Paris : Océane Granger condamnée à cinq ans pour avoir rejoint Daesh.
Océane Granger, 31 ans, a été condamnée mardi à cinq ans de prison pour avoir rejoint les rangs de Daesh avec son compagnon Amirouche Belounis, qui a été condamné par défaut à 30 ans de réclusion. Elle est sortie de prison fin mars 2025 sous bracelet électronique, après avoir été incarcérée à son retour en octobre 2022.
Elle a reconnu avoir adhéré au projet du groupe État islamique en tant que mère et épouse. Première des 22 « revenantes » à être jugées cette année devant la cour d’assises spéciale de Paris, Océane Granger, 31 ans, a été condamnée mardi à cinq ans de prison pour avoir rejoint les rangs de Daesh avec son compagnon Amirouche Belounis. Proche de la filière djihadiste parisienne des Buttes-Chaumont, ce dernier, né en 1989 et supposé décédé, était jugé par défaut et a été condamné à 30 ans de réclusion pour association de malfaiteurs terroriste et pour sa participation à une vidéo de propagande du groupe EI diffusée en juin 2016.
En juin 2015, le couple avait quitté la France avec son bébé en suivant un itinéraire atypique grâce à de faux papiers belges fabriqués par la même structure qui fournira des membres des commandos du 13 novembre 2015. Pendant deux jours, la cour a retracé le parcours de cette adolescente issue d’un environnement familial « tendu », marqué par la séparation de son père cordonnier et de sa mère aide à domicile.
Une peine à purger sous bracelet électronique
À sa majorité, la « bonne élève » s’était convertie à l’islam avant de faire la rencontre en ligne d’Amirouche Belounis, un fiché S gravitant autour de la filière djihadiste des Buttes-Chaumont, quartier du nord-est parisien. Ayant combattu en Irak, il serait décédé, tout comme leur fils et leur fille née en 2016 à Raqqa, lors d’un bombardement quelques jours avant la prise de la « capitale du califat » par les forces kurdes.
Océane Granger est restée sur zone jusqu’en 2019 et la chute de Baghouz, le dernier bastion de l’État islamique. Elle a bénéficié du second rapatriement organisé par la France et, incarcérée à son retour en octobre 2022, celle qui aujourd’hui travaille et a repris des études, est sortie de prison fin mars 2025 sous bracelet électronique.
Le reliquat de la peine prononcée mardi, inférieur à deux ans, sera aménagé sous le même régime. Au moment du prononcé du verdict, la cour a souligné « la gravité des faits » et la durée de sa présence sur zone, notamment le fait d’avoir « secondé » son mari et « participé au califat et son idéologie terroriste », tout en mettant en avant « une reconnaissance des faits » et un « réel travail de remise en cause ».

