« Koh-Lanta » : Ulrich, éliminé, estime que la saison n’aurait pas eu de saveur sans lui
Ulrich, candidat de 43 ans et conducteur de cars en Seine-Saint-Denis, a été éliminé de « Koh-Lanta, les reliques du destin » mardi soir après une égalité de votes avec Antonin. Lors de son passage dans l’émission, il a déclaré que « les femmes ne mangent pas autant que les hommes », ce qui a suscité des réactions du public et des interventions de TF1 et de la société de production ALP pour rappeler les « valeurs de respect » de l’émission.

Ulrich, âgé de 43 ans et conducteur de cars en Seine-Saint-Denis, a été éliminé mardi soir de « Koh-Lanta, les reliques du destin » sur TF1. Lors du conseil de la tribu réunifiée, il a reçu le même nombre de votes que son concurrent Antonin. En raison de cette égalité, un tirage au sort a décidé de son sort dans l’émission. Il a ensuite choisi une relique contenant un collier d’immunité qu’il a offert à Jade avant de devenir le premier membre du jury final.
Ce candidat, qui se décrit comme « franc du collier », a suscité des réactions variées au cours de l’aventure. Il a notamment provoqué des réactions sur les réseaux sociaux en critiquant sa coéquipière Clémence après une épreuve et en faisant une controverse en déclarant durant un moment de confort que « les femmes ne mangent pas autant que les hommes ».
Suite à ces échanges sur les réseaux sociaux, TF1 et la société de production ALP ont rappelé les « valeurs de respect » de l’émission, comme l’a rapporté Le Parisien. Ulrich a répondu à nos questions après son élimination.
Avez-vous été surpris par les votes unanimes de l’équipe rouge envers vous ?
Je savais qu’ils allaient tous voter à l’unisson. C’était pareil pour nous. Je n’étais pas non plus surpris que ce soit moi, car forcément, quand on se met autant en avant, on sait qu’il y aura des répercussions. Je pensais qu’ils voteraient un peu plus à la méritocratie, en éliminant d’abord les plus « faibles », entre guillemets. Pour moi, c’est ça l’esprit de « Koh-Lanta ». Je suis donc un peu déçu par rapport à ça. Cela prend sens quand on sait que je commençais à bien m’entendre avec les rouges, etc. Ils ont éliminé celui qui leur faisait le plus peur.
Lors de ce conseil, vous dites en vouloir tout particulièrement à Zakariya, de l’équipe adverse, dont vous étiez proche. Avez-vous compris son vote contre vous avec du recul ?
À chaud, je suis tellement triste de quitter l’aventure que c’est compliqué de faire la part des choses. Avec du recul, oui, bien sûr. Il n’avait pas le choix. À un moment, je dis moi-même qu’on ne choisit pas forcément pour qui on vote et que si je dois voter Zakariya, je le ferais à contrecœur. On ne peut pas lui en vouloir.
Était-ce une erreur stratégique de tenter si tôt de rallier des candidats de l’équipe adverse ?
Stratégique, je ne pense pas, car j’allais à la pêche aux informations, comme tout le monde. C’était quitte ou double. Soit je n’étais pas éliminé en plaçant mes pions, et cela aurait été tout droit pour la suite. Soit ils me voyaient comme une menace et ils mettaient mon nom. Et c’est ce qui s’est passé. Les Daniel et autres ont vite compris que je parlais bien avec Cindy, Zak, Antonin, etc. Ils ont donc commencé à prendre peur en se disant que si on ne me sortait pas maintenant, j’allais causer des dégâts irréparables.
Regrettez-vous de ne pas avoir éliminé votre coéquipier Paul aux ambassadeurs, à la place de Jonathan ?
Mais tellement ! Parfois, je me dis que je suis bête. Mon cœur voulait sortir Paul, mais j’ai commencé à parler statistiques, à me dire qu’il était à 100 % jaune à ce moment-là, alors que Jonathan, on ne savait pas exactement. À la télé, oui, on voit qu’il l’est. Mais nous, on ne le voit pas. Nous sommes sur une île, et lui sur une autre. Je me dis donc que si je sors Paul et que Jonathan rejoint les rouges, cela sera compliqué car cela fera 8 Rouges contre 6 Jaunes. J’ai commencé à parler calcul alors que mon cœur me disait clairement : « Sors Paul, c’est un petit serpent ». Mais au final, je ne l’ai pas fait, cela s’est retourné contre moi. De plus, j’avais dit à Jade que tôt ou tard, il allait nous la mettre à l’envers. Et ça n’a pas tardé.
Depuis le début de la saison, vous êtes un candidat qui fait beaucoup réagir le public. Comment gérez-vous cette notoriété sur les réseaux sociaux et peut-être même dans la rue ?
On peut dire que c’est une contre-notoriété sur les réseaux, même s’il n’y a pas que des haters, ce sont eux qu’on met le plus en avant, malheureusement. Je le gère bien. Au début, c’était un peu étrange, car je ne suis pas du tout ce que ces gens-là disent. On ne comprend pas trop mais on se fait une raison. On comprend vite que, quoi qu’on dise ou fasse, ils auront une opinion, leurs avis sur moi. Je ne peux donc pas faire grand-chose. En revanche, dans la rue, c’est génial, car beaucoup de gens me reconnaissent, me demandent des photos, des vidéos, et tout le monde m’apprécie. Entre les réseaux et la rue, c’est tellement différent qu’il y a de quoi devenir schizophrène.
Vous remarquez une telle différence ?
Après, je pense aussi qu’on a tendance malheureusement à se concentrer un peu trop sur les haters, qui font beaucoup de bruit, même s’ils sont très peu, en réalité. Tandis que dans la rue, ce sont toujours des compliments. On me dit que j’ai apporté de l’animation, que la saison aurait été fade sans moi… Je suis sorti le week-end dernier avec mes filles dans un parc d’attractions, et je n’y remettrai plus les pieds car trop de gens sont venus me voir. C’est assez improbable, mais plutôt cool.
Sur les réseaux sociaux, vous avez déclaré avoir « reçu pression de l’état-major » dans une story. Que cela signifie-t-il ?
C’étaient des petits messages subliminaux. Ce n’était rien, c’était personnel, ça n’a rien d’extraordinaire.
Vous n’avez pas été rappelé à l’ordre par la production sur certaines de vos prises de parole ?
C’est la production qui l’a dit dans un communiqué, je crois. Elle a mentionné qu’elle avait rappelé à l’ordre les principaux concernés. Oui, je les ai eus au téléphone, ils m’ont appelé. Mais ce n’était pas méchant. Ils m’ont juste rappelé l’importance de donner une bonne image, ce que je peux totalement comprendre.
Cela vous a-t-il fait réfléchir à l’impact que pouvaient avoir vos propos sur les réseaux sociaux ?
Oui, cela m’a fait prendre conscience de certaines choses. Quand je fais des stories ou autres, je suis dans mon canapé ou dans mon lit, je ne me prends pas la tête. Je suis ce type au fond du bus qui fait des petites stories pour rigoler. Je ne me dis pas que cela va prendre de telles proportions. J’aurais peut-être dû répondre certaines fois, ou à certaines personnes, en privé, plutôt qu’en public. Mais je n’avais pas conscience que quand je faisais une story à 17 heures, elle serait dans les magazines à 19h30.
Dans une vidéo Instagram, Nora, qui était dans votre équipe, évoque des dynamiques sexistes dans « Koh-Lanta », qu’elle considère comme le reflet de la société. Que pensez-vous de cela ?
Je n’y crois pas un seul instant. La société, c’est la société. « Koh-Lanta », c’est « Koh-Lanta ». Dans la société, il y a énormément de choses, de la misogynie, du racisme, etc. Si on vote contre moi dans « Koh-Lanta », ce n’est pas pour autant que je vais dire qu’il y a du racisme, faut arrêter deux minutes. Ce sont deux choses totalement différentes. Si certaines personnes ont voté contre des femmes, que ce soit Nora ou d’autres, c’est une question de compétences. En ce qui me concerne, cela n’a aucun sens, je ne voterai pas pour ou contre une personne parce que c’est une femme ou parce qu’elle est comme ci ou comme ça.
Certains hommes, toujours présents dans l’aventure, se sont ratés sur des épreuves. Vous-même avez pointé du doigt la contre-performance d’Hugo. N’y a-t-il pas tout de même plus d’indulgence envers eux ?
Après, vous voyez ce que vous voulez voir. Par exemple, moi je vois une Clémence qui avait tenu deux secondes pendant l’apnée, pour moi c’était une très grosse contre-performance. Comme Nora qui avait tenu deux secondes sur le poteau lors de la première épreuve. C’est aussi par rapport à ça que j’ai mis leur nom. Quant à Hugo, je voulais mettre son nom, et c’est un homme, jusqu’à preuve du contraire. Sauf que là, c’était stratégique, parce que si je le mettais, je me mettais certains garçons à dos. Je n’allais pas non plus jouer mon « Koh-Lanta » pour prouver que je ne suis pas misogyne et que le genre ne fait aucun débat. J’ai simplement mis celle qui, pour moi, était la moins forte. C’est pour cela que des femmes comme Jade ou Lola n’ont jamais été inquiétées, parce qu’elles étaient très fortes. Pour moi, homme ou femme, c’est la même chose et je ne suis pas dans ce calcul-là.
Qu’a changé « Koh-Lanta » dans votre vie ou dans votre perception des choses ?
Évidemment, il y a des choses basiques, un peu clichées, mais on se rend compte qu’on a de la chance de pouvoir dormir et manger correctement, etc. Dans ma vie quotidienne, ça n’a pas vraiment changé grand-chose, si ce n’est que les gens me reconnaissent. Je me rends compte qu’il y a énormément de gens qui sont comme moi, francs du collier, et qu’il ne faut pas se baser sur ce que disent les réseaux sociaux et leur donner trop d’importance car ce n’est pas la vraie vie.
Et pensez-vous toujours que « les femmes ne mangent pas autant que les hommes », comme vous l’avez dit dans un épisode ?
ChatGPT me l’a confirmé, donc je l’écoute. C’est ma seule réponse ! (rires) Il m’a confirmé que les hommes mangent un peu plus par jour que les femmes donc j’ai envie de le croire.
Vous pensez que ChatGPT est médecin et possède de bonnes sources ?
Pour parler de faits, par exemple, quand on a gagné les épreuves de confort où l’on remportait une entrecôte ou des nuggets, je voyais bien que Jade ne finissait pas son assiette, donc j’ai envie de croire que je n’avais pas totalement tort.
Que retenez-vous de cette aventure ?
Que du positif, c’était incroyable. J’étais très déçu de ne pas avoir été plus loin. Peu importe ce qui se passera dans ma vie, ce ne sera jamais aussi fort que d’avoir fait « Koh-Lanta ». C’est comme aller sur la Lune. Il n’y a pas plus grosses émotions. Ne pas manger pendant tant de jours, vivre une expérience extraordinaire, rencontrer des gens qu’on n’aurait jamais rencontrés, avec qui on doit composer et vivre… Je sais que je ne le revivrai plus, je me suis fait une raison. Je suis très heureux d’avoir réalisé un rêve d’adolescent et très reconnaissant envers la production de m’avoir choisi.

