Tunisie

Clôture en apothéose de la 8e édition du Festival International les Solistes

La 8e édition du Festival international Les Solistes s’est déroulée du 2 février au 29 mars. Environ 350 jeunes musiciens ont participé aux stages et aux ateliers, accompagnés par des artistes chevronnés tels que Nader Abbassi et Marcel Khalifé.

La 8e édition du Festival international Les Solistes s’est tenue cette année du 2 février au 29 mars. Après une série d’ateliers, de concerts et le concours final, la cérémonie de clôture a révélé les lauréats, en présence de nombreux artistes, journalistes et diplomates.

La Presse — L’association Les Solistes, fidèle à ses valeurs et ses traditions, continue de repérer de nouveaux talents prometteurs. En mettant l’accent sur leur détermination et leur créativité, elle leur offre un encadrement conforme aux normes internationales et favorise leur intégration professionnelle. Plusieurs artistes tunisiens et internationaux renommés ont participé à ce programme en tant que formateurs, encourageant ainsi les échanges et l’ouverture aux pratiques musicales mondiales.

Cette édition récente s’est déroulée en collaboration avec l’Institut supérieur de musique de Tunis, la Municipalité de Mégrine et l’Institut musical Arabesque de Médenine. Elle a accueilli des invités prestigieux, artistes et pédagogues, parmi lesquels les chefs d’orchestre Nader Abbassi, Lubnan Baalabki et Mehdi Lougraïda, le célèbre chanteur Marcel Khalifé et le maître du qanoun de renommée mondiale Göksel Baktagir.

Ces artistes expérimentés ont encadré environ 350 jeunes musiciens venant de plusieurs régions du pays lors des stages et des ateliers touchant à différentes spécialités. Au-delà de l’apprentissage individuel, l’objectif final est de contribuer au développement de la musique nationale et d’en renforcer la visibilité à l’international.

Des concours ont également été organisés, englobant le chant arabe et occidental, la direction d’orchestre et diverses spécialités instrumentales, comme le piano, le violon, la guitare et le oud… Les lauréats ont reçu des prix financiers allant de 500 à 1.500 dinars, ainsi que des cadeaux fournis par les partenaires du festival et les ambassades de Suisse, d’Autriche et de Turquie.

Une particularité à noter cette année est que toutes les candidatures pour la direction d’orchestre étaient féminines. Le président du jury était le célèbre chef d’orchestre et compositeur égyptien Nader Abbassi. Ancien directeur artistique et chef principal de l’orchestre de l’Opéra du Caire, il est surtout connu pour avoir dirigé, en 2021, le United Philharmonic Orchestra & Choir lors de la parade des 22 momies royales du Caire.

Une cérémonie de clôture de haut niveau

Le concert d’ouverture a eu lieu à la Maison de la culture de Médenine le 23 mars 2026. Le spectacle de clôture s’est tenu le 29 mars au Centre culturel et sportif de Ben Arous. Il a comporté plusieurs performances musicales et la remise des prix aux lauréats des concours. Huit ambassadeurs étaient présents : ceux d’Égypte, de Turquie, de Suisse, d’Autriche, d’Irak, du Portugal, du Venezuela et de Cuba, soulignant l’importance diplomatique et culturelle de l’événement.

Le programme a commencé avec un retard significatif. Des problèmes administratifs liés aux autorisations ont été évoqués sur place, sans plus de précisions. Une partie du programme initialement prévu a donc dû être annulée, y compris la pièce de Mozart avec laquelle le concert devait commencer.

Les jeunes musiciens prometteurs de l’Orchestre philharmonique Les Solistes ont partagé la scène avec des musiciens plus âgés et plus expérimentés, formant un ensemble apparemment hétérogène, mais dont l’exécution est d’une grande harmonie. L’orchestre a été dirigé à tour de rôle par le maestro Achref Bettibi et son invité Mehdi Lougraida.

L’association Les Solistes misant sur les jeunes talents, le premier morceau joué a été «Wachaj» de Ghalia Ben Halima. L’oudiste, devenue compositrice reconnue à seulement 17 ans, se produit sur toutes les scènes, à travers une série de concerts variés. Des applaudissements chaleureux ont salué cette création récemment enregistrée au studio de la Radio nationale.

L’artiste iranienne Avin Ahmadi a ensuite pris la scène. La jeune chanteuse et compositrice, connue en Autriche, où elle réside, et ailleurs, pour sa musique inspirée des traditions iraniennes, a séduit le public par la douceur de sa voix et la délicatesse de son jeu au oud. À travers sa performance, elle a fait découvrir un univers musical à la fois intime et ouvert sur le monde, qui définit son identité artistique unique.

Dans une quête d’excellence, l’Orchestre philharmonique Les Solistes a invité Göksel Baktagir. Virtuose du qanoun, il s’est distingué par une carrière impressionnante au cours de laquelle il a développé des techniques de jeu innovantes. Il a composé plusieurs centaines d’œuvres vocales et instrumentales, dont beaucoup sont devenues des classiques à la Radio-Télévision turque.

Son répertoire excède la musique traditionnelle turque et confère à cet instrument une grande richesse expressive. Le jeu de Göksel Baktagir a été accueilli par de longs applaudissements. Son intervention a sans doute été d’un grand bénéfice, tant pour les jeunes musiciens qu’il a encadrés que pour le public qui a pu découvrir la subtilité de son art.

Un des moments forts de la soirée fut l’interprétation du «Concerto Al Andalus» de Marcel Khalifé. Cette œuvre mêle des morceaux traditionnels emblématiques du répertoire arabe et andalou, agrémentés d’arrangements orchestraux et de oud. Les spectateurs ont reconnu ces airs familiers et se sont laissés emporter par la magie et l’intensité de l’interprétation de l’Orchestre philharmonique Les Solistes et de ses invités.

Le concert s’est terminé par la prestation tant attendue de Marcel Khalifé. Agé de 76 ans, cet artiste, qui a marqué plusieurs générations par sa musique engagée, a offert une interprétation magistrale de ses chansons intemporelles. Un medley comprenant, entre autres, «Andak bahria», «Inni ikhtartouka ye watani» et «Montassiba l kamati amchi» a suscité de vives acclamations.

Il a ensuite demandé au public de l’accompagner au chant pour «Fel bali oghniaton», une chanson qu’il a composée sur un texte de Mahmoud Derwiche. Le public, connaissant les paroles par cœur, s’est joint à Marcel Khalifé, créant un moment de communion et de partage inoubliable.

Un hommage lui a été rendu par la suite, en reconnaissance de son apport artistique exceptionnel et de son parcours musical impressionnant. D’ailleurs, il a également accompagné l’Orchestre philharmonique Les Solistes lors du Festival Najaa El fan qui s’est déroulé à Douz en octobre dernier. La soirée s’est poursuivie avec la remise des prix aux lauréats.

Il convient de rappeler que l’association Les Solistes organise tout au long de l’année des concerts mettant en avant de jeunes musiciens, souvent aux côtés d’invités de renom, leur offrant ainsi l’occasion de se produire devant un large public et de développer leur expérience scénique.

Parmi ces jeunes figurent les cheffes d’orchestre Isra Ben Slimane et Chaima Ajailia, qui se sont également illustrées en remportant cette catégorie.