Bank Al-Maghrib ne change pas son taux directeur par prudence.
Le Conseil de Bank Al-Maghrib a décidé de maintenir inchangé le taux directeur à 2,25 lors de sa réunion trimestrielle du 17 mars 2026. Selon ses estimations, la récolte des trois principales céréales atteindrait 82 millions de quintaux, basée sur une superficie emblavée de 3,9 millions d’hectares.
Le Conseil de Bank Al-Maghrib a décidé de maintenir le taux directeur à 2,25 lors de sa première réunion trimestrielle de l’année 2026, qui s’est tenue mardi 17 mars à Rabat. Cette décision correspond aux attentes de nombreux experts et investisseurs. La question se posait : Bank Al-Maghrib (BAM) choisirait-elle de conserver le même taux ou d’apporter un ajustement ?
Après avoir examiné l’évolution de la conjoncture économique tant nationale qu’internationale ainsi que les prévisions macroéconomiques à moyen terme, le Conseil a jugé approprié de maintenir le taux directeur inchangé, rejoignant ainsi le consensus qui vise à stabiliser ce taux, comme l’avaient anticipé Attijari Global Research (AGR) et BMCE Capital Global Research (BCGR).
Cette décision prend en compte la dynamique soutenue de l’activité économique, des niveaux d’inflation modérés prévus, et la forte incertitude sur les perspectives internationales. Elle intègre également les résultats des stress tests effectués par BAM sur l’économie nationale.
Concernant l’intensification du conflit au Moyen-Orient, qui inquiétait certaines institutions quant à son éventuelle influence sur la décision de BAM, cette dernière a déclaré que « cette guerre ne serait pas sans conséquence à travers, notamment, les canaux des comptes extérieurs, en particulier les cours de l’énergie ». Cependant, selon les évaluations préliminaires de l’institution, « l’impact serait relativement contenu dans le scénario d’un conflit de courte durée, mais pourrait s’avérer plus marqué dans le cas contraire ».
Quoi qu’il en soit, BAM a souligné que « la forte dynamique des secteurs non agricoles, tirée par l’investissement dans les infrastructures économiques et sociales, devrait se poursuivre et la production agricole connaîtrait un rebond notable grâce aux conditions climatiques exceptionnelles des derniers mois ».
Lors de cette session, le Conseil a aussi noté que l’inflation a évolué à des niveaux bas, due à l’amélioration de l’offre de certains produits alimentaires et à la baisse des prix des carburants. Selon ses prévisions, à moyen terme, l’inflation devrait s’accélérer graduellement tout en restant à des niveaux modérés. Elle devrait ainsi rester « quasi stable d’une année à l’autre à 0,8 % en 2026, puis atteindre 1,4 % en 2027 ».
Le Conseil estime en outre que des conditions climatiques très favorables se traduiront par une nette augmentation de la production agricole. Selon des estimations fondées sur une superficie emblavée de 3,9 millions d’hectares, les récoltes des trois principales céréales devraient atteindre 82 millions de quintaux. BAM prévoit donc un rebond de la valeur ajoutée agricole de 14,4 % en 2026, suivi d’un recul de 5,3 % en 2027, sous l’hypothèse d’un retour à une campagne céréalière moyenne.
**La croissance de l’économie nationale devrait se situer à 5,6 % en 2026.**
Selon l’institution, la croissance des activités non agricoles resterait solide, s’établissant autour de 4,5 %, tandis que celle de l’économie nationale devrait atteindre 5,6 % en 2026, avant de ralentir à 3,5 % en 2027.
Enfin, le Conseil s’est engagé à suivre de près la conjoncture interne et externe, notamment les développements au Moyen-Orient et leurs conséquences sur l’activité économique et l’inflation, en se basant sur les données les plus récentes pour fonder ses décisions.
**Alain Bouithy**

