Antonio Guterres : Justice pour les femmes, essentielle au monde souhaité
António Guterres a affirmé, lundi à New York, que la justice pour la gent féminine doit être « l’un des piliers du monde que nous entendons construire ». D’après l’ONU, les femmes n’ont que 64% des droits légaux dont jouissent les hommes.
À un moment où l’accès des femmes et des filles à la justice reste restreint dans de nombreuses régions du monde, la justice pour les femmes doit être « l’un des piliers du monde que nous souhaitons construire », a déclaré, lundi à New York, António Guterres, le Secrétaire général des Nations unies.
Lors de l’ouverture de la 70ème session de la Commission de la condition de la femme (CSW70), il a souligné que l’égalité est le “fondement du progrès”, comme l’affirment la Déclaration universelle des droits de l’Homme, la Convention sur l’élimination de toutes les formes de discrimination à l’égard des femmes et le Programme d’action de Beijing +30.
Cette année, la Commission met l’accent sur les moyens d’assurer et de renforcer l’accès de toutes les femmes et de toutes les filles à la justice, notamment par la promotion de systèmes juridiques inclusifs et équitables et l’élimination des lois, politiques et pratiques discriminatoires, ainsi que des obstacles structurels. Il est également essentiel de promouvoir la participation pleine et effective des femmes dans les prises de décisions publiques et de lutter contre la violence, dans le but d’atteindre l’égalité des sexes et l’autonomisation.
Se félicitant des avancées réalisées dans le monde pour l’autonomisation des femmes, le Secrétaire général de l’ONU a toutefois signalé l’existence d’obstacles et de lacunes, notamment en matière d’opportunités, d’application des lois et d’accès à la justice.
Selon l’ONU, les femmes possèdent seulement 64% des droits légaux dont disposent les hommes. Ce décalage est un “écart structurel, et non accidentel”, qui limite les perspectives des femmes dans toutes les sociétés, a-t-il déploré.
Pour corriger cette situation, M. Guterres a identifié plusieurs priorités pour favoriser la justice, en commençant par le développement durable. À ses yeux, la justice est le “moteur du développement durable”, en précisant que lorsque les femmes et les filles peuvent revendiquer leurs droits, “c’est toute la société qui progresse”.
En revanche, a-t-il ajouté, lorsque les systèmes judiciaires ne respectent pas leurs obligations envers les femmes, “les inégalités se transforment en pauvreté et le développement s’enlise”.
La justice est aussi le “socle” de la paix et de la sécurité, car, a-t-il soutenu, lorsque les femmes participent réellement aux processus de paix, “les accords durent plus longtemps et les sociétés se rétablissent plus profondément”.
Le troisième domaine d’action vise les droits humains et la dignité humaine. Si les droits des femmes ne sont pas protégés par la justice, “les droits humains de toutes et de tous sont bafoués”, a-t-il expliqué.
Il a par ailleurs qualifié la justice « d’indispensable » à un avenir sûr et inclusif dans le domaine numérique, l’un des secteurs “les plus puissants au monde”, tout en soulignant l’importance croissante de l’intelligence artificielle.

