Belgique

Crise dans l’édition française : 300 auteurs réclament une « clause de conscience » après Grasset

Les signataires, parmi lesquels figurent Leïla Slimani, Hervé Le Tellier et Gaël Faye, réclament une extension de la clause de conscience pour rétablir un équilibre entre la liberté d’entreprendre et la liberté de ne pas servir ce que l’on réprouve. Environ 170 écrivains ont décidé de refuser de publier de nouveaux livres chez Grasset après le départ d’Olivier Nora, qu’ils imputent à Vincent Bolloré.


« Il est temps de poser une limite. Cette limite a un nom : la clause de conscience. Elle existe pour les journalistes. Elle doit être étendue, non pour fragiliser les entreprises, mais pour rétablir un équilibre élémentaire entre la liberté d’entreprendre et la liberté de ne pas servir ce que l’on réprouve », déclarent les signataires. Parmi eux se trouvent des auteurs de plusieurs maisons d’édition, tels que Leïla Slimani (Gallimard), Hervé Le Tellier (Gallimard), Maylis de Kerangal (Verticales), ainsi que des figures emblématiques de Grasset comme Gaël Faye ou Bernard Henri-Lévy, sans oublier des lauréats récents du prix Goncourt, comme Jean-Baptiste Andréa. Selon les signataires, « le licenciement par Vincent Bolloré du PDG des éditions Grasset, Olivier Nora, est le révélateur d’une évolution à laquelle notre droit ne sait pas faire face ». Ils ajoutent : « Le groupe dont relèvent Hachette et Grasset forme désormais un ensemble cohérent de médias, d’éditeurs et de plateformes dont l’orientation idéologique est identifiée dans le débat public. Cette évolution assumée ne trouve aucune traduction dans le droit du travail ni dans celui des auteurs ».

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Selon eux, tout un secteur, des communicants aux libraires en passant par les salariés, est concerné : « Le droit français n’a rien prévu pour eux. Il leur dit d’accepter ou de partir. Partir, c’est renoncer à des années d’ancienneté, à des droits, à une stabilité parfois construite sur des décennies. Rester, c’est consentir à une forme de dissonance morale », affirment-ils. Environ 170 écrivains ont secoué cette semaine le monde habituellement réservé de l’édition en prenant la décision inédite de ne pas publier de nouveaux ouvrages chez Grasset après le départ d’Olivier Nora, attribué par de nombreux auteurs à Vincent Bolloré, l’homme d’affaires conservateur qui contrôle Hachette, le leader du secteur en France et maison-mère de Grasset. Dans une lettre ouverte, ils ont dénoncé « une atteinte inacceptable à l’indépendance éditoriale » de cette prestigieuse maison.