Guerre au Moyen-Orient : Manifestants et police réunis dans un abri à Tel-Aviv
Ce samedi soir, une manifestation antiguerre organisée à Tel-Aviv a été interrompue par des sirènes d’alerte signalant un tir vers Israël. Plus d’un millier de personnes ont manifesté sur la place Habima pour dénoncer le cycle de violences et défendre la fin des guerres au Moyen-Orient.

C’est finalement les sirènes d’alerte qui ont mis fin, ce samedi soir, à une manifestation antiguerre à Tel-Aviv, plutôt que l’intervention de la police israélienne. Un manifestant a qualifié cette situation de « paradoxale et triste ».
La scène était surréaliste : après une heure de confrontations entre les manifestants et les forces de sécurité israéliennes, tous se sont abrités dans un vaste parking, servant de refuge, en attendant la fin de l’alerte annonçant un tir vers Israël.
Une manifestation contre la politique belliqueuse d’Israël
Avant le déclenchement de la sirène, plus d’un millier de personnes s’étaient rassemblées sur la place Habima de Tel-Aviv, lançant des slogans tels que « Arrêtez les guerres sans fin ! » et dénonçant le « cycle de violences et de conflits » qui dure depuis près de trois ans.
Depuis l’attaque lancée fin février par Israël et les États-Unis contre l’Iran, le Moyen-Orient est en guerre. Israël est également engagé sur un autre front au Liban, face au Hezbollah, allié de Téhéran.
« Nous sommes ici pour exiger la fin de la guerre en Iran, la fin de la guerre au Liban, de la guerre à Gaza qui persiste, et la fin des pogroms en Cisjordanie », où les attaques de colons juifs contre les Palestiniens se multiplient, a déclaré Alon-Lee Green, co-directeur de Standing Together, un groupe israélo-palestinien organisateur de la manifestation.
Un mouvement antiguerre en expansion
Il a exprimé sa satisfaction quant à l’augmentation du nombre de participants, plus d’un millier selon lui, contre 300 à 400 la semaine précédente, affirmant que le mouvement antiguerre se développait à l’échelle nationale.
Bien que la majorité de la population continue d’apporter un soutien très important à la guerre contre l’Iran, qui a débuté fin février, un sondage de l’Institut israélien de la démocratie (IDI) montre que ce soutien diminue lentement, passant de 93 % parmi les Israéliens juifs dans les deux premières semaines à 78 % à la fin mars.
« Ne bombardez pas ! Discutez ! », « Fin des conneries de Bibi » (surnom du Premier ministre Benyamin Netanyahou), étaient visibles sur les pancartes brandies par les manifestants rassemblés sur la place Habima, au cœur de Tel-Aviv.
Une dizaine de personnes arrêtées
La police avait limité la mobilisation à 150 personnes, invoquant des raisons de sécurité liées à la guerre, et a rapidement tenté de disperser les manifestants. Certains criaient « Fascistes ! », tandis que d’autres scandaient « Démocratie ! Démocratie ! ».
Une dizaine de personnes ont été arrêtées et embarquées dans un bus, selon les constatations de l’AFP.
Cependant, bien que les protestataires estiment leur nombre en hausse lors des manifestations hebdomadaires, l’ambiance reste majoritairement pessimiste parmi les opposants à la guerre.
« Ça fait des années que je manifeste et que je vois la descente aux enfers de ce pays », a confié Edouard (nom de famille non divulgué), un Franco-israélien, qui considère que ses compatriotes subissent un « lavage de cerveau ».
Il appelle à des « sanctions » de la part des pays européens. « Je suis israélien, j’en paierai le prix, mais je pense que c’est la chose à faire », a-t-il ajouté.
Dans une déclaration vidéo diffusée ce samedi soir, Benyamin Netanyahou a promis de poursuivre sa campagne militaire contre l’Iran.

