Israël annonce l’élimination du chef de la sécurité iranien.
Israël a affirmé mardi avoir tué Ali Larijani, le chef de la sécurité en Iran, ainsi qu’une autre figure du pouvoir. Au 18e jour de la guerre menée par Israël et les États-Unis contre l’Iran, les cours du pétrole s’envolaient de 5% en Asie.
Israël a déclaré mardi avoir abattu Ali Larijani, le puissant responsable de la sécurité en Iran, ainsi qu’une autre personnalité influente alors que Téhéran a subi une nuit de bombardements intenses. Au 18e jour de la guerre entre Israël et les États-Unis contre l’Iran, les prix du pétrole ont grimpé de 5 % en Asie, en raison de la détérioration des infrastructures énergétiques dans le Golfe et du blocage du détroit d’Ormuz.
Le ministre israélien de la Défense, Israël Katz, a annoncé dans une vidéo l' »élimination » d’Ali Larijani, chef du Conseil suprême de sécurité nationale, et du général Gholamréza Soleimani, commandant de la milice du Bassidj, « l’appareil répressif central de l’Iran ». Lors du premier jour de la guerre, le 28 février, les frappes israélo-américaines avaient tué le guide suprême iranien Ali Khamenei, remplacé depuis par son fils Mojtaba. Ce dernier, bien que décrit comme blessé, n’est toujours pas apparu en public, et la télévision iranienne a diffusé un texte qui lui a été attribué.
En son absence, Ali Larijani est devenu l’un des principaux visages du pouvoir en Iran. Le Bassidj, dirigé par le général Soleimani, est une milice qui recrute principalement des jeunes et fonctionne comme une organisation idéologique au sein de toutes les institutions et strates de la société iranienne. Les habitants de Téhéran ont enduré une nuit éprouvante, marquée par de fortes pluies, des éclairs et des grondements de tonnerre, le tout sur fond de bombardements intenses.
À Bagdad, quatre personnes ont été tuées par des missiles tombés au petit matin dans un quartier huppé abritant, selon des sources des groupes armés pro-Téhéran, des conseillers iraniens. L’ambassade des États-Unis a été attaquée à deux reprises, lundi et mardi. Un journaliste de l’AFP a observé les interceptions de projectiles par la défense antiaérienne, alors qu’un autre engin est tombé sur la représentation diplomatique, provoquant une explosion.
Un projectile a également atteint un hôtel situé dans la même Zone verte, particulièrement protégée. Des drones ont visé en soirée l’un des principaux champs pétroliers du sud de l’Irak, déjà ciblé vendredi dernier. L’Irak se retrouve ainsi entraîné dans un conflit qu’il cherchait à éviter : les groupes pro-iraniens revendiquent quotidiennement des attaques de drones contre des intérêts américains ou des installations pétrolières, et sont à leur tour frappés par des actions américaines ou israéliennes.
La guerre « menace de réduire à néant deux décennies d’efforts (…) pour établir un Irak pleinement souverain, politiquement unifié, économiquement sûr et réintégré au sein du monde arabe », souligne le Soufan Center de New York, spécialisé dans les questions de sécurité.
Dans le Golfe, un journaliste de l’AFP a rapporté avoir entendu plusieurs explosions à Doha après l’annonce des autorités concernant l’interception d’un missile. Une personne a été tuée par des débris d’un missile intercepté à Abou Dhabi, aux Émirats arabes unis. À Dubaï, une alerte téléphonique a conseillé aux habitants de « se mettre immédiatement à l’abri » en raison de « menaces potentielles de missiles ». Trois explosions ont été entendues.
La zone industrielle pétrolière de Fujaïrah, sur la côte est des Émirats, a également été ciblée par des drones, provoquant un incendie selon les autorités. L’Iran a tiré plus de 1.900 missiles et drones sur les Émirats, plus que tout autre pays visé par Téhéran depuis le début du conflit. La République islamique cible des intérêts américains dans le Golfe ainsi que des infrastructures civiles, y compris des monuments, des aéroports, des ports et des installations pétrolières.
L’agence maritime britannique UKMTO a également rapporté qu’un nouveau tanker avait été endommagé par un « projectile inconnu » alors qu’il était à l’ancre dans le golfe d’Oman, près du détroit d’Ormuz. Au Liban, entraîné dans la guerre depuis le 2 mars, des avions israéliens ont bombardé des quartiers de la banlieue sud de Beyrouth, selon l’agence officielle Ani. Le Hezbollah pro-iranien a déclaré avoir attaqué des soldats et des chars israéliens dans plusieurs villages du sud du pays, près de la frontière avec Israël.
Donald Trump a exprimé sa frustration face au peu de succès de son appel à ses alliés pour qu’ils participent à la sécurisation du détroit. « Nous encourageons vivement les autres pays à s’impliquer avec nous (…) et avec beaucoup d’enthousiasme », a-t-il déclaré lundi. Il a également admis être surpris par la réaction iranienne à l’attaque du 28 février, notamment les frappes sur les pays du Golfe. « Personne ne s’y attendait. Nous avons été choqués », a-t-il affirmé. « Les plus grands experts, personne ne pensait qu’ils allaient frapper » dans le Golfe. « C’étaient, je ne dirais pas des pays amis, (…) plutôt des pays neutres ».
Un cinquième du pétrole brut et du gaz naturel liquéfié mondiaux transitent par le détroit d’Ormuz. Le président américain espérait notamment l’aide des pays de l’Otan pour sécuriser cette zone. Cependant, l’Allemagne et la Grande-Bretagne excluent une opération de l’Alliance atlantique, tandis que le Japon et l’Australie, alliés historiques des États-Unis, ont également affirmé ne pas envoyer de navires de guerre.
Mardi, Pékin n’est pas revenu sur la question de la sécurité du détroit, mais a annoncé l’envoi d’aide humanitaire à l’Iran, la Jordanie, le Liban et l’Irak. « La guerre a entraîné une grave catastrophe humanitaire pour les populations de l’Iran et d’autres pays de la région. La Chine exprime sa sympathie et adresse sa compassion aux populations des pays concernés », a déclaré Lin Jian, porte-parole du ministère chinois des Affaires étrangères.

