« C’est un cancer » : le sénateur américain s’oppose aux voitures chinoises.
Le prix moyen d’une voiture électrique neuve frôle désormais les 50 000 dollars, soit l’équivalent de 43 000 euros. En janvier 2025, une réglementation bloquera l’accès au marché américain à tout constructeur automobile chinois, au nom « de la sécurité nationale et des risques liés à la collecte de données ».

Le marché américain des voitures électriques vit un moment que l’on pourrait qualifier de « paradoxal ». D’une part, les prix s’envolent : le prix moyen d’une voiture électrique neuve approche désormais les 50 000 dollars, équivalant à 43 000 euros. D’autre part, des fabricants chinois proposent des modèles attractifs à des prix nettement inférieurs, avec des batteries et des technologies intégrées qui peuvent parfois faire ombre à celles de leurs concurrents occidentaux.
D’après un sondage récent, de nombreux consommateurs américains seraient ouverts à l’idée d’acheter un véhicule d’une marque chinoise, séduits par le rapport qualité/prix. Cependant, cette tendance ne semble pas plaire du tout au législateur américain, et Washington paraît déterminé à empêcher cela.
Quand la politique veut prendre le volant
L’administration Biden a déjà posé les bases de cette situation : en janvier 2025, une régulation interdira l’accès au marché américain à tout constructeur automobile chinois, au nom de « la sécurité nationale et des risques liés à la collecte de données ».
Le sénateur républicain Bernie Moreno a l’intention d’aller beaucoup plus loin. Il a annoncé son intention de soumettre un projet de loi qui élargirait considérablement cette interdiction : matériel, logiciel, partenariats, etc. Tous les liens avec l’industrie automobile chinoise seraient visés. « Il n’y aura pas une seule automobile chinoise ici », a-t-il déclaré lors d’un forum automobile en marge du Salon de New York, comme le rapporte l’agence de presse Reuters.
Pour appuyer sa position, il a comparé les constructeurs chinois à Huawei, l’entreprise de smartphones exclue des États-Unis, qualifiant leur éventuelle présence de « cancer » pour le pays.
À lire aussi :
Huawei et l’embargo des États-Unis : on a résumé quatre années rocambolesques
L’ambassade de Chine à Washington a rapidement réagi, dénonçant ce qu’elle considère comme du « protectionnisme typique » et une forme de coercition économique contraire aux principes de la concurrence.
Sécurité nationale ou protection de l’industrie locale ?
La sécurité semble toutefois être un argument pratique. Les véhicules modernes fonctionnent comme de véritables ordinateurs : caméras, capteurs, données de déplacement, accès à des réseaux. Des interrogations peuvent légitimement exister sur ce que des appareils d’origine étrangère pourraient capter et transmettre.

Cependant, un contexte géopolitique est également à prendre en compte dans les déclarations de ce sénateur américain.
La doctrine « America First » de l’administration Trump, son soutien affirmé à l’industrie automobile nationale, ainsi que les pressions exercées par Detroit (berceau de l’automobile américaine) influencent tous cette réalité.
Au final, c’est encore et toujours le client qui règlera l’addition
En essence, la question fondamentale est la suivante : qui bénéficie de cette politique, et qui en subit le coût ?
La concurrence est l’un des principaux moteurs de l’innovation et de la réduction des prix. Lorsque la concurrence est limitée (pour des raisons justifiées ou non, cela peu importe), c’est généralement l’acheteur final qui en pâtit.
Un marché américain hermétiquement fermé aux marques chinoises ne poussera pas nécessairement Ford ou General Motors à innover plus rapidement ou à diminuer leurs marges. Il les protègera simplement d’une pression qu’ils n’ont, pour l’instant, pas à affronter.
À court terme, les Américains continueront à acquérir leurs véhicules électriques à des prix élevés. Et peut-être est-ce là le résultat recherché, surtout que l’administration Trump ne semble pas pressée de promouvoir une transition énergétique dans le secteur des transports. Cela se traduit notamment par l’arrêt, il y a quelques mois, des subventions pour les voitures électriques aux États-Unis, ce qui a logiquement entraîné une chute des ventes.

