Sopra Steria défend « I-Police » aux députés après son échec
La société Sopra Steria a reçu près de 76 millions d’euros depuis 2021 pour numériser les processus de la police fédérale et locale. Le parquet de Bruxelles a ouvert une enquête le 27 janvier concernant des soupçons de détournement de fonds publics et de conflits d’intérêts.
La société Sopra Steria est bien connue dans le secteur, ayant participé à des projets comme l’e-box et la carte d’identité électronique.
La phase d’attribution d’i-Police a duré près de cinq ans, marquée par de nombreuses sessions de travail et des démonstrations. « Tous les choix technologiques ont été validés par la police en connaissance de cause », a déclaré Régis Roba, CEO de Sopra Steria Belux. Entre 2021 et fin 2023, la mise en œuvre du projet commence véritablement à avancer.
« L’idée que rien n’a été délivré ne correspond pas à la réalité », a expliqué M. Roba, en faisant référence aux réalisations effectuées.
« Le tournant majeur intervient début 2024. Le programme connaît une inflexion fondamentale à la suite de la réorientation des priorités par le pouvoir adjudicateur », a-t-il ajouté. De nouvelles priorités sont définies. « Dès ce moment, l’objet et l’ambition initiale d’i-Police ont cessé d’exister », selon M. Roba. « C’est dans ce contexte particulier, et à notre étonnement, qu’est intervenue le 24 décembre 2025 la décision unilatérale d’arrêter le programme. »
Cependant, le CEO continue de croire au projet et défend la transparence de la facturation, qui s’est déroulée selon les règles contractuelles. « Un programme de transformation de cette ampleur constitue toujours un défi. Il nécessite notamment une stabilité de gouvernance. Oui, il y a eu des ajustements, des défis opérationnels et technologiques, mais comme dans tout programme de cette nature », a-t-il souligné.
Depuis 2021, les pouvoirs publics ont versé près de 76 millions d’euros à Sopra Steria pour numériser les processus de la police fédérale et locale, selon des informations publiées dans la presse, mais aucun résultat n’a été obtenu jusqu’à présent. Le ministre de l’Intérieur, Bernard Quintin, a mis fin au contrat à la fin de l’année dernière. Par la suite, le parquet de Bruxelles a ouvert une enquête le 27 janvier en raison de soupçons de détournement de fonds publics et de conflits d’intérêts.

