Belgique

Une nouvelle loi sur les médias en Hongrie, « un signal pour l’UE »

Après 16 années de pouvoir, Viktor Orbán a exprimé que « chaque Hongrois mérite des médias de service public qui diffusent la vérité » lors d’une interview le mercredi. Peter Magyar, le futur Premier ministre hongrois, a déclaré que « le peuple hongrois » n’avait pas voté « pour un simple changement de gouvernement, mais pour un changement de régime complet. »


Après 16 années au pouvoir pendant lesquelles Viktor Orbán a pris le contrôle des médias, la Hongrie s’apprête à entrer dans une nouvelle ère. « Chaque Hongrois mérite des médias de service public qui diffusent la vérité », a-t-il déclaré ce mercredi lors d’une interview à la radio nationale Kossuth Radio.

« Le fait qu’ils prennent à bras-le-corps ce sujet est plutôt une très bonne nouvelle », a expliqué Julie Majerczak, représentante de Reporters sans frontières auprès de l’Union européenne.

« Il est nécessaire de prendre des mesures rapides et décisives pour rétablir l’indépendance des médias, notamment ceux du service public qui ont été complètement instrumentalisés et sont devenus un organe de propagande sous Viktor Orbán. Il est essentiel que Peter Magyar entame un dialogue sur l’application du règlement européen, l’European Media Freedom Act (EMFA, en vigueur depuis août 2025) avec la Commission européenne, afin de garantir que les réformes soient conformes à cette nouvelle législation européenne. Ces réformes doivent également être pérennes et garantir la liberté de la presse, le pluralisme et l’indépendance des médias hongrois. »

## Remonter au classement de la liberté de la presse ?

« Nous, on n’évalue pas les intentions. Il nous faut derrière des actes. »

Selon le site d’information Index, c’est la première fois depuis un an et demi que Peter Magyar est invité sur une chaîne de télévision publique. Pendant la campagne, il a presque été entièrement ignoré par les médias nationaux, tandis que les meetings du Premier ministre Viktor Orbán étaient diffusés en direct.

Est-il possible de voir le pays remonter au classement de la liberté de la presse ? Pour 2026, il est déjà trop tard, mais il reste à voir pour l’année prochaine, comme l’explique Julie Majerczak : « Nous, on n’évalue pas les intentions. Il nous faut des actes derrière. Un geste fort que pourrait faire Peter Magyar serait de retirer la plainte déposée par Viktor Orbán contre l’European Freedom Act devant la Cour de Justice de l’Union européenne. La Hongrie était le seul État de l’Union européenne à avoir voté contre ce règlement et à avoir également saisi la justice européenne. »

## Un changement de régime complet

« Le peuple hongrois n’a pas voté pour un simple changement de gouvernement, mais pour un changement de régime complet. »

Peter Magyar, le futur Premier ministre hongrois âgé de 45 ans, a également estimé que « le peuple hongrois » n’avait pas voté « pour un simple changement de gouvernement, mais pour un changement de régime complet. »

Avec sa victoire écrasante, le futur Premier ministre et son parti vont pouvoir mettre en œuvre les réformes plus facilement. « Nous venons d’assister aux derniers jours d’une machine de propagande. Après la formation du gouvernement Tisza, nous suspendrons les services d’information des médias ‘publics’ jusqu’à ce que leur caractère de service public soit rétabli », a déclaré Peter Magyar.

Parmi les changements, le futur Premier ministre promet d’adopter une nouvelle loi sur les médias : « Nous aurons besoin de temps pour établir une nouvelle autorité de régulation des médias et créer les conditions professionnelles permettant aux médias d’État de remplir réellement leur mission », a ajouté Peter Magyar.

« Cela montre que la liberté de la presse aujourd’hui est vraiment clé. Nous observons que la démocratie est mise à mal, même dans les États membres de l’Union européenne, bien que ce ne soit pas d’une ampleur comparable à d’autres régions du monde. Néanmoins, il y a une véritable détérioration. Et pourtant, la liberté de la presse est la clé de voûte de la démocratie. Si les citoyens ne sont pas informés de manière fiable, la démocratie ne peut pas fonctionner correctement », insiste Julie Majerczak.

Le fait que le nouveau gouvernement hongrois prenne immédiatement en main ce sujet est « effectivement une excellente nouvelle. C’est un signe positif et évidemment un signal pour les autres pays de l’Union européenne », conclut la représentante de Reporters sans frontières auprès de l’UE.