Une bombe de la Seconde Guerre mondiale détruite en France par explosion.
Un bruit sourd suivi de lourds échos a traversé les rues vidées des habitants de cette commune située à l’ouest de Paris, tandis qu’un drone survolait le site pour inspecter le cratère. L’opération débutée à 10H30 rue des Champarons avait basculé vers un scénario redouté à la mi-journée, entraînant l’évacuation de 1006 personnes vers les cinq centres d’accueil ouverts par les villes de Colombes, Asnières-sur-Seine et Bois-Colombes.
Un bruit sourd, suivi de lourds échos s’étendant sur des centaines de mètres, a résonné dans les rues désertes de cette commune à l’ouest de Paris, alors qu’un drone survolait le site pour inspecter le cratère et garantir la sécurisation des lieux.
L’opération, qui a commencé à 10H30 rue des Champarons, a pris un tournant redouté à la mi-journée.
Les spécialistes du laboratoire central de la préfecture de police (LCPP) ont d’abord tenté de désamorcer manuellement un explosif de 1,06 mètre de long, sans son empennage, et de 33 centimètres de diamètre.
Cette délicate manœuvre n’ayant « malheureusement pas été possible », selon la préfecture de police, les démineurs ont dû enfouir l’explosif.
Des images de l’opération ont montré le vestige métallique rouillé, reposant au fond d’une fosse sableuse, solidement calé par de lourds madriers en bois brut, contre des parois en béton. D’importants travaux de recouvrement ont ensuite été nécessaires pour étouffer le souffle de la détonation.
Peu avant cette annonce confirmant l’échec technique, le préfet des Hauts-de-Seine, Alexandre Brugère, a expliqué devant la presse que les équipes étaient « à l’embranchement des deux scénarios » après avoir réussi à extraire le mur et à positionner la munition dans une fosse de deux mètres de profondeur.
» soit les démineurs parviennent à déminer la bombe, soit nous devrons l’ensevelir et la faire exploser sur place », a résumé le haut fonctionnaire.
Ce revers technique a inévitablement prolongé l’exil forcé de plus d’un millier de riverains évacués depuis l’aube d’un périmètre de 450 mètres de rayon.
Le représentant de l’État a précisé que 1006 personnes avaient été redirigées vers cinq centres d’accueil ouverts par les villes de Colombes, Asnières-sur-Seine et Bois-Colombes. L’évacuation matinale a été « conclue en 3 heures 30 », permettant également la prise en charge de « 67 personnes vulnérables » par les secours.
À l’abri dans ces vastes complexes, les familles ont fait preuve de patience tout au long de la journée. Des employés municipaux ont tenté de rendre l’attente plus agréable en distribuant du café et des biscuits, tandis que certains résidents se distraient avec des jeux d’échecs ou de société.
Les plus jeunes s’occupaient avec des cerceaux et des jeux de construction.
Dans une autre salle aménagée, des lits de camp étaient dressés pour le repos des personnes âgées vulnérables. Le contraste était saisissant avec le reste du complexe sportif, où un jeune homme en blouson noir passait le temps assis contre un pilier, à côté d’un sachet de chips, pendant que d’autres lisaient des bandes dessinées.
« On est obligés de faire avec », a témoigné Bénédicte Dally, une aide-soignante de 38 ans, assise dans un coin du centre en attendant les consignes. « C’est difficile pour nous en plein dimanche, comme ça, où lundi d’autres vont aller travailler », a soufflé cette habitante du secteur évacué.
À l’extérieur, la zone bouclée était devenue une ville fantôme. Les rues barrées étaient complètement désertes en fin de matinée, excepté les voitures de police effectuant des rondes.
Alors que cette zone rouge est restée silencieuse jusqu’à l’explosion, le second périmètre de sécurité, étendu jusqu’à un kilomètre, était en revanche en pleine activité.
Derrière les panneaux jaunes interdisant la circulation, on pouvait voir le ballet continu des véhicules de la Croix-Rouge, de la Protection civile, des sapeurs-pompiers et de la gendarmerie.
Près de 800 agents sécurisent cette zone densément peuplée de la banlieue parisienne, surveillée également par des moyens aériens afin de prévenir les cambriolages d’opportunité.
La circulation routière et le trafic de six lignes de bus RATP restent coupés.
Une heure après l’explosion, les riverains ont enfin pu regagner leurs domiciles.
La neutralisation de ce type de vestiges dans des zones urbaines denses rappelle la paralysie subie par la gare du Nord à Paris en mars 2025, suite à la découverte d’une bombe de 500 kilos, qui avait nécessité l’évacuation d’écoles et de riverains, sous la surveillance de 300 policiers.

