Belgique

Malgré des pommes de terre à zéro euro, les agriculteurs replantent.

En 2025, près de 45.000 hectares ont été consacrés à la culture de la pomme de terre. Selon Amaury Poncelet, « on va planter des surfaces similaires » malgré la chute des marchés et le manque d’alternatives.


En 2025, environ 45 000 hectares ont été dédiés à la culture de la pomme de terre. Cette année est un record, mais elle pèse actuellement sur le marché. Les hangars débordent encore des récoltes de l’année précédente et les prix de vente ont chuté, parfois atteignant des niveaux alarmants pour la rentabilité.

Dans ce contexte, une interrogation se pose : faut-il continuer à produire autant ?

### Des décisions prises en amont

En agriculture, il est compliqué de s’adapter à la dernière minute. Les choix sur les cultures se font plusieurs mois à l’avance. Dès l’été précédent, les agriculteurs ont organisé leurs plantations et préparé les terres.

Autrement dit, revenir en arrière est presque impossible.

En Hesbaye, l’agriculteur Amaury Poncelet confirme cette réalité : « Oui, on va planter des surfaces similaires. Les marchés se sont effondrés tard et on manque d’alternatives dans les cultures de printemps. On n’a pas de culture de repli dans la région. »

Baudouin Dewulf, responsable de la coopérative Société du Terroir de Geer, qui commercialise environ 16 000 tonnes de pommes de terre, partage la même constatation : « L’agriculteur doit penser à long terme. Dès le mois d’août, l’emblavement est prévu pour l’année suivante, donc c’est difficile de faire marche arrière. »

### Des prix en chute et des coûts en hausse

Au-delà de la pomme de terre, c’est tout le secteur agricole qui subit une pression. Les prix de nombreuses cultures sont en baisse alors que les coûts continuent d’augmenter. « On est déçu des prix du marché. La chute ne concerne pas uniquement la pomme de terre. Toutes les cultures souffrent, en volume et en prix. Et avec la guerre, les prix des engrais augmentent. La situation est très compliquée. »