France – Angleterre : Bielle-Biarrey ou Ramos, faites votre choix
Louis Bielle-Biarrey a inscrit un quadruplé, portant son total d’essais à 9, établissant ainsi un nouveau record de la compétition. Thomas Ramos a réussi à convertir la pénalité décisive à la dernière seconde, permettant aux Bleus de remporter le Tournoi.
De notre envoyé spécial au Stade de France,
Ce dernier match du Tournoi entre la France et l’Angleterre a été un véritable tourbillon d’émotions, se clôturant de manière haletante et spectaculaire pour les Bleus. Il est important de mettre en lumière deux joueurs en particulier. Louis Bielle-Biarrey, qui a réalisé un incroyable quadruplé (9 essais au total, un nouveau record de la compétition), et Thomas Ramos, qui a réussi 100 % de ses coups de pied, marquant la pénalité décisive à la dernière seconde, sont les héros de cette victoire qui leur a permis de remporter le titre. Examinons de plus près leurs performances à travers leurs déclarations et celles de leurs coéquipiers, avant de proposer la fabrication de leur statue.
Le quadruplé de Bielle-Biarrey qui maintient les Bleus en lice
Dès le premier quart d’heure, Louis Bielle-Biarrey, alias LBB, a été exceptionnel. En moins de 15 minutes, il a inscrit les deux premiers essais pour la France. Il a ensuite redonné l’avancée à son équipe dès le début de la seconde période, puis une nouvelle fois à 10 minutes de la fin. À chaque fois, avec un même schéma : les arrières anglais contraints de monter pour stopper la progression des Français, laissant un espace derrière lequel notre « Usain Bolt » a pris de vitesse ses adversaires pour aplatir. Voici les réactions :
Matthieu Jalibert, son quart-arrière favori : « Si tu lui mets le ballon dans l’espace, généralement, c’est le casque rouge qui va marquer (rires). Quand le ballon fait un ou deux rebonds, il est redoutable, c’est toujours lui qui va le récupérer. Sa vitesse est vraiment phénoménale, ça a été un poison pour les Anglais. »
Théo Attissogbe, son coéquipier à l’aile droite : « Franchement, c’est stratosphérique ce qu’il fait. Quatre essais, c’est fou, je suis vraiment heureux de pouvoir jouer à ses côtés. On a presque le même âge [21 ans pour lui, 22 pour LBB], mais forcément, c’est une inspiration pour moi. Ça donne envie de travailler pour se mettre dans sa roue. Pour moi, ça donne envie de travailler pour se mettre dans sa roue. »
Fabien Galthié, son sélectionneur, qui devait être très fort à Pyramide : « Arme fatale, record d’essais, productions incroyablement prolixes. Les qualificatifs sont difficiles à trouver pour parler de lui. Il va sans doute être élu meilleur joueur du Tournoi. Il marche sur les traces d’Antoine [Dupont]. »

Louis Bielle-Biarrey, ravi : « Je sais que sur les ballons de récupération, les mecs aiment bien faire des jeux au pied, surtout quand ils me voient [rires]. Je sais que c’est l’un de mes points forts… J’essaie d’aller le plus vite possible et de marquer. J’ai eu les bons rebonds ce soir [samedi], une fois de plus ! Après, les essais, c’est presque anecdotique. On est des ailiers, on est là pour marquer aussi, c’est notre rôle. Moi, ce qui me plaît, c’est d’aider l’équipe à concrétiser des temps forts ou à transformer des temps faibles en temps forts. Je suis très heureux d’avoir marqué et d’avoir contribué à obtenir ce titre collectif. C’est au-dessus de tout. »
La pénalité de Ramos qui assure la victoire et le Tournoi
« Surtout pas de pression Thomas, mais si tu mets ce coup de pied, on gagne le Tournoi, et si tu le rates, il va nous pleuvoir des critiques pendant des semaines. » Cette phrase n’a évidemment jamais été prononcée, mais elle a dû traverser l’esprit de tous les joueurs (pas forcément avec ces mots) lorsque le Toulousain a posé le ballon sur son tee, pour la toute dernière pénalité du match, à 45-46 en faveur des Anglais. L’arrière des Bleus avait déjà offert la victoire lors du Crunch d’il y a deux ans, dans des conditions similaires. Les enjeux étaient encore plus importants cette fois-ci, et il n’a pas cédé à la pression. Voici les témoignages :
Matthieu Jalibert, porteur de balle : « Je donne le ballon à Thomas et je le vois qui rigole. Je me dis « mais il est complètement fou ce mec » (sourire). Ça résume Thomas, il est plein de confiance et d’expérience aussi dans les moments décisifs. Quand j’ai vu sa réaction, je savais qu’il allait la mettre, c’est un joueur exceptionnel qui a encore montré tout son talent et son courage dans des moments décisifs. »
Théo Attissogbe, grand admirateur : « C’est un joueur fait pour ce genre de moment, il ne tremble pas et quand il se retrouve face aux perches, il manque rarement sa cible. On est très heureux de l’avoir avec nous parce que c’est vraiment une arme fatale. »
Thomas Ramos, loquace : « Ce sont des moments, en tant que buteur, qu’on adore. Parce que l’excitation est à son comble, et voilà… J’ai un peu la redescente, ça me met un peu dans le mou, mais franchement, c’est génial. Ça a mis un peu de temps [avant qu’il puisse s’élancer], nous, on demandait une faute de leur pilier, ça nous aurait donné une meilleure position, 40 mètres face au poteau. L’arbitre nous a dit qu’il y avait deux marques, mais plus ça allait, plus il la décalait à gauche, et en plus Itoje [le capitaine anglais] est venu faire un peu de bluff. J’ai essayé de me désintéresser de tout ça pour rester dans ma bulle et dans ma concentration.
Une fois que Matthieu me donne le ballon et que William Servat m’apporte le tee, je sais ce que j’ai à faire. La seule chose que je me suis dite, c’est de bien traverser le ballon. C’était la 80e, un peu fatigué, je savais que j’avais la puissance pour cette distance, mais surtout, pour réussir un coup de pied à ce moment-là, il ne faut pas le forcer, donc essayer d’être relâché le plus possible.
Je suis très content de toutes les années où j’ai travaillé sur la préparation mentale, où je suis allé m’entraîner avec des jeunes, à faire plein de concours avec eux, je pense que tout cela joue aussi dans des moments comme ça. Plusieurs m’ont dit que je rigolais, il y en a même un qui m’a dit que j’avais dit « yes » avant même de taper. Je regarderai les images, parce que franchement, je ne m’en souviens pas. Louis [Bielle-Biarrey] m’a dit que je lui avais mis deux coups de pied du même endroit en finale du Top 14, alors j’avais intérêt à lui réussir celui-là [sourire]. Il aura forcément une place particulière, il sera dans le top 3, et sûrement pas 3e. »

