Tunisie

Global Financial Centres Index :Pourquoi la Tunisie n’y figure-t-elle pas ?

La Tunisie ne figure dans aucune des éditions récentes du Global Financial Centres Index (GFCI), le classement semestriel des centres financiers mondiaux. Selon l’édition la plus récente, la GFCI 39 publiée en mars 2026, New York, Londres et Hong Kong occupent les trois premières places du classement.


La Tunisie ne figure dans aucune des récentes éditions du Global Financial Centres Index (GFCI), le classement semestriel des centres financiers mondiaux élaboré par le think tank britannique Z/Yen en collaboration avec le China Development Institute. Cette absence, tant à l’échelle mondiale que continentale, soulève des interrogations sur l’intégration de la place financière tunisienne dans l’économie globale.

Le Global Financial Centres Index évalue la compétitivité de 120 centres financiers à travers le monde en se basant sur un vaste ensemble de facteurs quantitatifs et qualitatifs. Dans l’édition la plus récente, la GFCI 39 publiée en mars 2026, New York, Londres et Hong Kong occupent les trois premières places, suivis de Singapour, San Francisco, Shanghai, Dubaï, Séoul, Shenzhen et Tokyo, qui complètent le top 10 des centres financiers mondiaux. Cet indice combine des données provenant de plus de 29 000 évaluations recueillies via questionnaire en ligne auprès de professionnels du secteur financier avec des indicateurs publiés par des institutions internationales telles que la Banque mondiale, l’Organisation de coopération et de développement économiques (OCDE) et l’Economist Intelligence Unit. Ces données sont analysées pour mesurer la compétitivité d’un centre financier selon des critères tels que l’environnement des affaires, l’accès aux marchés, la qualité des infrastructures, le capital humain et la réputation du centre.

À l’échelle mondiale, New York et Londres occupent les premières places depuis plusieurs éditions, ce qui témoigne de la profondeur de leurs marchés financiers, de leur attractivité pour les investisseurs internationaux et de la qualité de leurs écosystèmes financiers. D’autres métropoles américaines et asiatiques font régulièrement partie du top 20, ce qui atteste de la dispersion croissante du pouvoir financier au-delà des traditionnels hubs européens.

Sur le continent africain, plusieurs villes apparaissent dans le classement du GFCI, témoignant de leur dynamisme financier régional. Dubaï et Abu Dhabi dominent souvent la région Moyen-Orient et Afrique, suivis par des places émergentes comme l’île Maurice et Casablanca Finance City, qui se classent respectivement autour des positions 50-60 selon les éditions précédentes.

L’absence de la Tunisie dans le classement principal du GFCI, même aux échelons les plus bas, illustre les difficultés persistantes du pays à développer une place financière intégrée et compétitive. Contrairement à certains de ses voisins régionaux, aucune ville tunisienne ne figure parmi les 120 principaux centres évalués. Cette omission peut être attribuée à plusieurs facteurs structurels, incluant la profondeur limitée du marché financier tunisien, la faible liquidité des instruments boursiers locaux, l’absence d’un écosystème financier international attrayant pour les capitaux étrangers et un environnement réglementaire souvent perçu comme peu favorable aux investissements majeurs.

Les analystes financiers soulignent que pour qu’un centre financier soit présent dans le GFCI, il ne suffit pas d’exister : il faut également démontrer une capacité à attirer des flux de capitaux internationaux, des institutions financières mondiales, des services bancaires sophistiqués et un environnement réglementaire stable et prévisible. Ces dimensions sont intégrées dans les critères d’évaluation du GFCI et contribuent en grande partie au classement des hubs mondiaux dominants.