liban sont prévues jeudi à Washington, selon la diplomatie américaine. Un cessez-le-feu de 10 jours est entré en vigueur vendredi entre Israël et le Hezbollah pro-iranien, bien que les deux parties s’accusent mutuellement de le violer. Une frappe israélienne dans l’est du Liban a causé mercredi un mort et deux blessés, selon l’agence officielle libanaise ANI. L’armée israélienne, qui contrôle au Liban une bande de territoire le long de la frontière, a également fait exploser plusieurs maisons à Al-Bayada, dans le sud, selon la même source. Selon le dernier bilan officiel, 2.454 personnes ont été tuées au Liban en six semaines de guerre.

