Objectif Lune : les astronautes d’Artémis atteignent le mi-parcours
Les quatre astronautes de la mission Artemis 2 de la Nasa continuent de se rapprocher de la Lune, ayant parcouru plus de 219.000 kilomètres. La mission vise à préparer un alunissage en 2028, avant la date fixée par leurs rivaux chinois pour marcher sur la Lune.
Les quatre astronautes de la mission Artemis 2 de la NASA ont déjà parcouru plus de la moitié du chemin entre la Terre et la Lune. Ils continuent ce samedi à s’approcher de l’astre qu’ils survoleront en début de semaine prochaine. C’est une première depuis 1972 !
Plus de 219.000 kilomètres parcourus
« Nous sommes à mi-chemin », a annoncé la NASA, les données de suivi du vaisseau Orion le montrant vers 04h00 GMT à plus de 219.000 km de la Terre. À son bord, les Américains Christina Koch, Victor Glover et Reid Wiseman, ainsi que le Canadien Jeremy Hansen, sont les premiers êtres humains à s’aventurer aussi loin dans l’espace depuis la fin du programme Apollo il y a plus de cinquante ans. Leur odyssée est retransmise en direct par la NASA et documentée par les astronautes, qui ont emporté avec eux des smartphones et des appareils photo.
Leurs premières images de la Terre, incluant des vues devant le Soleil, ont été dévoilées vendredi par l’agence spatiale américaine. « Nous voyons notre petite bille bleue à travers les yeux de l’équipage, et soudain, nous nous retrouvons là-haut avec eux », a commenté une responsable de la NASA.
Une première depuis 50 ans
Après un décollage réussi de Floride mercredi, l’équipage a effectué jeudi la grande poussée nécessaire pour sortir de l’orbite terrestre et a pris la direction de la Lune. « On est tous scotchés aux fenêtres », a confié Jeremy Hansen à ce moment-là. « Rien ne peut vous préparer à l’émotion qui vous saisit » à cet instant, a ajouté sa collègue Christina Koch.
Depuis cinquante ans, aucun être humain n’avait observé la Terre de si loin, l’exploration humaine étant limitée depuis la fin du programme Apollo aux environs immédiats de la Terre, principalement à la Station spatiale internationale (ISS), située à environ 400 kilomètres d’altitude. La Lune est, quant à elle, environ 1.000 fois plus loin et il faudra plusieurs jours aux astronautes pour l’atteindre. Ils ne s’y poseront pas, mais feront le tour et passeront derrière sa face cachée lundi avant de revenir sur Terre le 10 avril.
Au cours de ce voyage, l’équipage, qui est le premier d’un vol lunaire à inclure une femme, une personne de couleur et un non-Américain, établira un record en devenant les êtres humains à s’être aventurés le plus loin dans l’espace.
Orion : Un premier vol habité
Leur trajectoire est qualifiée de « retour libre », signifiant qu’elle a été conçue pour que le vaisseau soit attiré par la Lune avant d’être naturellement ramené vers la Terre. Il s’agit d’un calcul astucieux, mais contraignant, car cela rend tout retour en arrière impossible, Orion devant atteindre la Lune avant de pouvoir revenir. En cas de problème majeur, les astronautes devront renfiler leurs combinaisons, conçues pour garantir leur survie pendant six jours.
Bien que la NASA ait tenté de se préparer à toutes les éventualités, des imprévus pourraient survenir, car il s’agit du premier vol habité du vaisseau Orion.
« Il est important de garder cela en tête à mesure que nous apprenons un peu plus chaque jour » sur le vaisseau, a souligné vendredi Lakiesha Hawkins, une haute responsable de l’agence.
Toutefois, la mission semble se dérouler très bien jusqu’à présent, note Clayton Swope, du Centre d’études stratégiques et internationales (CSIS), auprès de l’AFP. « Si les seuls problèmes dont on parle concernent Microsoft Outlook et les toilettes, c’est une victoire », a-t-il déclaré, en référence aux tracas techniques de messagerie et de plomberie rapportés par les astronautes.
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Préparer les futures missions vers Mars
La mission Artemis 2 a pour objectif de s’assurer que tout est en ordre pour permettre un retour des Américains sur la surface lunaire, afin, cette fois, d’y établir une base lunaire et de préparer de futures missions vers Mars. La NASA projette un alunissage en 2028, soit avant la fin du mandat de Donald Trump et la date fixée par leurs rivaux chinois pour marcher sur la Lune. Cependant, les experts s’attendent à de nouveaux retards, les alunisseurs étant toujours en développement par les entreprises des milliardaires Elon Musk et Jeff Bezos.

De plus, un tel projet est extrêmement complexe, a rappelé depuis l’espace le commandant Reid Wiseman. « Envoyer quatre personnes à 400.000 kilomètres de distance est un exploit herculéen, et nous commençons seulement à en prendre la mesure ».

