France

Punaises de lit : un insecticide interdit depuis 2013 continue de tuer.

Un insecticide interdit en France, le « Sniper 1000 », a causé quatre intoxications mortelles, selon l’Anses, qui évoque un « important trafic » principalement en Ile-de-France. Plus de 206 cas d’intoxication liés à ce produit ont été recensés par les Centres antipoison entre 2018 et juin 2023, avec un nombre total de 351 intoxications notées entre début 2023 et fin 2025.


Mieux vaut ne pas céder à la tentation, même en cas d’exaspération. Un insecticide interdit en France, destiné à éliminer les punaises de lit et les cafards, continue de circuler et de causer des intoxications. Le « Sniper 1000 » est à l’origine d’un « nombre croissant d’intoxications », dont quatre ont été mortelles, selon l’Anses qui évoque un « important trafic », notamment en Ile-de-France.

Le dichlorvos, principal composé biocide du « Sniper 1000 », était auparavant utilisé pour le traitement des insectes dans les habitations, les entrepôts, les cultures et les élevages. Toutefois, ce produit est interdit depuis 2013 en France et dans l’Union européenne en raison de sa forte toxicité, comme le rappelle l’agence dans son bulletin de vigilance, publié lundi. Malgré cela, le « Sniper 1000 » est vendu « illégalement sur des marchés, dans des bazars ou sur Internet » et continue d’être employé contre les punaises de lit et les cafards, en dépit des saisies régulières et des alertes des autorités sanitaires.

Le nombre de cas d’intoxications liés à ce produit a explosé. Plus de 206 cas ont été signalés par les Centres antipoison entre 2018 et juin 2023. Ces intoxications peuvent être graves et présentent des symptômes respiratoires, digestifs, neurologiques ou neuromusculaires, pouvant aller jusqu’à provoquer la mort, selon l’Agence nationale de sécurité sanitaire de l’alimentation, de l’environnement et du travail.

Entre début 2023 et fin 2025, le nombre de cas a fortement augmenté, atteignant 351 intoxications sur trois ans, dont 60 % concernaient des femmes. Bien que la plupart des cas soient bénins, un sur dix était de gravité moyenne et quatre cas ont entraîné des décès. Le « Sniper 1000 », principalement importé d’Afrique subsaharienne, fait l’objet d’un trafic important en Ile-de-France, qui s’étend maintenant à d’autres grandes villes de France. Près de 70 % des expositions ont eu lieu en Ile-de-France, avec plus de 20 % dans le seul département de la Seine-Saint-Denis, où le produit avait été acheté principalement sur des marchés ou dans des bazars.

Contrairement aux bilans précédents, le produit est désormais présent sur l’ensemble du territoire, avec des intoxications rapportées à Marseille, Limoges, Lyon et en Outre-mer. Parmi les 351 intoxications recensées, 255 étaient liées à l’utilisation du « Sniper 1000 » contre des nuisibles au domicile, 39 à une ingestion accidentelle par un enfant, et 32 à une ingestion volontaire dans un but suicidaire.

Étant donné que les punaises de lit résistent aujourd’hui à « la quasi-totalité des insecticides en vente libre », l’Anses recommande de solliciter un professionnel certifié si l’infestation persiste.