Procès « DZ Mafia » : chaos et suspension à Aix, insultes en prime
Le procès du double assassinat de l’hôtel F1, survenu en 2019 à Plan-de-Campagne, près de Marseille, a connu une suspension d’audience en raison d’une altercation dans la salle de la cour d’assises d’Aix-en-Provence. La témoin, l’ex-compagne de Farid Tir, a affirmé qu’au moment de sa mort, en 2019, elle et Farid Tir « n’étaient pas proches ».
La tension a atteint un nouveau seuil dans le procès du double assassinat survenu à l’hôtel F1 en 2019 à Plan-de-Campagne, près de Marseille. L’audience a été suspendue en début de soirée suite à une altercation survenue dans la salle de la cour d’assises d’Aix-en-Provence, où les débats se déroulent avec difficulté depuis le 23 mars.
L’escalade de tension a commencé par un échange de regards suivi d’insultes entre un membre de la partie civile et le box des accusés, où se trouvent Zaineddine Ahamada, Adrien Faure, Karim Harrat, dit « Le Rant », Amine Oualane, surnommé « Mamine » et Gabriel Ory, connu sous le nom de « Gaby ». Tous sont soupçonnés d’être impliqués dans la mort de Farid Tir et de son ami Mohamed Amine Bendjaghlouli, tués dans un contexte de narcotrafic. Certains sont présentés par les autorités comme étant devenus des cadres de la DZ Mafia.
Alors que la présidente annonçait une suspension d’audience pour apaiser la situation, celle-ci a rapidement échappé à tout contrôle. Dans la confusion, des insultes ont été proférées depuis le box à l’encontre de la partie civile, des avocates de celle-ci, ainsi que des avocats de la défense. Face à cette agitation, la salle a été évacuée rapidement. Il a ensuite été annoncé que l’audience reprendrait vendredi matin. Le public a pu récupérer ses effets personnels dans une salle désormais vide.
Quelques heures plus tôt, une témoin, l’ex-compagne de la victime Farid Tir, s’était présentée spontanément dans la salle, accompagnée de son avocate, pour être entendue. La veille, son absence à la barre, justifiée par des certificats médicaux, avait déclenché une série d’incidents entre la défense et la cour. Cela avait même conduit à une demande de récusation d’un magistrat et à un renvoi du procès, rejetée jeudi matin.
Affichant une minerve et un bras en attelle, suite à un accident de voiture survenu en janvier, elle a évoqué ses relations avec son ancien compagnon, père de son fils. Au moment de la mort de Farid Tir, en 2019, elle a indiqué qu’ils étaient séparés depuis trois ans et a souligné qu’ils « n’étaient pas proches ».
Lorsque entendue plus de dix jours après les faits, elle avait affirmé qu’elle « savait » que « ça venait » de Gaby, soit Gabriel Ory, et de Karim Harrat, dit le Rant, mentionnant également un troisième individu. Des rumeurs de l’époque, a-t-elle expliqué à la barre sept ans plus tard. « Sur Marseille ça parle beaucoup, des noms circulaient. »
Elle a affirmé ne connaître ni Driss Oualane, ni aucun des accusés présents. Face aux questions de la défense, elle s’est montrée réticente, évoquant ses liens avec son ex-mari, sa connaissance des activités présumées de narcotrafiquant de ce dernier, ainsi que de sa vie sentimentale. « Vous êtes en train de vous étaler », a rétorqué la témoin, répétant plusieurs fois qu’elle ne souhaitait plus répondre.
Cette nouvelle suspension, dans une ambiance très tendue, survient à la veille de la date prévue pour la fin du procès, qui prend du retard en raison de divers incidents. « On est à deux jours de la fin du procès et on ne connaît toujours pas la date de naissance de Karim Harrat », a notamment déclaré Me Miceli, avocate de Zaineddine Ahamada, mercredi.

