Mouton et viandes rouges : Pas assez de mesures durables.
Les prix des moutons pour l’Aïd 2025/2026 varieront entre 1.000 et 1.500 dinars. Le manque de viandes rouges dans le pays est principalement dû à une baisse de la production nationale, victime de la sécheresse persistante qui réduit les pâturages et augmente les coûts des fourrages.
«Les prix des moutons pour l’Aïd 2025/2026 varieront entre 1.000 et 1.500 dinars. C’est une question d’offre et de demande. Cette hausse est attribuée à la sécheresse, au manque de cheptel, et au coût élevé des aliments pour bétail. Des initiatives, comme à El Ouardia, proposent des moutons au poids pour réguler le prix de vente.»
Cette annonce s’est répandue rapidement. Alors que des solutions sont recherchées, comme l’importation de viande congelée et de bêtes vivantes, environ trois mille moutons seront vendus au poids à El Ouardia, ce qui pourrait avantager ceux qui n’attendaient que cela. La flambée des prix pourrait rendre la quête d’un mouton moins cher extrêmement difficile.
Comment peut-on agir ainsi alors que la situation est déjà complexe ? Certains responsables, censés œuvrer au développement de la filière, à encourager l’élevage et à reconstituer un cheptel affaibli par la sécheresse d’il y a deux à trois ans, ont négligé cette situation. Le dossier de la société «Ellouhoum» résume parfaitement ces comportements.
En réalité, les quelques milliers de moutons issus de Roumanie ne résoudront pas le problème. Ni les trois mille bêtes mises en vente au kilo, ni l’importation de viande congelée ne réglera ce dossier. Ces interventions ponctuelles sont peu efficaces. Nous sommes loin d’une solution pérenne et risquons de revenir à la même situation dans un an, puisque aucun projet n’est en cours. Il n’y a que des idées, des promesses et une grave léthargie, dans un contexte pourtant crucial.
Le manque de viandes rouges bovines et ovines pourrait également menacer les viandes blanches, désormais essentielles à la consommation des ménages. Ce secteur pourra-t-il tenir ? C’est possible, mais des mesures doivent être prises. Les récentes intempéries ont causé des dégâts importants, et les producteurs, notamment ceux de Nabeul, ont subi de lourdes pertes.
Dans le secteur de l’élevage, rien n’est acquis et des précautions sérieuses sont nécessaires. Les autorités ont probablement pris des mesures d’urgence. Les routes sont surveillées et la chaîne de distribution est renforcée par les services de contrôle économique et sécuritaire afin de protéger les consommateurs.
Cela indique que nous pourrions faire face à une «année blanche». Le mouton pourrait devenir inabordable, alors que ces animaux sont généralement vendus à des prix raisonnables par les éleveurs. Cependant, dès qu’ils passent entre les mains des intermédiaires, une chaîne organisée favorise la spéculation, alliant hausse des prix dans les boucheries.
Cette flambée des prix a été signalée précédemment, et ce cartel, conscient des limites des mesures prises, maintient la pression, entraînant la situation actuelle que vivent les consommateurs.
Une inquiétude persistante touche les familles qui ne savent plus comment faire face. Certaines n’ont pas célébré la fête du sacrifice depuis des années.
Les responsables se contentent de répéter que le manque de viandes rouges dans le pays provient principalement d’une baisse de la production nationale, affectée par la sécheresse persistante qui réduit les pâturages et augmente les coûts des fourrages. Certes, il faut du temps pour reconstituer les pâturages, mais il semble qu’un organisme ait été mis en place pour gérer la question des fourrages. Où en est-il ?
Ce secteur reste dépendant des importations de céréales et de soja pour l’alimentation animale, dont les prix sont élevés, rendant l’élevage peu rentable. De plus, même les jeunes qui s’orientent vers l’agriculture ne sont pas attirés par un domaine flou, dont la rentabilité est mise en doute en raison du manque d’action et de moyens incitatifs.
Le cheptel a subi les effets dévastateurs de la sécheresse, des vols, et l’acheminement clandestin d’une partie importante vers l’étranger, bouleversant complètement sa structure.
Cette situation s’est aggravée du fait de l’absence de soutien aux éleveurs. La hausse des coûts de la main-d’œuvre et des problèmes structurels découragent désormais la prise en charge de ce secteur.
En tout état de cause, tant qu’il n’y aura pas de responsabilisation, il n’y aura pas de résultats, et l’année prochaine, nous serons de nouveau confrontés à la même problématique. L’élevage comporte un ensemble de choix : le choix de l’espèce, qui doit impérativement s’adapter au pays. Selon les spécialistes, il serait nécessaire d’importer environ un million de brebis et de les placer dans des zones adaptées, afin de ne pas générer des coûts supplémentaires. Faute de quoi, il faudra sacrifier ces animaux avant qu’ils ne meurent.
Il faudrait choisir les lieux et régions les plus appropriés pour garantir le succès de ce repeuplement. Quelle politique appliquera-t-on une fois le projet opérationnel ? Qui garantira la pérennité du futur cheptel ? Serait-ce les bouchers, source de spéculation, et qui ont déjà causé de nombreux troubles ? Ou la société «Ellouhoum», créée pour cette tâche et qui a échoué à sa mission ?
Un cheptel ovin revitalisé ne se limite pas à fournir aux consommateurs un mouton pour l’Aïd ou de la viande pendant le mois de Ramadan.
Reconstituer le cheptel bovin pour la viande et le lait n’est pas une tâche facile. Cela nécessite des fonds, une volonté politique et des personnes capables d’imposer la politique choisie pour gérer sérieusement ce secteur vital.
L’élevage est véritablement une activité agricole et industrielle, avec un potentiel d’exportation de produits finis, mettant en valeur les denrées alimentaires du pays.
Nous sommes encore loin de cette réalité, et nous ne pourrons en discuter sérieusement que lorsque nous prendrons réellement en main ce domaine d’une importance capitale.
Cela confirme que les mesures ponctuelles n’apportent pas de solutions durables. Nous ne voulons pas simplement recevoir un poisson, mais apprendre à pêcher.

