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PSG – Chelsea : Paris ne surmonte pas ses faiblesses avec des buts fous

Le PSG a remporté son match contre Chelsea en 8e de finale aller de Ligue des champions avec un score de 5-2, tout en terminant la rencontre avec un « expected goal » de 0,87. Luis Enrique a déclaré que « la résilience définit très bien notre équipe » après la victoire, tout en notant la nécessité de se préparer pour le prochain match à Stamford Bridge.

Au Parc des Princes,

Un grand philosophe a un jour déclaré : « les buts, c’est comme le ketchup. Quand ils arrivent, ils viennent tous en même temps ». Le PSG a pu expérimenter cette théorie de Cristiano Ronaldo en infligeant cinq buts à Chelsea lors du match aller des 8es de finale de Ligue des champions, mercredi soir. Un score (5-2) qui défie toute logique, puisque les Parisiens ont terminé le match avec moins d’un « expected goal » (but attendu), avec un total de 0,87 xG pour être précis.

Cette statistique souligne non seulement les limites de cet indicateur apprécié par les passionnés de football, mais également la difficulté ainsi que la qualité des quatre premiers buts inscrits par les joueurs de Luis Enrique : Barcola (difficile, très beau), Dembélé (très difficile, magistral), Vitinha (moyen/difficile + très beau), Kvaratskhelia (extraordinaire sous tous ses aspects). Seul le dernier but du Géorgien, légèrement aidé par Filip Jorgensen, s’est révélé banal.

Ce chiffre signifie également que le vent a fini par tourner en faveur du Paris Saint-Germain après de nombreux mois de galères et de combats. Même s’il reste un match retour à jouer à Stamford Bridge, les Blues et leur xG de 1,53 doivent maudire le sort de ne pas avoir bénéficié de la bonne étoile dont ont profité les précédents adversaires des Parisiens en C1.

Les trois derniers matchs du PSG en saison régulière

Athletic Bilbao – PSG 0-0 (0,66 – 2,43 xG)

Sporting – PSG : 2-1 (0,89 – 1,42 xG)

PSG – Newcastle : 1-1 (2,42 – 1,05 xG)

Paris dit merci à Jorgensen

Contrairement à Chelsea, Bilbao, le Sporting et Newcastle n’ont pas eu de gardien peu inspiré pour offrir le match sur un plateau aux Parisiens. Auteur de deux dribbles dévastateurs en début de seconde période, Jorgensen pensait avoir pris l’ascendant psychologique sur Bradley Barcola. Cependant, comme Dembélé la saison précédente, l’ancien Lyonnais revenait sans relâche au pressing du premier relanceur. Grâce à cela, l’attaquant a fini par récupérer le ballon sur le but du 3-2, et le gardien danois a bien eu l’air malheureux.

S’il a convenu que ce but « faisait mal », Liam Rosenior a pris le contre-pied de l’approche de son prédécesseur en refusant de blâmer son gardien. « Ce n’est pas le premier à commettre des erreurs, cela fait partie du football, c’est regrettable car nous étions proches de marquer un 3e but. »

Résilient Evil

À deux reprises, le match aurait pu basculer en faveur de Chelsea. Et à deux reprises, le sort a souri au PSG. En première période, un arrêt de Safonov sur une frappe à bout portant se transforme en contre pour Doué, Hakimi et Dembélé, concluant par le but connu. En seconde période, João Pedro pensait avoir marqué le but du 3-3, mais au début de l’action, Pedro Neto était d’un neurone en position de hors-jeu, celui qui lui manquait pour éviter de bousculer un jeune ramasseur de balles en toute fin de rencontre. Deux situations qui, encore une fois, témoignent de la réussite parisienne.

Mais la chance se provoque. Mieux, elle se mérite. Si la soirée parisienne de mercredi avait des airs de 2025, avec un Parc en ébullition et des buts à la pelle, les champions d’Europe ont également traversé des moments de fragilité, que ce soit l’oubli de Malo Gusto sur le premier but anglais ou la perte de concentration de Désiré Doué sur le second marqué par Enzo Fernandez. Leur force a été de se relever pour repartir au combat avec un élan collectif peu commun cette saison, incarné par un contre-pressing particulièrement pesant durant la dernière demi-heure de jeu. « La résilience définit très bien notre équipe, s’est satisfait Luis Enrique après le match. Aujourd’hui, nous avons montré que nous sommes une vraie équipe. »

Et maintenant le plus dur : enchaîner

« C’est vraiment l’un de nos matchs références, parce que nous avons joué de manière compétitive du début à la fin », s’est réjoui Bradley Barcola. Reste à savoir si cela ne sera pas un coup d’éclat isolé. Tous les Parisiens ont beau réfuter l’idée d’un coup de mou physique et mental ces dernières semaines, la difficulté de l’équipe à reproduire ce type de performance en dit long. Les Parisiens ont su annihiler l’OM lors du Classique, mais cinq jours plus tard, ils se sont inclinés à Rennes.

Pour cette fois, cela devrait aller. Paris s’est constitué un matelas confortable de trois buts avant de se rendre à Stamford Bridge. Sans oublier que Nantes a accepté de libérer du temps dans l’agenda ministériel du PSG, permettant à ce dernier de se présenter à Londres dans un état de fraîcheur presque inédit. « C’est important d’avoir une semaine pour se préparer et récupérer les joueurs, a déclaré Enrique. Mais après la trêve internationale, nous allons rencontrer des problèmes car nous aurons moins de jours de repos. » Un problème pour un club toujours en lice en Ligue des champions, que peu d’observateurs avaient envisagé en cette fin de saison pour le PSG.