L’iPhone 4, le smartphone jamais égalé d’Apple.
L’iPhone 4 a été présenté il y a 16 ans, après qu’un prototype a été trouvé et vendu à Gizmodo. Ce modèle est aujourd’hui considéré comme « obsolète » par Apple et a été marqué par le scandale « Antennagate » qui a conduit Steve Jobs à tenir une conférence de presse pour minimiser le problème.

L’histoire de l’iPhone 4 commence avec fracas il y a exactement 16 ans. Près de deux mois avant sa présentation officielle, un ingénieur d’Apple a oublié un prototype dans un restaurant en Allemand de Redwood City, en Californie. L’appareil a été retrouvé puis vendu aux journalistes de Gizmodo, qui se sont empressés de le dévoiler au monde il y a 16 ans, jour pour jour.
Ce révélateur événement médiatique a mis à mal l’un des plus grands talents de Steve Jobs : l’art de la révélation spectaculaire. À cette époque, l’industrie technologique se contentait de présenter des fiches techniques peu engageantes ou d’annoncer des produits des mois avant leur disponibilité. Jobs, de son côté, gardait ses innovations sous une cloche de verre opaque, les dévoilant tel un magicien, donnant ainsi l’impression au public d’assister à l’invention du futur en temps réel. La fuite de Gizmodo a brisé ce mythe, entraînant des perquisitions policières et des enquêtes judiciaires, et écartant Apple de l’effet de surprise lors de son lancement.
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« Antennagate » et le mystère du modèle blanc
La vie tumultueuse de l’iPhone 4, désormais considéré comme « obsolète » par Apple, ne s’est pas arrêtée à sa sortie. Rapidement après son lancement, la presse et les utilisateurs ont constaté un problème majeur : tenir le téléphone d’une certaine manière, en recouvrant la bande métallique, provoquait une chute du signal réseau aboutissant à des coupures d’appels. C’est ainsi que le terme « Antennagate » est né, devenant sans doute le plus grand scandale matériel de l’histoire de la marque.
La tempête médiatique fut d’une telle ampleur que Steve Jobs a dû écourter ses vacances en famille pour tenir une conférence de presse d’urgence. Visiblement mécontent, le PDG a d’abord minimisé le problème, affirmant que toutes les téléphones perdaient le signal selon la manière dont ils étaient tenus, et que l’algorithme d’affichage des « barres » de réseau d’iOS était simplement défaillant. Cependant, face à la pression, Apple a finalement proposé une coque « Bumper » à tous les acheteurs pour isoler l’antenne. C’est dans le cadre de cette crise que Jobs a proféré sa célèbre réplique à un utilisateur se plaignant du problème : « Évitez simplement de le tenir comme ça. »

Un autre scandale, souvent oublié aujourd’hui, a impacté ce modèle : le mystère de l’iPhone 4 blanc. Présenté en grande pompe avec la version noire, ce modèle a été retardé à plusieurs reprises. Il n’est sorti ni en juin, ni en juillet, ni même en 2010.
Cette vraie arlésienne technologique n’a finalement été lancée qu’en avril 2011, soit dix mois après son annonce. Une situation inconcevable pour l’Apple d’aujourd’hui.
Un design intemporel qui continue de dicter les règles
Cependant, l’iPhone 4 ne se limite pas à ses mésaventures, bien au contraire. C’est avec ce modèle qu’Apple a réalisé un tournant historique aux États-Unis en mettant fin à l’exclusivité de l’opérateur AT&T pour s’élargir à Verizon, permettant ainsi à des millions de nouveaux utilisateurs de se procurer le smartphone.
Plus important encore, son héritage réside dans son design. Après les formes arrondies du premier iPhone et les coques en plastique des iPhone 3G et 3GS, l’iPhone 4 a imposé une esthétique novatrice : des bords plats entourés d’une bande d’aluminium, et des faces avant et arrière en verre parfaitement lisses. Cette ligne directrice a sublimé les iPhone 5 et 5S, avant de faire son retour avec la série des iPhone 12. Seize ans plus tard, les contours de l’iPhone 17 Pro s’en inspirent encore largement. L’iPhone 4 demeure indéniablement un monument dans l’histoire de la téléphonie.

