Marc Raisière part de Belfius après un record de bénéfices
Marc Raisière cédera son poste de CEO de Belfius à Olivier Onclin en avril, après 14 années à la tête de l’entreprise. Belfius affiche 1,16 milliard d’euros de bénéfices nets et prévoit de verser au moins 454 millions de dividendes à l’Etat fédéral en 2026.
Après 14 ans à la tête de Belfius, Marc Raisière s’apprête à transmettre les rênes. En avril, il cédera son poste de directeur général à Olivier Onclin. Cette décision résulte d’un choix personnel : « J’ai pris la décision de ne pas demander un renouvellement. J’estime, après 14 années de fonction de CEO, qu’il faut passer la main. On n’est plus capable de se réinventer. »
Le futur ex-CEO de Belfius a donc présenté pour la dernière fois les résultats du bancassureur, qui affichent des bénéfices records. Belfius enregistre 1,16 milliard d’euros de bénéfices nets. Un bilan positif qui donne à Marc Raisière confiance en l’avenir de Belfius : « La dynamique commerciale est excellente sur tous les piliers », qu’il s’agisse du corporate banking, du retail, de l’assurance ou du private banking, ajoute-t-il. « Sans perdre notre ADN puisque nous sommes toujours le banquier des CPAS et du secteur public. »
La banque, qui demeure actuellement 100% publique, envisage de verser, en 2026, au moins 454 millions de dividendes à l’État fédéral, son unique actionnaire (dont 250 millions d’euros ont déjà été distribués, anticipativement l’année passée, à titre de dividende intérimaire). « Je crois que l’État est très satisfait », commente fièrement le CEO.
### Un bilan « très satisfaisant »
Lorsqu’il évalue son bilan, Marc Raisière privilégie le rationnel aux émotions. « Tous les KPIs ou tous les indicateurs sont favorables. Nous avons un taux d’engagement de nos collaborateurs qui est au-delà des 90%, quand on parle du top management. Lorsque je constate les indicateurs financiers, nous sommes aujourd’hui avec des résultats qui sont excellents. »
Le CEO se dit « très satisfait » de ce bilan, estimant que Belfius a « totalement joué son rôle financièrement d’acteur majeur de l’économie belge, tout en protégeant, en étant présent vis-à-vis des familles qui ont effectivement un peu plus de difficultés aujourd’hui ».
### De la direction au Conseil d’administration
Bien que Marc Raisière s’apprête à quitter la direction opérationnelle de Belfius, il prévoit de rester proche de la banque. À la demande de l’État belge et du Conseil d’administration, il en deviendra le président. « C’est une énorme marque de confiance », souligne-t-il, avant de promettre son soutien à la nouvelle équipe de management qui succédera à la sienne à partir du mois d’avril, « de manière qu’elle porte Belfius à un niveau que moi-même comme CEO je n’aurais pas pu porter ».
### La vente d’une partie du capital en préparation
Mi-décembre, l’État belge annonçait son intention de privatiser partiellement Belfius, en vendant au maximum 20% de ses parts. « Les équipes sont en train de le préparer. Ce sera pour mon successeur, Olivier Onclin. Et je crois que nous faisons tout pour être, entre guillemets, prêts cette année », explique Marc Raisière, tout en restant prudent sur le calendrier.
Quant au profil des potentiels futurs investisseurs, le CEO évoque le cadre de gouvernance auquel il est soumis : « Je ne peux pas répondre à cette question. »
### Peu de regrets
Des regrets ? Marc Raisière n’en exprime pas, ou peu. « C’est un mot fort », répond-il. Bien que certains projets n’aient pas abouti, le CEO de Belfius préfère se tourner vers l’avenir. « Je ne suis pas quelqu’un qui se retourne vers le passé. Je vois surtout tous les dossiers que nous allons pouvoir analyser, et sans doute quelques M&A (fusion-acquisition) que nous allons faire. » Marc Raisière pense notamment à l’acquisition d’un tiers de Candriam, une société de gestion d’actifs, ou à une prise de participation majeure dans une insurtech, une entreprise qui développe une solution technologique dans le domaine de l’assurance, comme Alan (pionnier français de l’assurance santé 100% numérique).

