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Indonésie : « Forts soupçons » sur la responsabilité de soldats dans la mort de 12 civils

La Commission nationale des droits de l’homme d’Indonésie a déclaré ce dimanche enquêter sur la mort par balle de douze civils, dont des enfants, lors d’une opération militaire menée dans la province de Papouasie. La Papouasie a déclaré son indépendance en 1961, mais l’Indonésie voisine en a pris le contrôle deux ans plus tard.


Les circonstances restent floues. La Commission nationale des droits de l’homme d’Indonésie a annoncé ce dimanche qu’elle enquêtait sur la mort par balle de douze civils, dont des enfants, lors d’une opération militaire réalisée dans la province de Papouasie, où se trouvent des séparatistes.

La Commission, désignée sous l’acronyme Komnas HAM, a rapporté que ces personnes avaient succombé à leurs blessures lors d’une « opération de maintien de l’ordre » effectuée mardi par les forces armées contre le groupe séparatiste TPNPB-OPM dans le village de Kembru, situé au centre de la Papouasie, province à l’extrémité est de l’Indonésie. D’autres personnes ont également été blessées. La présidente de la Komnas HAM, Anis Hidayah, a déclaré à l’AFP que l’organisation « mène l’enquête », tout en soulignant que des « forts soupçons » pèsent sur la responsabilité des soldats indonésiens.

Quatre rebelles auraient été « neutralisés » selon l’armée. Dans une déclaration omettant de mentionner les décès, le porte-parole de l’armée, Aulia Dwi Nasrullah, a affirmé que quatre combattants rebelles avaient été « neutralisés » à Kembru. Dans ce communiqué, il a précisé que les forces armées examinaient des informations concernant un enfant décédé des suites de blessures par balle dans un autre village, tout en assurant qu’il « n’y avait aucune implication » des troupes indonésiennes dans cet incident.

La Commission avait estimé, dans un communiqué diffusé hier, que « toute forme d’attaque contre des civils, qu’elle se produise en situation de guerre ou non, et qu’elle soit perpétrée par des acteurs étatiques ou non, constitue une violation des Droits de l’homme et du droit international humanitaire ».

La situation géopolitique est complexe en Papouasie, qui partage l’île de Nouvelle-Guinée avec l’État indépendant de la Papouasie-Nouvelle-Guinée, situé au nord de l’Australie. Ancienne colonie néerlandaise, la Papouasie a proclamé son indépendance en 1961, mais l’Indonésie a pris le contrôle de cette région deux ans plus tard, promettant un référendum.

Ce référendum a abouti à un vote en faveur du maintien au sein de l’Indonésie, qui avait alors été approuvé par les Nations unies, mais ce scrutin est largement considéré comme une imposture. Les militants indépendantistes papous critiquent régulièrement ce vote et réclament de nouvelles élections, que Jakarta rejette.