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PSG – Liverpool : « Nous étions en mode survie »… Les Reds ont-ils déshonoré leur passé ?

En 2022, au moment de l’annonce de l’arrivée de Christophe Galtier comme entraîneur du Paris Saint-Germain, Eric Blanc a déclaré sur La chaîne L’Equipe : « Le PSG, on peut le comparer à la Paramount, on m’annonce Mission Impossible, le retour avec Daniel Craig, Tom Cruise et Brad Pitt et là, j’arrive, c’est Dany Boon. » Lors du quart de finale aller de Ligue des champions, Liverpool a perdu contre le PSG sur le score de 2-0.

Au Parc des Princes,

Il est important de reconnaître les mérites de chacun. En 2022, au moment de l’annonce de l’arrivée de Christophe Galtier comme entraîneur du Paris Saint-Germain, notre confrère Eric Blanc, sur La chaîne L’Équipe, avait déclaré avec une éloquence digne des plus grands orateurs de notre époque : « Le PSG, on peut le comparer à la Paramount, on m’annonce Mission Impossible, le retour avec Daniel Craig, Tom Cruise et Brad Pitt et là, j’arrive, c’est Dany Boon. »

Si l’on remplace le PSG par Liverpool sous la direction d’Arne Slot, cette tirade aurait tout autant de force quatre ans plus tard. En effet, le match des Reds en quart de finale aller de Ligue des champions, mercredi contre le PSG (défaite 2-0), relevait d’une comédie de mauvais goût. Pire encore que Bad Buzz, le film réalisé par Eric et Quentin en 2017, qui a obtenu la pire note sur Allo Ciné (0,85/5). Cela témoigne du match catastrophique enregistré par Hugo Ekitike, habituellement brillant en sélection, et ses coéquipiers.

Pas de système magique

Sur le papier, le nom de Liverpool, troisième club le plus titré de la compétition, devrait impressionner n’importe quel acteur sur la scène européenne, évoquant les souvenirs de Kenny Dalglish, Ian Rush, Graeme Souness, Steven Gerrard ou Fernando Torres. Pourtant, il n’en est rien. On pourrait penser qu’un an après leur dernier titre de champion d’Angleterre, les Reds sont devenus fades, jouant le rôle de victimes expiatoires face à une équipe qui a remporté son premier titre européen l’année précédente.

Perdre contre l’équipe parisienne n’a rien d’infamant, surtout en cette période où le pollen chatouille les narines, mais subir une telle défaite, en se comportant comme une équipe relègable de Ligue 1 attendant simplement que le temps s’écoule, n’est pas à la hauteur de l’histoire du club de la Mersey. Déjà l’année dernière, Liverpool avait souffert en huitième de finale, mais s’était imposé miraculeusement avec un but dans les dernières minutes (0-1).

Cette fois, il n’y a pas eu de miracle. La cause en revient notamment à un système inhabituel à cinq défenseurs, déjà inefficace avant même le quart d’heure de jeu, où aucun joueur des Reds n’a semblé à l’aise. Arne Slot, l’entraîneur des champions d’Angleterre en titre, a tenté de justifier sa stratégie en conférence de presse :

« Avez-vous déjà vu une équipe adopter ici une tactique qui n’ait pas permis au PSG de dominer constamment et de se créer occasion après occasion ? Si nous avions essayé de jouer avec de vrais ailiers, à quoi cela aurait-il ressemblé face à Hakimi et Nuno Mendes, qui sont des menaces offensives incroyables ? J’ai regardé de nombreux matchs et le schéma était toujours le même. Ils ont dominé presque tous les adversaires qu’ils ont affrontés ici. »

Pas une minute de jeu pour Salah

« Presque », ce qui implique que certains ont effectivement réussi à le faire. Cependant, pour inquiéter le PSG, il aurait fallu établir d’autres tactiques que des lancers de touches à la Rory Delap époque Stoke City ou des coups franc sur la ligne médiane tirés directement dans la surface pour tenter de toucher par miracle Virgil Van Dijk ou Ibrahima Konaté… En dehors d’une volée non cadrée de Jeremie Frimpong, Paris n’a jamais vraiment été mis en difficulté sur les rares « incursions » anglaises.

Le dépit des joueurs de Liverpool à Paris, mercredi soir.
Le dépit des joueurs de Liverpool à Paris, mercredi soir. - Aurelien Morissard/AP/SIPA

Il est donc difficile de créer une menace au Parc lorsque deux de vos principales forces offensives (Cody Gakpo et Mohamed Salah) sont sur le banc. Si le Néerlandais, avec Alexander Isak, est entré à un petit quart d’heure de la fin, l’Égyptien n’a pas joué une seule minute face au PSG, sans aucune blessure ni problème de comportement. C’était simplement une décision technique d’Arne Slot, qui a tenté d’expliquer cette choix après le match, mais sans réellement convaincre l’audience :

« Je pense qu’en fin de match, on était plus en mode survie que d’avoir une chance de marquer. Mo a tellement de qualités et le faire défendre dans sa propre surface pendant vingt ou vingt-cinq minutes… Je pense qu’il vaut mieux qu’il économise son énergie pour les nombreux matchs qui nous attendent dans les semaines à venir. »

En difficulté en championnat, avec cinq points de retard sur la quatrième place et poursuivis par plusieurs équipes, les Reds admettent avoir déjà les yeux rivés sur leur match de Premier League ce week-end, symbole de ce déclassement total. « Il faut vite se remettre en selle, et Fulham nous attend aussi », a déclaré le capitaine Virgil Van Dijk en zone mixte.

Les Parisiens aveugles ?

Lorsque les Parisiens ont été interrogés sur le niveau affiché par les Reds lors de ce quart de finale aller, ils ont semblé presque compatissants, à l’image de Warren Zaïre-Emery, qui a réalisé une prestation remarquable au milieu : « Vous savez, c’est assez dur de venir au Parc et de jouer avec notre pressing. » Luis Enrique, quant à lui, s’est montré élogieux envers son adversaire du soir : « Je pense qu’on a fait un très bon match face à un adversaire de très haut niveau. Ça a été très difficile contre la meilleure équipe d’Europe. Ils ont montré que physiquement et techniquement, ils sont une équipe très forte. »

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Il était peu probable que l’ancien entraîneur du Barça se montre critique envers les Reds, mais affirmer qu’il s’agit de la « meilleure équipe d’Europe », cela semble excessif. À moins que Luis Enrique ne vive dans le passé, comme beaucoup d’autres lorsqu’il s’agit d’évoquer Liverpool. Présent au Parc des Princes en tant que consultant pour TNT Sports, la légende Steven Gerrard a dû se dire à plusieurs reprises que « oui, c’était mieux avant ». Reste à savoir si, pour une fois, cela pourra s’améliorer, peut-être dans une semaine par exemple. Ce qui semble certain, c’est que cela sera compliqué.